‹ Le Songe d'une nuit d'été, opéra-comique en trois actesChapitre 75 sur 83 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

SHAKSPEARE, seul, après un moment de stupéfaction.

Le songe d'une nuit d'été... Un songe!... Mais l'impression d'un songe peut-elle avoir tant de puissance, tant de suite, tant de lucidité?... Ai-je rêvé que j'étais à la taverne de la Sirène ?... qu'on m'y a donné une fête ? que j'y ai rencontré une femme masquée? que... (silence.) Que s'est-il passé ensuite? comment suis-je sorti de la taverne? comment me suis-je trouvé dans le parc de Richmond?... Il y a là une lacune étrange !... Mais enfin, je n'ai pas rêvé que dans ce parc enchanté un génie m'est apparu! que ce génie était une femme! que cette femme est une reine... (n cherche.) Et puis... puis... Ah! Latimer est survenu ! il m'a pris pour son rival ! nous avons croisé le fer!... je l'ai mortellement frappé!... Falstaff est arrivé avec ses gardes ; j'ai fui, j'ai franchi le mur du parc, j'ai*., (cherchant.) Que s'est-il passé après?... J'ai senti comme un frisson glacé... et puis... puis... plus rien!... Comment me suis-je transporté chez moi?... Je ne me souviens pas... il y a encore là... (n se trouble, n s'agite.) Eh ! qu'importe ce que j'ai oublié!... Ce dont je me souviens a-t-il moins de réalité?... La reine a beau dire... elle a regret de son imprudence, voilà tout... Mais miss Olivia, dont j'ai frappé l'amant, comment se fait-il?... (au comble du désarroi.) Mon Dieu ! mon Dieu!... il ne viendra donc personne pour me dire, comme ma conscience, comme

ma conviction : William Shakspeare, tu n'as pas rêvé toutes ces choses...

Falstaff paraît au fond.

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