‹ Le sonneur de Saint-Paul [microforme]Chapitre 41 sur 60 · ALBINUS, HENRI · texte numérisé non relu

ALBINUS, HENRI

ALBINUS.—Henri !

HENRI. —Ah ! je craignais de ne pas vous trou ver.

ALBINUS.—J'allais partir.

Henri.—Un instant, de grâce... Les furieux se sont révoltés à Windsor ; l'on s’y livre bataille, et je me suis chargé d’en apporter la nouvelle au roi d'Angleterre... mais si j’ai quitté le combat pour arriver à Londres, c’est que je viens d'apprendre la mort de John... c’est que je voulais embrasser mon sauveur, celui que j'appelais mon frère... pauvre John... mort prisonnier, et l’on vient de me défendre l'entrée de la prison, en vain j'ai lutté, supplié, et je vous cherchais... car vous pouvez, VOUS, approcher d’un mort que vous venez d’ensevelir.. Oh ! pour dernier service, Albinus, faites-moi donc entrer près de lui.

ABinus (à part).—Que faire? il faut qu’il ignore encore...

HENRI (surpris) —Vous hésitez.

ALBINUS (précipitamment).—-Deux heures vien-

nent de sonner, milord : vous savez bien qu’Alfred m'attend à Kinsington. (Æausse sortie.)

HENRI (/'arrétanf).—Que voulez-vous dire ?...

ALBINUS.—Vous oubliez, milord, votre lettre ?

HENRI.—Quelle lettre ?

ALBINUS (/a lui donnant).—Cettre lettre, enfin, que vous m'avez écrite.

HENRI (ouvrant précipitamment).—Ma signature ? mais c’est une infâme imposture... cette lettre est un faux.

ALBINUS.— Un faux ?...

HENRI.—Qui vous l’a remise ?

ALBINUS.—Lord Bedford.

HENRI. —Quand donc ?

ALBINUS.—Oh ! laissez-moi... me souvenir !..

Oui, l’on me trompait... une fausse lettre devait m'éloigner... Quel besoin a-t-on de mon absence ? Grand Dieu !... je n’ai pas vu Charles II, moi... Bedford m’a toujours entouré d’ombre et de mystère... Oh ! quelle horrible trame se déroule devant moi! |

HENRI.--Que dites-vous ?

ALBINUS.—Je dis, milord, que Dieu qui vous envoie, nous sauve... je dis encore... oh ! mais vous ne pourriez pas le croire... Ecoutez... Vous me demandiez à voir le cadavre de John, venez donc... Mais d’abord jurez-moi que lorsque je lèverai le drap mortuaire, aucun signe ne trahira votre émotion.

HENRI (swrpris).—Je vous le jure.

ALBINUS.—Et jurez qu’alors vous me conduirez à votre tour auprès du roi d'Angleterre.

HENRi.— Je le jure.

ALBINUS.—(C’est bien !... Et maintenant, Wil-

RS mers cum

orne sénnprite ner tteresheshitenrtieh beta tnrer tt ap re ÉD RE Re

mn ee

liam Smith. il faut que Dieu vienne en aide àtes ennemis, car tes complices sont nombreux. Suivez-moi, lord Henri, suivez-moi ! (7/5 s'échappent

tous deux par la première porte à droite. La seconde s'ouvre, le roi paraîl.)

Page 1