ACTE II , SCÈNE I
neur de la Tour et la fille du lord chambellan doivent, dans rintérêt des deux familles, devenir époux comme cousins germains de grandes maisons.
WESTON
Oui , mylord , il faut resserrer la noblesse trop longtemps dispersée.
BEDFORT
Ce doit être le vœu de tout bon Anglais.
WESTON
C'est ce que je ne cesse de dire à ma fille depuis qu'elle a osé m'avouer cette passion presque honteuse qu'elle a conçue pour ce jeune médecin allemand... 11 Ta sauvée, c'est vrai ^ mais je l'ai largement récompensé ; ilavait de la science à vendre, je lui en ai acheté , je l'ai payée fort cher , je suis parfaitement quitte avec lui , et me suis hâté d'user de mon droit en lui défendant l'entrée de mon hôtel ; mais il est toujours en Angleterre, et je ne serais pas fâché qu' il y apprît bientôt le mariage de ma fille.
BEDFORT
Si vous le voulez, nous aurons fait ce mariage avant d'aller siéger à la première séance du procès des assassins de Charles l^^.
WESTON
Le parlement vient de faire une demande au roi pour que cet important procès commence dans quelques jours.
BEDFOBT.
Sitôt ! mais toutes vos recherches ne sont pas encore terminées? "" •"•"
WESTON
Non , mylord ; nous avons de nombreux prisonniers , de nombreux indices , et nous espérons que les interrogatoires nous dévoileront le reste.
BEDFORT , avec inquiétude.
Et ces deux nobles qui ont traîtreusement vendu le roi ?
WESTON
Ah ! ceux-là, rien encore ne nous les désigne , rien; mais le frère du roi ne perd pas patience.
Le frère du roi ?
WESTON
Ne remarquez-vous pas , mylord , que le duc de Glocester fait depuis plusieurs jours des visites inattendues chez tous les nobles du royaume?
BEDFORT
En effet.
WESTON
Ces visites ont un but , mylord , et le jeune duc de Glocester est habile et surtout vindicatif. Adieu, Comte de Bedfort ; tâchez de décider votre fils.
BEDFORT
Comtez sur moi, mylord. [Aux pages et valets qui sont dans le fond,) Que Ton fasse les honneurs au justicier du roi , au lord chambellan Weston. {// s'incline ; lord Weston sort accompagné des pages. Seul , continuant.) Oui , mylord ; je déciderai mon fils plus tôt peut-être que vous ne le pensez.