SIRÈNE DE GAGNIARD LATOUR
conséquent, la vitesse de ce mouvement. Supposons, par exemple, que je donne au cylindre une vitesse d'un' tour par seconde ; le diapason tracera ses vibrations et, pour en connaître le nombre, il n'y aura qu'à compter celles qui sont comprises dans un tour complet du cylindre. Le raisonnement sera le même quand le cylindre fera un nombre quelconque de tours, en une seconde.
Si par exemple le cylindre fait cinq tours, il suffira de compter les vibrations comprises en cinq tours ; et la détermination sera exacte pourvu que le nombre de tours faits par le cylindre en une seconde soit compté avec soin. C'est souvent possible, et je décrirai plus tard un compteur très-simple avec lequel on mesure le nombre de tours d'un appareil animé d'un mouvement de rotation. Le problème serait donc ainsi résolu, au moins en ce qui concerne les vibrations des diapasons.
2. Mais je vais , à ce propos, décrire un autre instrument qui remplit très-bien cet office et offre, sur le cylindre, l'avantage de ne pas exiger une légère altération du son : ce qui a lieu pour le diapason vibrant, auquel on doit attacher une pointe destinée à tracer les vibrations. Cet instrument est la sirène de Cagniard-Latour.
Les fig. 21, 22 et 23 montrent la disposition de l'ins-
Fig. 21.
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Fig. 22.
trument : il se compose d'un cylindre fixe et creux BBB, lequel peut être ajusté par son col sur une soufflerie destinée à fournir un courant d'air constant. Sur la base supérieure du cylindre se trouve un certain nombre de trous équidistants, et disposés sur la périphérie d'un cercle concentrique au bord de cette base. Ces trous sont percés obliquement , de manière à former avec la verticale un angle d'environ 45 degrés. Au-dessus des trous se trouve un disque métallique G qui les recouvre exactement, et qui peut tourner rapidement autour d'un axe vertical A. Ce disque porte un nombre égal de trous correspondant exactement, comme position et comme grandeur, à ceux du disque de dessous. Ces trous sont aussi percés obliquement, mais ont une direction différente; ils forment bien avec la verticale un angle de 45 degrés, mais ils font, avec la direction des autres trous, un angle de 90°. La fig. 22 montre une coupe des deux disques, fixe et mobile, et la disposition des trous. Le trou p est oblique dans un sens, le troup' est oblique en sens contraire. Dans la fig. 23 se trouve figurée la section de tout l'appareil; on voit la caisse cylindrique vide B de la sirène, le disque mobile GF et l'axe ka autour duquel tourne le disque. Quand, au moyen de la soufflerie, on fait passer un courant d'air dans le cylindre, ce courant traverse les trous; mais en même temps, en raison de leur obliquité, il se heurte contre leurs parois.
Le disque mobile reçoit ainsi une série de chocs, tous dans le même sens, et commence à tourner. Il tourne rapidement quand le courant est fort, lentement quand il est faible; et, en chargeant convenablement la soufflerie, on peut régler à volonté la force du courant et, par suite, la vitesse de rotation du disque mobile.
Mais le courant d'air qui entre dans le cylindre d'une manière continue, ne peut passer à travers les trous que d'une manière intermittente, aussitôt que le disque mobile commence à tourner. La raison en est bien simple. Chaque