ACTE IV, SCÈNE IV
BEDFORT , à part.
Si c'était un piège ?.. .{Il ferme les portes du fond.) Maintenant, ôle ce masque.... je n'aime pas les gens qui se cachent.
JOHN , jetant son capuchon en arrière.
Vous avez raison, mylord.... et nous pouvons maintenant nous parler visage découvert.
(Il se démasque.) BEDFORT , reculant épouvante.
L'aveugle !
JOHN
Pour la deuxième fois, mylord... vous ne m'avez pas tué, me voici...
BEDFORT, à part.
Qui l'a ç^ouàmi'xcVî [Cherchant à changer sa voix.) yQue dis-tu donc de mort?... à qui crois-tu parler?
^ JOHN
A lord Bedfort.
BEDFORT
Je ne suis pas lord Bedford.
JOHN
Tu es William Smith...
^,-^n ta trompé.
JOHN
Je t'ai reconnu.
BEDFORT
^/lu es aveugle.
JOHN
Non, mylord, j'ai recouvré la vue.
BEDFORT
Tu mens...
JOHN
Et que faut-il donc faire pour te convaincre? faut-il te décrire l'émotion qui se peintsur ton visage ? 9
130 LE SONNELIl DE SAIM-PAl L.
lîEDFORT.
CSwfci33BE fausse prévision.
JOHN
Faut-il te dire la couleur de tes habits î
BEDFORT
ïu l'as demandé d'avance.
JOHxN.
Mais, que faire enfin?... faut-il donc monter à la murailie... en décrocher ainsi ton blason... et le briser sous mes pieds...
(il brise le blason qu'il a décroche'.)
BEDFORT, furieux.
Malheureux!...
JOHN , avec calme.
Crois-tu , mylord , queje suis encore aveugle ?... Et maintenant, écoute-moi :Tu as immolé Sara... tu as abandonné ta fille... et le ciel se venge en te perdant par elle.
BEDFORT
^ Ma fille ?
JOHN
Oui, Marie, ta fille \ tu n'avais pas même songé que l'épouse deviendrait mère... Mais, je l'ai fait vivre, ta fille, et tu me l'as enlevée, toi, parce que le pain du pauvre l'avait fait fille du peuple... et sansu elle, je ne t'eusse jamais rencontré, myl(Tftrr.. sans «lie, je n'eusse jamais revu la lumière ni retrouvé mon fils, ni retrouvé ladyClary... ma femme bienaimée...
BEDFORT
Lady Clary !...
JOHN
Tu as bien vite oublié que la femme de John , l'amie de Sara s'appelait Clary, et que la révolulion avait cruellement confondu les races...