ELISABETH, OLIVIA
La porte du fond s'ouvre.— Éclairs, coups de tonnerre. — Deux femmes masquées se précipitent dans la taverne.
Quel effroi ! quel effroi !
ELISABETH
Calme-toi! calme-toi!
OLIVIA
Quel effroi !
Je les voi...
Ils nous suivent, je croi.
ELISABETH
Ils ont perdu nos traces..»
Apaise ta frayeur!
OLIVIA
Leurs propos, leurs menace* Me font mourir de peur...
Et cet orage,
Et ce tapage,
Et ces éclairs
Fendant les airs!
ENSEMBLE
Madame, ah ! quelle imprudence !
La nuit s'exposer ainsi!
ELISABETH
JNous avons trouvé, je pense, an ces lieux un sûr abri!...
Elles se démasquent.
OLIVIA
Mais où sommes-nous?
ELISABETH
Je l'ignore..»
OLIVIA
Ah! Madame, l'affreuse nuit!..
Écoutez!... il me semble encore
Qu'on nous cherche, qu'on nous poursuit..*
ENSEMBLE
OLIVIA
Madame, quelle imprudence!
La nuit, s'exposer ainsi I
ELISABETH, riant, avec assurance.
Nous avons trouvé, je pense, En ces lieux un sûr abri !
OLIVIA
Quoi! vous riez?... c'est du délire!
Quoi ! vous riez !...
ELISABETH
De ton effroi!...
La peur est un cruel martyre,