‹ Le soprano; comédie-vaudeville en un acteChapitre 108 sur 211 · SCÈNE Yill · texte numérisé non relu

SCÈNE Yill

DOBOBIE, JACK PLOUM, sir LITTLE JOHN {suivi de deux hommes portant des bâtons blancs. \

LITTLE JOHN. I

Par saint Christophe, messieurs, je n'irai pas plus loin!... la jus- ( tice n'est pas de fer,, et voici mon compère Ploum, qui se fâche- | rait si je passais devant le Grand Marlborough sans lui faire politesse, j

JACK PLOUM (i) , passant à sa gauche^ et lui avançant une chaise \ près de la table. | Certainement, votre honneur! Voulez-vous une chaise? '

LITTLE JOHN

Si je veux déjeuner! Toujours, mon garçon, toujours! ;

JACK PLOUM, à part. j

C'est une justice à lui rendre! H devient plus sourd tous les

jours. (Haut.) Et vous vous portez bien ?

( i) Dobobie , Little John , Jack Ploum , h s deux hommes au fond.

LITTLE JOHN

Ce que je veux pour déjeuner?.. . . le mets national, mon cher, mets national !

Air : Je n'ai point vu ces bosquets.

Quoi qu'on le trouve un peu commun , C'est l'ami îe plus véritable....

Surtout lorsque l'on est à jeun !....

Et rien qu'en le voyant sur table , i J'e'prouve une juste fierté' ;

Je dis : « O sol de l'Angleterre !

» Pour le bien de l'humanité ,

^> Tu fis naître la liberté....

» Et le beeftack aux pomm's de terre ! »

PRETTY, posant le déjeuner sur la table. Voilà, mon parrain.

LITTLE JOHN, lui donnant une petite tape sur la joue.

jHé! hé ! c'est toi, ma jolie Pretty ma rose des hruyères !.. * .

montrant Dobohie.) Ce coquin est-il heureux !

DOBOBIE , à part.

Joliment! quand tout-à-Pheure ô honte ! ô astuce!....

I LITTLE JOHN, s' asseyant.

Eh bien!.... qu'est-ce que tu as, avec tes gros yeux? Est-ce que

viens déjà d'être témoin de quelque escroquerie?

DOBOBïE, regardant Pretty.

Justement,

LITTLE JOHN , se versant à boire.

Fais-moi ton rapport.

PRETTY, à part.

Ah ! mon Dieu ! il va déclarer

[maginez-vous, votre honneur

LITTE JOHN , buvant.

Parle, mon garçon. {Bmant.) A propos, voici le règlement du y nd Edouard III, sur les vagabonds et les ivrognes... {lise verse lUroisième verre.) Messieurs, Je vous recommande les ivrognes.

luvant.) J'ai aussi dans ma poche le paquet de patentes en blanc... Qbobie, vous y tiendrez la main... Personne ne peut vendre sans )îente... personne, sans exception!... où je le fais pendre!., {Bu- •ùt.) Ah! compère Ploum , que la magistrature a de mal !

JACK PLOUM

)ui les affaires publiques.....

LITTLE JOHN , mangeant.

l'en ai par-dessus la tête!... Hier, la chasse au renard... Demain,

kîîner de l'aldermann Aujourd'hui , îa foire {A Dobobie. )

Cjntinue ton rapportj je t'écoute.

j DOBOBIE, à part.

n'ai pas commence. ( Haut.) Comme je vous disais... i PRETTY , l'interrompant.

^lon papa... il n'y a plus de vin des Canaries...

JACK PLOUM

JVas en qu'rir. (// rentre chez lui.')

DOBOBIE, criant.

Comme je vous disais...

LITTLE JOHN , mangeant.

Ne crie donc pas... nous ne sommes pas sourds.

DOBOBIE.

Il n'est pas sourd , à présent. ( Flus haut,) Gomme je vous disais...

PRETTY , le repoussant en donnant une assiette à son parrain (i). Mais éloignez-vous donc , Monsieur ; vous me gênez pour le \ service.

DOBOBIE , s^éloignant.

Allons , elle ne me laissera pas parler !

LITTLE JOHN

Attends un peu.

PRETTY, parlant à F oreille de Little John, Mon parrain j'aurais bien voulu vous demander quelque chose!

LITTLE JOHN

Que je te donne quelque chose, ma petite gazelle?... Au fait ti es ma filleule , je te dois un cadeau de noce , et dès que tu seras ma dame Dobobie.

PRETTY, à mi-voix.

C'est que justement je désire vous parler pour un autre.

LITTLE JOHN

J'entends , j'entends tu es pressée de l'épouser.

PRETTY

Mais , du tout...

LITTLE JOHN. j

Ça ne m'étonne pas , c'est un garçon charmant.

PRETTY

Au contraire!

LITTLE JOHN

Qui fait les rapports dans la perfection .

Et je voulais...

LITTLE JOHN , d'un air approbateur.

C'est bien , je le nommerai mon greffier à la première occasic PRETTY, à part, l Pas moyen de s'entendre. j &

LITTLE JOHN, à Ploum ^ qui reparaît avec une bouteille, jl N'est ce pas, père Ploum ? 1 JACK PLOUM , posant la bouteille sur la table. p C'est indubitable!... de quoi parliez-vous ?

(i) Dohohie^PreUy , TJttIc John ( à table), puis Jack Ploum.

DOBOBIE , qui les a suivis de Vail.

De moi ; et elle en disait du mal , je parie.

PREÏTY.

Je disais ce que je pense, Monsieur.

DOBOBIE, furieux.

Oui... Eh bien! je déclarerai tout.

PRETTY

Ne l'écoutez pas... c'est un menteur.

DOBOBIE, à Preity.

Un menteur... quand je l'ai vu là... à cette place.

JACK PLOUM

Qui ?

DOBOBIE.

Un jeune égrillard.

LITTLE JOHN , se lemnt vivement.

Hein!... un renard.?... qu'est-ce que c'est?... où est-il?

DOBOBIE, se dépkant.

Eh! non... vous ne voulez pas comprendre...

LITTLE JOHN , un peu gris.

Ah!... il est diablement embrouillé, aujourd'hui, ton rapport» // boit.) Tu me le recommenceras demain , quand tu seras à jeun... >arce que , dans ce moment , je crois que tu as la tête et la langue in peu embarrassées. {On entend trois sons de trompe.)

Air delà valse de Robin des bois.

Qu'entends^je ?

JACK PLOUM , regardant de côté.

Quelle foule immense !

Quel tapage l'on fait de'jà !

Oui , c'est la foire qui commence.

LITTLE JOHN

Partons , il faut que je sois là 3

A son poste toujours fidèle ,

Que chacun fasse ce qu''il doit ;

Dès que le devoir nous appelle ,

( S'' appuyant sur ses hommes) ,

Quoi qu'il coûte , il faut marcher droit.

TOUS

Regardez quelle foule immense !

Quel tapage l'on fait déjà!

Oui , c'est la foire qui commence :

Il faut que le juge soit là.

jittJe John sort avec ses gens , par la gauche. Prettj est rentrée dans

la taverne.

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