LES MÊMES , RICHARD , LADY BEDFORT
RICHARD , annonçant.
Lady comtesse de Bedfort.
Elle vient me trouver, c'est bon signe. [Â Lud-^ low.) Laisse-nous.
(Ludlovi^ sort.) LADY BEDFORT , entrant précipitamment.
De grâce, écoutez-moi, mylord 1
BEDFORT
M'apportez-vous , madame , la réponse de lorcj Henri?
LADY BEDFORT
Je n'ai pu me décider encore à le voir, et je venais vous supplier, mylord...
BEDFORT, impérieusement.
Je ne veux rien entendre, madame, que la réponse de votre fils, et je ne puis l'attendre longtemps. [Au domestique qui n'est pas sorti,) Dites à lord Henri que la comtesse , sa mère , l'attend ici sur l'heure.
LADY BEDFORT
Mais cependant, mylord, lord Henri est mon fils, à moi...
BEDFORT , T interrompant.
Et n'est pas le mien, allez-vous dire. Vous avez raison , madame ; mais mon sacrifice a été plus grand que le vôtre ; lord Henri ne m'est rien, et je l'ai adopté , je lui ai donné mon nom , mon nom , qu'il veut à sa majorité déshonorer par une mésailliance, et je ne veux pas lui en laisser le pouvoir.
LADY BEDFORT
Mais , il n'aime pas la fille du lord chambellan.
Eh ! madame, ne nous sommes-nous pas mariés sans amour? ' "
LADY BEDFORT
Oui,^ mylord, sans amour ; mais alors tous deux, moi du moins, vous le savez, mylord, je ne pouvais plus aimer ; notre mariage ne fut pas et ne pouvait pas être une union, parce que ce n'était point une épouse qu'il vous fallait, à vous, qui épousiez une femme mourante, mais le partage d'une fortune. En vous donnant votre part de la mienne , j'ai accompli ma promesse ; ce n'était pas un époux qu'il me fallait , à moi , souffrante , condamnée... mais un nom pour mon enfant , et quand vous lui donna-