‹ Le sonneur de Saint-Paul [microforme]Chapitre 23 sur 60 · JOHN, LORD BEDFORD · texte numérisé non relu

JOHN, LORD BEDFORD

BEDFORD (entrant penstf, du fond).—Ludlow avait raison, il faut aussi faire disparaître le père d'Alfred. C’est un acte de prudence qu’il ne faut pas négliger...

JoHN (s'approchant).—Milord comte de Bedford.

BEDrOoRD (à part).—Lui! chez moi! (Æaut.) Qui êtes-vous ?

JoHN.—Je suis le sonneur de Saint-Paul.

BEDFORD.—Quel motif vous amène ?... hâtezvous... parlez !

JoHn.—Vous le savez bien, milord.

Beprorp.—Moi, je ne suis pas un devin... Au fait, que voulez-vous ?

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JoHn.—Mon enfant, qu’il y a quelques heures vous m'avez enlevé, milord.

BEDFORD.—Votre enfant... et c’est moi que vous accusez ?... La douleur vous égare et vous livre à des soupçons dont je pourrais m'’offenser.

JOHN (éZevant la voix). —Milord !... (Se contrai: grant.) Ne cherchez pas à le nier... on a vu vos armes sur la voiture qui emportait Alfred.

BEDFORD (à part).—Enfer !.. (Avec calme.) Qui vous l’a dit?

JOHN (fermement). —On me l’a dit.

BEDFORD.—On vous a trompé.

JoHN.—Non, milord.

BEDFORD (wpatienté) —Enfin, monsieur, je ne vois dans tout ceci qu’un père malheureux jusqu’à la démence, qui véut, pour retrouver son enfant, la protection d’un noble d'Angleterre, et je vous protégerai..…. Mais d’autres soins plus graves m'appellent à cette heure. :. comptez sur moi. (Z/ monte la scène pour sortir.)

JOHN (se jetant après lué).—Arrêtez, milord.

BEDFORD.—Malheureux ! vous osez !.….

JOHN (se cramponnant à son manteau). —Où vous irez\ vous m’entraînerez, milord, car je ne puis suivre, moi... je me cramponne et je m’attache... Milord, qu’avez-vous fait de mon enfant?

BEDFORD.—-Arrière, insensé !... laisse-moi !

JOHN (se érafnant après lui).—Vous ni'entendrez, milord !

BEDFORD.—Mais depuis quand donc les gens du peuple osent-ils venir jusque dans nos palais se pendre à nos habits ?

JOHN (/e fenant toujours). — Depuis que les nobles viennent chez les gens du peuple leur voler leur trésor. Mais vous me le rendrez... car mes cris

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appelleront du secours, car je crierai de toute ma force.

BEDFoRD.—Silence !...

JOHN (eriant).—Mon enfant !... rendez-moi mon enfant.

BEDFORD (/4i mettant la main sur la bouche). — Tais-toi !

JOHN (se dégageant).—Mon enfant ! mon enfant !

BEDFoRD.—Silence, malheureux ! et l’on te rendra ton fils.

JoHN.—Vous me le rendrez !... Oh ! je me tais, milord-; je me repens. (77 /âche le manteau.) Vous me le rendrez!... Oh ! vous aviez raison, milord, je suis en démence... Il faut me pardonner, moi ; j'ai tant souffert, que facilement ma tête s’égare... et puis j'aime tant mon Alfred !... Alfred ! où estil donc, milord ?

BEDFORD.—Dans quelques heures, il te sera rendu.

JOHN (avec hauteur). —Mais je ne puis attendre, moi.

BEDFORD.—La distance qui déjà te sépare de lui rend un plus prompt retour impossible, et je vais à l'instant donner des ordres pour qu’ soit au plus tôt ramené chez toi.

Jox.—Ces ordres.., ces ordres, milord ! hâtezvous de les donner.

BEDFORD (sonnant. À un domestique). —Ludlow est dans mon cabinet... Dites-lui que je l’attends ici... (4 part.) Aveugle clairvoyant, tu te condamnes toi-même !... Tu seras avant peu dans l’impossibilité de me nuire...

se EEE vou SCÈNE VII.

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