SCÈNE XYÏI
GUIMBAKDINI , LE PRINCE.
GUIMBARDINI , an fond.
Je n'ai plus rien à désirer... je crois que c'est assez clair.
LE PPiJNCE , voulant suivre Gianetta.
Mais pourquoi t'écbapper?
GUIMBARDINI , s'eiançan/ pour l'arrêter.
Ah I c'en est trop . . . arrêtez , mon prince.
LE PRINCE, voulant s'en débarrasser.
De quoi se mêle-t-il , celui-là? Veux-tu bien me laisser. GUIMBARDINI , /yor5 de lui.
Du tout. . . je m'attache à vos pas. . . dût-on m'emprisonner, me torturer. . . dût-on ne jamais représenter un opéra de moi. . . je ne souffrirai pas que vous suiviez ma femme.
LE PRIxNCE.
Ta femme !
GUIMBARDINI.
Ou le soprano , comme vous voudrez.
LE PRINCE
Que dis-tu?. . . quoi ! Gianino . . .
GUIMBARDINI.
Est une femme.
LE PRINGE,/ra;?;r,É'.
Une femme ! . . .
GUIMBARDINI.
C'est ça . . . faites donc l'étonné î . . . comme si vous ne le saviez pas.
LE PRINCE
Non. . je te jure... Gomment! malheureux , lu ne pouvais pas me le dire plus tôt.
Esl-ce que je le savais?. . . est-ce que j'en suis sûr encore?. . , est-ce que je sais moi-même qui je suis?. . . mu-
COMÉDÎE-VAUDEVILLE.
sicien et mari sans pouvoir être l'un ni Fautre.... ayant à-
!a-fois deux états sans en exercer aucun épris de la
gloire , amant de ma femme ... et en hymen comme en musique, forcé de garder l'anonyme.
LE PRINCE
Maladroit que lu es ! pourquoi d'abord ne pas te faire connaître à moi. . . à moi seul?
GUIMBARDINI.
A vous, qui menaciez de tuer le mari de Gianetta, s'il se présentait à vos yeux ?
LE PRINCE
Quelle folie ! . . . et à quoi bon ? . . . maintenant surtout que je suis lié, enchaîné à jamais. . . Apprends que Gianetta , par ruse , par adresse ... ou plutôt par vertu , vient de me marier à un autre.
GUlMEA-RBimy avec/oie.
Marié ! . . . vous , mon prince !... vous êtes des nôtres !.». que je sois le premier à vous féliciter. . . à féliciter un confrère . . . un illustre confrère ! . . .
LE PRINCE
Il ne manquait plus que cela ... Il va me faire des complimens.