‹ Le sonneur de Saint-Paul [microforme]Chapitre 43 sur 60 · CHARLES II, JOHN · texte numérisé non relu

CHARLES II, JOHN

Joux (dans les caveaux).—Albinus ! Albinus !

CHARLES IL (swrpris).—Qui appelle ?

Joux (efaré, entre en siène).—Albinus !.. (Apercevant Le roi) Ah! c'est vous, enfin ! (77 se jette dans ses bras.)

CHARLES II (à part).—Quel est cet homme ?

Jon (avec délire).—Trois heures viennent de sonner à l'horloge de la Tour, et vous n’arriviez pas. Je ne pouvais plus attendre ; mes mains ont involortairement arraché mon bandeau, et soudain j'ai distingué les objets... par une meurtrière, j'ai vu le ciel tout parsemé d'étoiles... Alors, la joie, l’extase m’avaient anéanti, quand la lueur de cette porte ouverte m'a rendu la force, et je me suis élancé jusqu'ici pour vous crier ; J'ai la vue... et la vue, pour moi, c’est l'innocence, c’est la liberté.

CuARLes Ji (sowrdement ).—Trahison ! trahison!

Jon.—Trahison, äites-vous ? cette voix !….

CHARLES II.—Silence..…. Je ne suis pas Albinus.

Jon (swrpris).—Non !..…

CHARLES II.—Qui ta conduit dans ces caveaux ?... réponds...

Jonn.—Je ne sais. j'étais aveugle.

CHARLES IL.—Ceux qui ty ont conduit, viennent de proclamer ta mort.

Jox.—Ma mort !... l'on devait donc m'y tuer ?

CHARLES II.—Oui ! l’on devait t'y tuer.

Jonx.—Mais qui donc ?... qui donc ?...

CrarLes IL.—Ceux qui redoutaient ta guérison !

Joan (é/atant)—Ah!... William Smith est

vivant !...

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CHARLES II (grécipitamment).—Parle plus bas...

Jon (à demi-voix.)— Et vous venez me sauver, vous ?

CHARLES II.—Peut-être.

Jonn.—Et qui êtes-vous donc ?

CuarLes II.—Je suis le roi d'Angleterre.

Jonx.—Charles IT !

CHaARLes II.—Oui, Charles II, que l’on trahissait ; car l’on m'’a juré que tu étais mort, car l'on t'a rayé du nombre des vivants ; et pour mieux me tromper, on a couché un mort dans ton linceul.

Jonx.—Mais Albinus ?..….

CHARLES II.—Est complice ou victime.

Jonn.—Complice ! il m'eût tué, sire |

CHARLES II.—-En effet... que penser ?.. que résoudre ?... Lord Bedford a donc voulu sauver William Smith ?... Ille connaît donc, lui?... O Charles Ier, mon père... la noblesse qui ta trahi s’unit pour me trahir à mon tour. mais je déjouerai ses projets et je me vengerai d'elle !... (A John.) Ecoute : si tu rencontrais William Smith, le reconnaîtrais-tu ?

Joan.—Les traits de celui par qui j'ai tant souffert sont gravés dans ma pensée. Sire, où peuton le rencontrer ?

CHARLES II (4e conduisant près de la fenêtre, qu'il ouvre) —Tiens! vois-tu cette fête ? (On voit les fenêtres des appartements brillamment éclairés.)

Joux (avec enthousiasme). —Ouï, sire, je la vois... (Avec extase.) Dieu ! que c’est beau !

CHARLES II.— Toute la noblesse est réunie dans ces salons, et sans doute William Smith est un des invités.

Jon.—-Conduisez-moi !

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CuarLes II.—Attends... Pour tromper tout le monde, ilte faut un masque ; prends celui-ci... (1 lui donne un masque.) une pelisse; prends la mienne. (Z//ui donne sa pelisse et l'aide à se masquer et s'affubler.) Maintenant tu vas te mêler à tous les groupes. (Za porte du fond s'ouvre brusquement ; lord Henrt entre effaré.)

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