SCENE XI, LES MÊMES, LORD BEDFORT
BEDFORT , entrant par le fond.
Je vous trouve à propos , monsieur.
HENRI
Que me voulez-vous , mylord ?
BEDFORT
Vousapprendre , monsieur, que le duc , frèreda roi , vient de me quitter pour courir en toute hâte chez le sonneur de Saint-Paul.
HENRI
Chez le sonneur de Saint-Paul?
BEDFORT
Oui , monsieur ; car son altesse était à peine entrée chez moi , qu'un messager est venu lui annon-
cer qu'après avoir éclairci de vagues soupçons et suivi des traces joi«lrefÊê^ées, lord Weston vient de découvrir chez le sonneur de Saint-Paul la preuve de sa complicité dans le meurtre du roi Charles Ie^..
HENRI
Que dit-il ?
BEDFORT , se découvratit.
Qtïe-I^eu garde au ciel parmi ses^^aints martyrs.^ {Â par^)yEn ceci , Tévénement a dépassé mes espérances. (Haut,) Et je veux vous dire aussi , mylord , que je me repens d'avoir voulu vous séparer de Marie. ' '"•*.
HENRI
De Marie ?
BEDFORT
Oui , mylord , de Marie , qui est maintenant enfermée dans ma maison de Windsor , et que vous pouvez en faire sortir ; je ne m'oppose pas à votre violent amour ; car lorsque la haute police est sur les pas du coupable Je ne pense pas que vous vouliez encore épouser la fille d'un homme que va réclamer l'échafaud... Vous ne répondez pas?
HENRI
Je n'ai rien à répondre, mylord, sinon que je voudrais bien savoir quelle basse et infâme calomnie a compromis cet homme?
BEDFORT , avec méchanceté.
Il serait plus prudent , croyez-moi , de le protéger contre la déportation ou le gibet que contre la calomnie.
HENRI , avec hauteur. Je le protégerai contre tout, mylord.
BEDFORT
Et je vous le défends , moi.