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VIBRATIONS SONORES

Les vibrations prennent alors un caractère régulier. Elles peuvent être comparées à la manœuvre à rangs serrés d'une compagnie de soldats, tandis que les vibrations calorifiques ressemblent aux mouvements tout à fait irréguliers d'une foule en désordre.

3. Je veux avant tout bien établir par un certain nombre d'exemples, que le son est toujours accompagné de vibrations des corps sonores. Prenons une cloche métallique renversée, solidement attachée à un pied A (fig. 1).

Fig. i.

Un petit pendule très-léger, a, est en contact avec la cloche pour indiquer les mouvements qu'elle peut exécuter à un moment donné. Si j'ébranle cette cloche en la frottant avec un archet, j'obtiens un son bien marqué ; immédiatement le pendule est repoussé, revient sur la cloche,, est repoussé de nouveau et ainsi de suite. Le mouvement du pendule dure un certain temps ; il diminue à mesure que le son s'affaiblit, et montre par là que toutes les par-

ties de la cloche se trouvent en état de vibration quand elle résonne.

4. Je prends maintenant un autre exemple. Une espèce de fourchette en acier D, tenue à la main par son pied, peut être facilement mise en vibration (fîg. 2). Une fourchette de ce genre s'appelle un diapason.

Vis. a.

On adapte à une de ses extrémités une pointe P. Si je frappe le diapason contre la table, ou si je le frotte avec un archet à l'extrémité d'une de ses branches, j'obtiens un son très-faible qui s'entend à peine. Ce son se renforce d'une manière notable si je mets le pied du diapason en contact avec la tablette, ou mieux encore, avec une caisse vide. Le son peut alors être entendu aisément par tout le monde, et d'ailleurs si on se sert de cet artifice, c'est uniquement pour montrer que le son existe réellement.

Gela posa, il est facile de se convaincre que les deux branches du diapason , lorsqu'il résonne , exécutent un mouvement vibratoire continu. Le mouvement est trèsrapide et l'œil ne peut pas le suivre ; mais le contour des branches et de la pointe qu'on y a adaptée n'a plus de forme nette et précise, ce qui indique justement le mouvement du diapason.

On constate très-bien un semblable mouvement vibratoire, en approchant le doigt du diapason lui-même. Si je touche les deux branches le mouvement cesse, et, avec

lui, le son. Le son et le mouvement dépendent donc tellement l'un de l'autre, que tous deux sont forts ou faibles en même temps, et que l'un cesse avec l'autre.

Mais les vibrations du diapason peuvent être rendues visibles à tous par la méthode graphique suivante.

Je prends (fig. 2) une lame de verre L, noircie à la famée d'une flamme de pétrole, et glissant facilement dans les rainures G ; j'applique dessus la pointe du diapason vibrant, et je retire rapidement la lame de façon que la pointe en parcoure successivement une région.

Pour rendre l'expérience encore plus sûre et plus élégante, je prends un cylindre de laiton sur lequel est tendue une feuille de papier noircie à la fumée d'une flamme de

Fig. 3.

pétrole. Le cylindre peut tourner au moyen d'une manivelle ou à l'aide d'un autre mécanisme (fig . 3). J'approche du

cylindre le diapason, de façon que sa pointe D effleure légèrement le papier, et je le fixe solidement dans cette position au moyen d'un écrou. Si le diapason est immobile et que le cylindre tourne, la pointe trace sur le papier une ligne droite.

Si, au contraire, le cylindre restant immobile, le diapason vibre, la pointe trace sur le papier une courte ligne perpendiculaire à la première. Si, enfin, le diapason vibre et qu'en même temps le cylindre tourne, on obtient sur le papier une ligne sinueuse, très-régulière et très-caractéristique, qui représente fort bien le mouvement vibratoire du diapason. Quand celui-ci donne un son fort, les vibrations tracées sur le papier sont très-amples ; plus tard, quand le son s'affaiblit déjà, les vibrations diminuent d'amplitude. Elles deviennent enfin presque invisibles, et se confondent sensiblement avec une ligne droite quand le son est sur le point de s'éteindre.

5. Les vibrations d'une corde peuvent aussi se démontrer fort aisément. Voici une corde métallique tendue sur

Fig. 4.

une caisse de bois (fig. 4). Deux supports A et B, sur lesquels repose la corde, lui donnent la longueur exacte d'un mètre, et une échelle divisée, placée au-dessous, permet de déterminer à volonté la longueur d'une portion quelconque. La corde est fixée et maintenue à l'état de tension au

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