‹ Le soprano; comédie-vaudeville en un acteChapitre 112 sur 211 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

Les MÊMES, DOBOBÏE, revenant un peu en désordre. DOBOBIE.

Là! c'est arrangé Ils se sont battus J'ai reçu deux coups

de pied, mais ils seront compris dans les frais... {Apercevant Andréa) Oh! voilà mon homme!

ANDRÉ, à V acheteur qui s'éloigne.

Quand vous aurez besoin d'autre chose... {Criant.) A deux sous... à deux sous!

DOBOBIE , à part.

11 faut s'y prendre adroitement pour qu'il ne puisse pas nier..^ Je vais lui acheter quelque chose.

ANDRÉ , apercevant Uobobie qui s'approche.

Voyez, monsieur.... Qu'est-ce que vous désirez? Qu'est-ce

qu'il vous faut?

(l) DOBOBIE.

Dam!.. Je ne sais pas... Je voudrais une espèce de... C'est-il bien cher!

AÏS DRE, le regardant.

Ça dépend de la qualité.... {A part,) Oh! la bonne boule!

DOBOBTE, à part.

11 donne dedans ! {Haut.) Yoyez-vous , c'est pour ma future , une galanterie....

ANDRÉ

Yous allez vous marier?... Tous ne pouviez pas mieux tomber... Tout ce qu'il y a de plus frais.... {A part.) J' vas lui couler mes vieux rubans... {Haut.) J'ai des mouchoirs de Lyon et des rubans français.... {Baissant la voioc.) La douane n'y a vu que du feu. DOBOBIE, à part.

De la contrebande! Très-bien.... ça se complique... {Haut) Ah! des rubans français!...

ANDRÉ, bas.

Chut donc... Il y a toujours des agens de police qui rôdent.

DOBOBIE, à pari.

Air de V^oltaire chez Ninon.

Comme il se livr' le malheureux !

ANDRÉ

C'ne'st pas que j'ies craigne.. Au contraire, DOBOBIE.

Ils sont adroits....

ANDRÉ

Je l'suis plus qu'eux.

DOBOBIE.

S'ils s'fâch'nt

ANDRÉ

Je m' moqu' d'ieur colère.

S'ils te prennent?

ANDRÉ

A l'inspecteur, J'graiss' la palt' , ça m'sauve d' l'amende^

DOBOBIE.

Mais sa probité , son honneur !..

ANDRÉ

Bah ! c'est encor d' la contrebande.

DOBOBIE, a part.

Ah! drôle!

ANDRÉ

Vous dites donc...

(i) André ^ Dobohie , au fond les marchands qui vont et viennent.

DOBOBIE.

Je prends d'abord ces ciseaux , et ce petit miroir...

ATsDRÉ.

Vous avez bon goût. Quatre schellings.

DOBOBIE.

Comment?... comment?,... voilà une heure que vous criez; à deux sous!

ANDRÉ

Oui, les épingles, les cure-dents ; mais ce côté-ci, c'est plus cher.

DOBOBIE, désigRûrit les ohjeis qu'il veut prendre. Quatre paires de ganls. ^

ANDRE prenant à mesure^ Oh! vous prendrez bien la demi-douzaine. Il y a deux mainSé

DOBOBIE.

Quant aux rubans, je voudrais quelque chose de joli. AiSDRE, d'un air fin.

Du rose.

DOBOBIE.

Non.

ANDRÉ, à part.

Diable! Je n'en ai pas d'autre.

DOBOBIE.

Je veux une couleur distinguée Du jonquille, par exemple.

ANDRE , se grattant V oreille.

^ ous en ferez ce que vous voudrez... mais à votre place je prendrais du rose.

DOBOBIE.

Pourquoi ?

ANDRÉ

C'est plus jeune.... Et puis si votre future est blonde...

DOBOBIE.

Non... Elle est brune.

ANDRÉ

C'est ce que je voulais dire... C'est le fard des brunes, le rose... Et puis^ c'est la grande mode.

Soit.... Mais un rose superbe...

ANDRÉ

Regardez l'échantillon.

DOBOBIE.

Ah! mon Dieu! comme il est pâle!

ANDRÉ

Rose tendre îi vous en faudra six aunes.

DOBOBIE.

Tous ne savez pas pourquoi faire.

ANDRÉ

C'est égal La ceinture, le corsage, ie bonnet, le tablier, la

doublure {Lui donnant la demi-aune.) Youlez-vous me tendre Ja

demi-aune?

i DOBOBIE , tenant la demi-aune et à part.

Je le tiens.

' ANDRÉ , à part.

Est-il bête !

// pose sa boîte à gauche sur un banc , pour y chercher les rubans.

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