TUYAUX D'ORGUES
Devant nous sont placés deux vases résonnants, et nous avons dans les mains deux diapasons. Nous les excitons l’un et l’autre, et nous les tenons tous deux au-dessus du premier vase. Un seul des deux se fait entendre. Nous les por-
1 II ne se convertit en son qu’une très- petite fraction du mouvement du diapason. Le reste est employé à vaincre le frottement intérieur des molécules. En d’autres termes, presque tout le mouvement se convertit en chaleur.
VIBRATIONS DES COLONNES d’AIR. 189
tons sur le second vase, c’est l’autre maintenant qui se fait entendre. Chaque vase choisit, pour en renforcer le son, celui des deux diapasons qui vibre synchroniquement avec lui. Au lieu de deux diapasons, nous pourrions en tenir deux douzaines au-dessus de l’un ou l’autre de ces vases : dans le pêle-mêle des pulsations ainsi engendrées, le vase saura toujours choisir et renforcera celles qui correspondent à ses périodes de vibration.
Prenons maintenant ce vase dans la main, élevons-le au niveau de nos lèvres, et soufflons transversalement à son ouverture, ou, ce qui vaut mieux, parce que le vase est trop grand pour l’expérience, soufflons transversalement à l’ouverture du tube de verre tu (fig. 88), de même longueur que le vase, et de 18 millimètres de diamètre. Nous déterminons ainsi un état de frémissement de l’air ; nous engendrons une série de pulsations partant de l’orifice du tube : quel en sera le résultat? Le tube choisit dans ce frémissement complexe celle des pulsations qui lui est synchrone, et l’élève à la dignité de son musical. Le son que vous percevez est précisément celui qu’on obtient en plaçant au-dessus du tube le diapason qui lui convient. Dans le cas actuel, la colonne d’air au sein du tube a créé virtuellement son propre diapason ; car, parla réaction de ses impulsions sur la couche d’air sortie de nos lèvres, le tube a déterminé cette couche d’air à vibrer synchroniquement avec lui, et à faire ainsi l’office d’un véritable diapason.
Passons à nos autres diapasons et choisissons pour chacun d’eux son tube résonnant. Dans chaque cas, en soufflant à travers l’extrémité ouverte, nous produisons un son de même ton que celui qu’on obtient en tenant le diapason correspondant au-dessus de cette même extrémité.
Si l’on compare entre eux différents tubes, on trouve que la vitesse de vibration est inversement proportionnelle à la
LEÇON y.
longueur du tube. Voici trois tubes dont les longueurs sont 15, 30 et 60 centimètres. Nous soufflons doucement en tra-
Fig. 88.
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tt,
vers de l’orifice du plus long, et nous lui faisons produire sa note fondamentale; faisons la même chose pour le tube de 30 centimètres, et nous trouverons que sa note est l’octave de celle qu’a donnée le tube de 60 centimètres. Répétons l’opération pour le tube de 15 centimètres, sa note est pareillement l’octave de celle qu’a donnée la longueur de 30 centimètres. On comprend sans peine qu’il doit en être ainsi : car, la vitesse de vibration dépendant de la distance que doit parcourir une pulsation pour accomplir une vibration complète, si dans un cas la distance est double de ce qu’elle est dans un autre cas, la vitesse de vibration devra être moitié moindre. En général, la vitesse de vibration est inversement proportionnelle à la longueur du tube parcourue par les pulsations.