VIBRATIONS PAR INFLUENCE
fait intéressant mérite qu'on s'y arrête un instant. On peut le démontrer de plusieurs manières.
Je prends ici le sonomètre sur lequel sont tendues deux cordes égales. Vous entendez qu'elles sont accordées de manière à donner chacune le même son. Pour constater si elles vibrent dans un cas donné, je mets sur les deux cordes, comme on l'a vu plus haut, des cavaliers en papier. J'ébranle une des deux cordes avec l'archet de façon qu'elle donne le son fondamental. Vous voyez que tous les cavaliers placés sur cette corde sont lancés en l'air. Mais vous remarquez en même temps que l'autre corde, à laquelle je n'ai point touché, présente le même phénomène quoique plus faiblement; ses cavaliers, malgré quelque résistance, sont aussi projetés au loin,
Je remets les cavaliers sur les deux cordes , puis, touchant l'une d'elles en son milieu et l'ébranlant avec l'archet, j'y détermine un nœud au milieu et je produis un son plus élevé. La seconde corde se met d'elle-même à vibrer de la même manière; tous ses cavaliers sont jetés bas moins un, celui qui correspond au nœud du milieu. Gela prouve que la seconde corde vibre de la même manière que la première.
Je puis continuer ainsi, faisant vibrer la première corde d'une manière quelconque; les cavaliers de la seconde corde montrent qu'elle se met tout à coup à vibrer de la même manière. Les vibrations de la première corde se transmettent au chevalet du support et de là à la seconde corde. Elles se transmettent de la première à la seconde par l'intermédiaire de l'air, et le mouvement vibratoire est le même dans les deux cordes.
Mais le mouvement vibratoire de la seconde corde n'a plus lieu si celle-ci ne peut donner, par elle-même, le même son que la première. Pour vous le démontrer, je tends un peu plus l'une des deux cordes de façon qu'il y ait entre elles une différence de ton sensible , *un demi-ton , par exemple. Je puis maintenant ébranler la première corde
tant que je veux et comme je veux, on ne voit plus aucun mouvement se produire dans la seconde. Ce n était donc pas l'action purement mécanique du choc, ou des secousses imprimées à l'instrument, qui produisait d'abord le beau phénomène que nous avons observé.
Yoici une autre expérience propre à démontrer la même loi Je prends un diapason monté, comme à l'ordinaire, sur une caisse en bois. Frotté par l'archet, il donne un son très-net et très-pur. Je prends maintenant un tuyau d orgue qui par lui-même, donne le même son. A peine le fais-je résonner dans le voisinage du diapason sans toucher d'ailleurs celui-ci, que vous entendez le diapason donner
immédiatement le même son.
Mais le phénomène ne se vérifie plus quand, au lieu du premier tuyau, je me sers d'un autre tuvau donnant un son différent de celui du diapason.
Deux diapasons égaux présentent ce phénomène d'une manière très-nette. En les plaçant à une grande distance, l'un résonne aussitôt que l'autre vibre.
Gela n'arrive plus si les diapasons ne donnent pas le même son. Pour s'en convaincre, il suffit de prendre deux diapasons différents, ou même d'altérer légèrement le son d'un des deux diapasons précédents, en collant une petite pièce de monnaie contre une° de ses branches, au moyen de cire. Il cesse de
résonner. , j
Yoici une troisième manière de démontrer cette même
loi (fig. 17) :
Fig. 17.