SIRÈNE DOUBLE D'HELMHOLTZ 1C
plus rapidement, à mesure que la vitesse de rotation des disques augmente , à peu près comme les jets de vapeur d'une locomotive au moment où le train se met en marche. On entend d'abord une espèce de bruissement, de tremblement qui devient de plus en plus rapide. Enfin, on entend un son très-grave, augmentant en hauteur et en force à mesure que les disques tournent plus vite.
Admettons que nous ayons communiqué aux disques une vitesse telle qu'ils fassent 33 tours par seconde; supposons ouverte la série de huit trous. Pendant chaque tour du disque, les huit trous de cette série passent devant chacun des trous du réservoir : aussi l'air s'échappe huit fois pendant chaque tour, et l'air extérieur reçoit huit fois 33, ou 264 impulsions par seconde. Nous obtiendrons ainsi Yut% de notre échelle musicale. Si, au contraire, nous ouvrons la série de 16 trous, il y aura deux fois plus de vibrations, c'est-à-dire seize fois 33, ou 528 vibrations par seconde, et nous entendons exactement l'octave de ut% ou utu. Si nous ouvrons en même temps la série de 8 trous et celles de 16 trous, nous entendrons les deux notes à la fois, et nous pouvons ainsi nous assurer que nous entendons l'accord pur d'une octave. Si nous choisissons les séries de 8 et 12 trous, qui donnent des nombres de vibrations dans le rapport 2 à 3, nous entendrons une quinte pure; 12 et 16 ou 9 et 12 donnent des quartes; 12 et 15 donnent la tierce majeure, etc.
L'instrument porte une disposition qui permet d'élever ou d'abaisser les sons du porte-vent supérieur. Ce réservoir est mobile autour de son axe ; une manivelle D permet de le faire tourner par l'intermédiaire d'une roue dentée. Si Ton tourne lentement la manivelle pendant qu'on fait parler une série de trous du disque supérieur, le ton devient un peu plus élevé ou un peu plus bas, selon que les trous du porte-vent vont à la rencontre de ceux du disque ou marchent dans la même direction. S'ils vont à leur ren-
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contre, ils se trouvent un peu plus tôt au-dessus des orifices du disque; la durée d'une vibration diminue d'autant, et le son devient un peu plus élevé. Le contraire a lieu lorsque le réservoir marche dans le même sens que le disque.
Si l'on fait parler 8 trous du disque inférieur, 10 du disque supérieur, on entend une octave pure aussi longtemps que le réservoir est en repos ; dès qu'on le déplace, le son supérieur change un peu de hauteur et l'octave devient impure.
Si l'on fait parler 12 trous du disque supérieur, 18 du disque inférieur, on a une quinte pure, aussi longtemps que le porte-vent supérieur reste en place; la consonnance devient plus mauvaise dès qu'on le déplace un peu.
Nous pouvons formuler ainsi ce que la sirène nous a appris : 1° Une série de vibrations se succédant assez rapidement dans l'air donnent un son.
2° Plus elles se succèdent rapidement, plus le son s'élève.
3° Lorsque le rapport des nombres de vibrations est de 1 à 2, on entend une octave pure ; s'il est de 2 à 3 ou de 3 à 4 on entend une quinte ou une quarte, etc. Le moindre changement dans ces rapports nuit à la pureté de la consonnance.
Tout ce qui précède vous montre que notre oreille est affectée par les ébranlements de l'air lorsque leur nombre, par seconde, ne sort pas de certaines limites comprises entre 20 et 32 000 à peu près. Cette impression produit sur nous la sensation d'un son.
Si cette sensation est une sensation de son, cela ne dépend nullement de la nature particulière des ébranlements de l'air, mais bien de la perception spéciale de notre oreille et de nos nerfs auditifs. J'ai déjà fait remarquer que nous sentons l'ébranlement de l'air par la peau dans le cas d'un son très-fort. De cette manière, les sourds-muets peuvent percevoir les mouvements de l'air que nous désignons sous