‹ Le sonneur de Saint-Paul [microforme]Chapitre 55 sur 60 · POUR LE DRAPEAU · texte numérisé non relu

POUR LE DRAPEAU

Tu vis dans tous les cœurs, amour de la patrie !

Après quaronte-h au fond de l'Algérie, À ; En plein nt les gorges de l’Atlas, Le Des insurge. de juin, — des coupables, hélas ! Mais des Français, — courbés sous un labeur servile, F> piaient les malheurs de la guerre civile, à. . C rdés par des soldats, par des Français comme eux. Et là, tous, l’orateur de clubs jadis fameux, L'envieux déclassé, l’utopiste sincère, L'honnête travailleur gâté par la misère, Tous, braves gens trompés ou sinistres voyous, Ils remuaient la terre et cassaient des cailloux. Ce lieu faro: était bien choisi pour un bagne. D'un côté, le désert ; de l’autre, la montagne ; Ch et là, seulement quelques dattiers poudreux ; Et, brûlante prison qui, sur ces malheureux, Gardiens et prisonniers, la nuit, devait se clore, Un blockhaus sur lequel le drapeau tricolore Se déroulait au vent, dans l’azur infini.

Ce fort, assez peu sûr, mais pourtant bien garni De riz et de biscuits, d'armes et de cartouches, Avec ses deux canons montrant leurs sombres bouches, Dressait sur l'horizon son profil menaçant.

Les soldats étaient trente et les déportés cent.

de Un jour, à l'heure où l’aube, en déchirant ses voiles, | Fait taire les lions et pâlir les étoiles, | Et comme les soldats allaient, fusils chargés, Conduire à leur travail les anciens insurgés, Tout à coup, s’élançant des ravins les plus proches, Blancs fantômes surgis au loin parmi les roches, | En long burnous, montés sur leurs fins chevaux gris, Et jetant leurs fusils en l’air avec des cris | Où se mèle le nom de leur Dieu qu'ils adjurent, | Les Bédouins du désert de tous côtés parurent. Deux tribus, qui semblaient depuis Jongtemps dormir, } Venaient de relever l’étendard de l’Emir, { Et voulaient de nouveau faire parler la poudre. Ainsi qu’un gros nuage accourt, chars de foudre, | Ils venaient, soulevant un flot de sable ardent.

Ha NUIT ANS ETS ]

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