ACTE m, SCÈNE III
monsieur , que votre inexpérience vous a permis d'entreprendre ce qu'un vrai talent vous aurait défendu d'oser.
ALBINUS
Les nombreuses réussites de mon père m'avait enhardi, mylord,
BROGHILL.
Les réussites de votre père ne sont que mensonges.
ALBLNUS.
Mylord !
BROGHILL.
Tout homme savant doit refuser d'y croire ; Ton ne peut rien , monsieur , sur l'organe de la vue.
ALBINCS.
Suivez-moi donc à Fancfort , et là...
BROGHiLL, l'inlerrompant.
Sans aller si loin, suivez-moi , monsieur, dans les prisons de la Tour , et je vous y montrerai le cadavre d^un homme que votre prétendue science vient de faire mourir.
ALBINUS
Mais, mylord...
BEDFORT , pricipitamment.
Assez, messieurs, degràce. Dieu dispose avant nous de la vie des hommes; il y a des malheurs contre lesquels on ne peut rien. {Â lord BroghilL) Mylord, aurai-je l'honneur de vous avoir cette nuit à mon bal ?
BROGHILL.
Oui , mylord, j'ai reçu votre invitation.
BEDFORT
Le roi d'Angleterre y sera.
BROGHILL.
f Comment avez-vous pu l'y décider, lui, main- ' tenant si triste , si occupé ?
BEDFORT
Je lui ai dit : Sire , demain commence le procès des traîtres , permettez qu'avant de sediarger du triste soin de venger Charle?l«»*, la noolesse puisse encore une fois se réunir autour de vous et se réjouir d'avoir Charles JI pour souverain.
BROGHILL.
Et c'est une bonne pensée, mylord. A cette nuit. [Se retournant vers Albinus.) Vous, jeune homme, croyez-moi, éludiez encore , et songez que la science ne vient qu'avec l'âge. (^1 lord Bed fort,) Au revoir, mylord.
(11 sort accompagné des autres médecins.)