INFLUENCE DU RAISONNEMENT
leur confirmation dans des expériences ayant pour but de soumettre à l’épreuve le pouvoir rayonnant de l’atmosphère. Lorsque l’épreuve a été faite, on a vu que le raisonnement et l’expérience étaient parfaitement d’accord, que l’air était dénué de tout pouvoir sensible de rayonnement èt d’absorption.
Une remarque critique encore à l’adresse de ceux qui font des expériences sur la transmission du son à travers les gaz. Du temps de Laplace, et même longtemps encore après, on pensait que tous les gaz, sans exception, n’avaient qu’un pouvoir nul ou négligeable de rayonnement. Mais il est bien établi aujourd’hui qu’il n’en est pas ainsi, et il serait téméraire d’admettre à priori , dans le cas de l’ammoniaque, par exemple, de la vapeur d’eau, de l’acide sulfureux et du gaz oléfiant, que leur énorme pouvoir rayonnant puisse se prêter à l’application de la formule de Laplace. C’est nn devoir pour nous de rechercher si les rapports des deux chaleurs spécifiques de ces gaz, déduits de la vitesse du son, sont les rapports véritables de la nature, et si, en supposant qu’on pût arriver à cette valeur exacte par d’autres méthodes, sa racine carrée, multipliée par la vitesse calculée, donnerait la vitesse observée. Dès l’instant où la chaleur se produit tout d’abord dans la condensation, et le froid dans la dilatation d’une onde sonore au sein de ces gaz, le pouvoir rayonnant entre en jeu pour faire disparaître la différence des températures. La portion condensée de l’onde ne gagne pas en force élastique tout ce qu’elle devrait gagner ; la portion dilatée ne perd pas tout ce qu’elle devrait perdre, et l’on conçoit que, si le pouvoir rayonnant vient à dépasser une certaine limite, la vitesse du son pourra différer notablement de la valeur donnée par la formule de Laplace, pour se rapprocher de celle qui dérive de la formule plus simple de Newton.
LEÇON I
Pour compléter ce résumé des notions acquises sur la transmission du son, empruntons quelques tableaux aux excellentes recherches de Dulong, qui suivit dans ses expériences une méthode expérimentale dont nous aurons à parler plus tard.