SCÈNE VII
FLAMÈGHE, SÉRAPHIN, sortant il tite cour de L'hôtel sarni.
SÉRAPHIN , une lettre d la main et à nade. )
Eh bien! vous me ferez plaisir d mon sabre en attendant le reste.
FLAMÈciîE , à part» j Son sabre ! . . . qu'est-ce que c'est î petite individu ?
SÉRAPHIN , à part.
Comme ça se trouve... Cette madj j four... quelle brave femme! elle m'|i
TABLEAU POLULAIRE.
■)ti plus que je n'en voulais savoir... Il pa- ■a que ce M. Paloulet est un séducteur
iejprofession Il lui en contait à elle-
njoe Heureusement qu'il attend une
épnse de madame Dufour... la v'ia , avec alef de c'te petite porte , et si M. le comnpire peut mordre à l'hameçon, je veraiïîuzette tout à mon aise.
FLAMÈciiE , à part.
ra'semble qu'il a parlé de M. le coma saire.
' SÉRAPHIN , d part.
[ais comment nous y prendre?
FLAMÈCHE , d part.
se promène , il observe... Il a dit : gar-
k mon sabre C'est un gendarme dé-
;i>é , je vois ce que c'est... la justice est iti saisilte de l'afFaire... on guèle le voleur (a moQtre... et le commissaire qui ne va i se trouver à sou poste... ça va faire du 1 Dre.
4o l'aPOLLON I)U nÉVKRliÈRE , sÉnAPiiiN , à part.
Il s'agit de lui faire remettre ce bill( l je viens d'écrire... Si j'en chargeais la 1: aux mèches. {Haut. )Dites-donc, Tami, ), votre respect , n'est-ce pas ici que demi la maison de M. Patoulet?
FLAMÈCHE, à part. \
Nous y v'Ia... {Haut. ) Oui, mGnsiei| gendarme.
SÉRAPHIN
Monsieur l'gendarme ! . . . i
FLAMÈCHE. '
Ah ! pardon , j'voulais dire mons
le garde municipal l'habitude i}
voudriez parler à M. l'commissaire?
SÉRAPHIN
Non , c'est un papier à lui remettre.
FLAMÈCHE
J'entends... le signalement de l'indiv
SÉRAPHIN
C'est tout bonnement une lettre j
Patoulel... vous chargez-vous de la lui lettre en secret ?
FLAMÈCHE
in secret?... est-ce que ça serait...
! SÉRAPHIN
)'une femme?... oui.
FLAMÈCHE
^'une femme? tiens !... est-ce que la
darmerie fait ce service-là à présent?....
tmez, il l'aura {.A part.) Ali mon
u ! c'est d'M'"^ Filoselle ( Haut. )
[s dites à la personne qu'elle se tienne a cachée... on la cherche.
SÉRAPHIN , effrayé.
'.omment ! on la cherche.
MÈcnE, à part. Il lui passe la lanterne de - ; vaut la figure en prenant la lettre. \ n'a pas seulement de bai'he au menton. . . ! quel soupçon!... Diles-donc... dilcsic... {A demi-voix. ) J'ai eu toul-à-riieuro anncur de voir M. Filosclle.
4^ l'apollon du réverbère , SÉRAPHIN , troublé.
M. Filoselle?... est-ce qu'il est encoi par ici?... je ue veux pas qu'il me voie.
FLAMÈCHE , d part. I Je le crois bien... {Haut. ) Vous le coi naissez?...
SÉRAPHIN
M. Filoselle le bonnetier?... pardi! ce mon... I
FLAMÈCHE
Silence! imprudent! vous vo i,
perdez!...
SÉRAPHIN
Eh bien?... , FLAMECHE , à part.
Elle s'est trahite ! C'est M"" fil!
selle déguisée en homme Dieu ! la p,
fi on !
sÉBAPHiN , « part.
Ah çà!il est iou, VaWmicieiw... {H a ut, et \ donnant de l'argent. ) 11 faut ("aire un sac
[TABLEAU POPULAIRE. 4^ ce... tenez, v'ia dix sous... mais au moins !,e puis compter que cette lettre lui sera reboise ?. . .
FLAMÈCHE
Oui , madame...
SÉRAPHIN
Madame! gendarme! est-ce qu'il se
oque de moi ?
FLAMÈCHE , d' uu air intelligent.
Ne craignez rien ; je suis au courant de 'affaire... vous sentez ben qu'il n'ma fallu 'un coup-d'œil... {A part. ) Elle n'est pas imal du tout, cette petite femme-là... {Haut,) |Au reste, vous pouvez compter que la dis-
îcrétion la prudence et l'oscurité la plus
profonde... c'est mon fort.
Air du Calife.
Vof ëpoux peut monter sa garde , Toujours motus sur ce qui r'garde Assez d' gens cfui peign't tout en noir, Bavard'nt sur tout , croy'nt tout savoir ;
44 l' APOLLON DU REVERBERE ,
Jaser n'est pas mon ordinaire, Je m' renferm'' dans mon re'verbère ; Cest mon métier, chacun le sien ; Moi, j^'claire, et je ne vois rien.
SÉRAPHIN, d part. I Si je sais ce qu'il veut dire... mais n'im- ! porte, le bourgeois aura ma lettre... Allons nous mettre eu sentinelle , et dès qu'il sera pincé... à l'escalade. (J^ sort. ) i
FLAMÈCHE, Seul.
Elle porte très-bien l'habit d'homme!...
et une jolie tournure... il paraît qu'elle s'est \ logée dans les environs pour être plus près ! du commissaire... Oh! sexe enchanteur et { volage, val... et c'pauvre Filoselle qui la
cherche aux Messageries royales tandis
que Ah bien l ce M. Patoulet en fait
trop , aussi il en fait trop... Justement... le v'ia lui-même.
I SCÈNE ÎX.
FLAMÈGHE, PATOULET.
Là ! je viens de faire mes visites et
puisque M""* Dufour ne me répond pas , faisons le fier aussi , et tâchons de décider Eette petite Suzette à renoncer à ses idées 'idicules de mariage.
'LAMÈCHE , au moment où il va descendre le ré' verbére.
Si, st dites-donc , monsieur le com-
nissaire.
PATOULET
Ah! c'est toi... qu'y a-t-ildonc?
FLAMÈGHE.
! Une lettrepour vous, qu'on m'a dit de vous remettre en secret... Vous vous doutez bien de qu'est-ce?
PATOULET
Du tout!... ( L'ouvrant. ) C'est sûrement
46 l' APOLLON DU REVERBERE,
de M"»* Dufour ! oh! bonheur inattendu ! . . .
FLAMÈCHE, d'un ttiv mystérieux.
Elle me l'a remise elle-même.
PATOULET
Vraiment?
FLAMÈCHE
En mains propres. i PATOULET , lisant bas. !
Lisons vite... « Impossible de vous résis-i «ter...» Aimable femme!... « Je me flatte
» que vous n'abuserez pas » Ali ! « Ce i
«soir... dans la petite cour... près du rêver- j
))bère, à la nuit tombante la porte qui
» donne sur le carrefour s'ouvrira pour vous.» Dieux ! . . . Je m'y rends à l'instant , ce n'esl
point à moi de me faire attendre Mais
j'y songe... la clarté pourrait me trahir... {Haut. ) Flamèche!...
FLAMÈCHE
Monsieur le commissaire ?