‹ Le soprano; comédie-vaudeville en un acteChapitre 131 sur 211 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

FLAMÈGHE, SÉRAPHIN, sortant il tite cour de L'hôtel sarni.

SÉRAPHIN , une lettre d la main et à nade. )

Eh bien! vous me ferez plaisir d mon sabre en attendant le reste.

FLAMÈciîE , à part» j Son sabre ! . . . qu'est-ce que c'est î petite individu ?

SÉRAPHIN , à part.

Comme ça se trouve... Cette madj j four... quelle brave femme! elle m'|i

TABLEAU POLULAIRE.

■)ti plus que je n'en voulais savoir... Il pa- ■a que ce M. Paloulet est un séducteur

iejprofession Il lui en contait à elle-

njoe Heureusement qu'il attend une

épnse de madame Dufour... la v'ia , avec alef de c'te petite porte , et si M. le comnpire peut mordre à l'hameçon, je veraiïîuzette tout à mon aise.

FLAMÈciiE , à part.

ra'semble qu'il a parlé de M. le coma saire.

' SÉRAPHIN , d part.

[ais comment nous y prendre?

FLAMÈCHE , d part.

se promène , il observe... Il a dit : gar-

k mon sabre C'est un gendarme dé-

;i>é , je vois ce que c'est... la justice est iti saisilte de l'afFaire... on guèle le voleur (a moQtre... et le commissaire qui ne va i se trouver à sou poste... ça va faire du 1 Dre.

4o l'aPOLLON I)U nÉVKRliÈRE , sÉnAPiiiN , à part.

Il s'agit de lui faire remettre ce bill( l je viens d'écrire... Si j'en chargeais la 1: aux mèches. {Haut. )Dites-donc, Tami, ), votre respect , n'est-ce pas ici que demi la maison de M. Patoulet?

FLAMÈCHE, à part. \

Nous y v'Ia... {Haut. ) Oui, mGnsiei| gendarme.

SÉRAPHIN

Monsieur l'gendarme ! . . . i

FLAMÈCHE. '

Ah ! pardon , j'voulais dire mons

le garde municipal l'habitude i}

voudriez parler à M. l'commissaire?

SÉRAPHIN

Non , c'est un papier à lui remettre.

FLAMÈCHE

J'entends... le signalement de l'indiv

SÉRAPHIN

C'est tout bonnement une lettre j

Patoulel... vous chargez-vous de la lui lettre en secret ?

FLAMÈCHE

in secret?... est-ce que ça serait...

! SÉRAPHIN

)'une femme?... oui.

FLAMÈCHE

^'une femme? tiens !... est-ce que la

darmerie fait ce service-là à présent?....

tmez, il l'aura {.A part.) Ali mon

u ! c'est d'M'"^ Filoselle ( Haut. )

[s dites à la personne qu'elle se tienne a cachée... on la cherche.

SÉRAPHIN , effrayé.

'.omment ! on la cherche.

MÈcnE, à part. Il lui passe la lanterne de - ; vaut la figure en prenant la lettre. \ n'a pas seulement de bai'he au menton. . . ! quel soupçon!... Diles-donc... dilcsic... {A demi-voix. ) J'ai eu toul-à-riieuro anncur de voir M. Filosclle.

4^ l'apollon du réverbère , SÉRAPHIN , troublé.

M. Filoselle?... est-ce qu'il est encoi par ici?... je ue veux pas qu'il me voie.

FLAMÈCHE , d part. I Je le crois bien... {Haut. ) Vous le coi naissez?...

SÉRAPHIN

M. Filoselle le bonnetier?... pardi! ce mon... I

FLAMÈCHE

Silence! imprudent! vous vo i,

perdez!...

SÉRAPHIN

Eh bien?... , FLAMECHE , à part.

Elle s'est trahite ! C'est M"" fil!

selle déguisée en homme Dieu ! la p,

fi on !

sÉBAPHiN , « part.

Ah çà!il est iou, VaWmicieiw... {H a ut, et \ donnant de l'argent. ) 11 faut ("aire un sac

[TABLEAU POPULAIRE. 4^ ce... tenez, v'ia dix sous... mais au moins !,e puis compter que cette lettre lui sera reboise ?. . .

FLAMÈCHE

Oui , madame...

SÉRAPHIN

Madame! gendarme! est-ce qu'il se

oque de moi ?

FLAMÈCHE , d' uu air intelligent.

Ne craignez rien ; je suis au courant de 'affaire... vous sentez ben qu'il n'ma fallu 'un coup-d'œil... {A part. ) Elle n'est pas imal du tout, cette petite femme-là... {Haut,) |Au reste, vous pouvez compter que la dis-

îcrétion la prudence et l'oscurité la plus

profonde... c'est mon fort.

Air du Calife.

Vof ëpoux peut monter sa garde , Toujours motus sur ce qui r'garde Assez d' gens cfui peign't tout en noir, Bavard'nt sur tout , croy'nt tout savoir ;

44 l' APOLLON DU REVERBERE ,

Jaser n'est pas mon ordinaire, Je m' renferm'' dans mon re'verbère ; Cest mon métier, chacun le sien ; Moi, j^'claire, et je ne vois rien.

SÉRAPHIN, d part. I Si je sais ce qu'il veut dire... mais n'im- ! porte, le bourgeois aura ma lettre... Allons nous mettre eu sentinelle , et dès qu'il sera pincé... à l'escalade. (J^ sort. ) i

FLAMÈCHE, Seul.

Elle porte très-bien l'habit d'homme!...

et une jolie tournure... il paraît qu'elle s'est \ logée dans les environs pour être plus près ! du commissaire... Oh! sexe enchanteur et { volage, val... et c'pauvre Filoselle qui la

cherche aux Messageries royales tandis

que Ah bien l ce M. Patoulet en fait

trop , aussi il en fait trop... Justement... le v'ia lui-même.

I SCÈNE ÎX.

FLAMÈGHE, PATOULET.

Là ! je viens de faire mes visites et

puisque M""* Dufour ne me répond pas , faisons le fier aussi , et tâchons de décider Eette petite Suzette à renoncer à ses idées 'idicules de mariage.

'LAMÈCHE , au moment où il va descendre le ré' verbére.

Si, st dites-donc , monsieur le com-

nissaire.

PATOULET

Ah! c'est toi... qu'y a-t-ildonc?

FLAMÈGHE.

! Une lettrepour vous, qu'on m'a dit de vous remettre en secret... Vous vous doutez bien de qu'est-ce?

PATOULET

Du tout!... ( L'ouvrant. ) C'est sûrement

46 l' APOLLON DU REVERBERE,

de M"»* Dufour ! oh! bonheur inattendu ! . . .

FLAMÈCHE, d'un ttiv mystérieux.

Elle me l'a remise elle-même.

PATOULET

Vraiment?

FLAMÈCHE

En mains propres. i PATOULET , lisant bas. !

Lisons vite... « Impossible de vous résis-i «ter...» Aimable femme!... « Je me flatte

» que vous n'abuserez pas » Ali ! « Ce i

«soir... dans la petite cour... près du rêver- j

))bère, à la nuit tombante la porte qui

» donne sur le carrefour s'ouvrira pour vous.» Dieux ! . . . Je m'y rends à l'instant , ce n'esl

point à moi de me faire attendre Mais

j'y songe... la clarté pourrait me trahir... {Haut. ) Flamèche!...

FLAMÈCHE

Monsieur le commissaire ?

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