‹ Le soprano; comédie-vaudeville en un acteChapitre 21 sur 211 · SCÈNE XIX ET DERNIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE XIX ET DERNIÈME

Les Mêmes, GIANEïTA {enfemme), précédée de GER- TRUDE*.

LE CARDINAL

Oue vois-je une femme,

LE PRINCE, vivement.

C'est elle. . . c'est mon inconnue.

GIANETTA, montrant Gnimbardini.

Ou plutôt la femme de monsieur.

GUIMBARDÏNI, regardant le cardinal.

C'est-à-dire . . . c'est selon ... je ne suis pas complice.

GIANEÏTA, souriant.

Ne craignez rien ... il n'y a plus de danger . . . car nous partons à l'inslant pour Naples,

LE PRINCE

Pour Naples ?

GIANEÏTA

Où j'ai un engagement encore plus beau que celui que Ton m'offrait ici.

GUIMBARDÏNI.

Encore plus beau! . . . Femme adorée, je te retrouve enfin ... ce n'est pas sans peine , et sans peur ! . . .

* Gertrude, le Car Jlnal , le Prince, Gianctta, Guimbardini.

COMÉDIE-VAUDEVILLE. 55 LE CAIIDINAL, un peu confus.

C'était une femme'.. . • et moi, qui dans ma joie... [Les yeux au ciel). Ce que c'est que de nous.

GIANETTA , s^approchant timidement dn cardinal.

Monseigneur, j'ai causé bien du trouble dans cette maison. . . mais si j'ai été assez heureuse pour seconder vos desseins. . . pour toute grâce , je vous demande votre protection Si mon secret était découvert, daignez étouffer

les poursuites.

LE CARDINAL

J'y suis trop intéressé moi-raême Vous entendez ,

Gerlrude, le plus grand silence.

GEKTllUDE.

Est-ce que je parie jamais , monseigneur ?

GIANETT A , émue , et regardant le prince a la dérobée.

Du reste , je n'oublierai jamais le tems que j'ai passé chez monseigneur , et l'amitié qu'on m'y a témoignée.

GUIMBÀRDINI.

Certainement nous n'oublierons jamais ses bontés , moi , particulièrement.

LE PPvmCE , regardant Gianetta.

Comment donc ... un homme de talent !.. : car il paraît décidément qu'il en a beaucoup , et qu on ne lui rend pas justice. . . Oubliez ce que je vous ai dit, mon cher ami, je n'y pense plus.

GUIMBARDINI.

A la bonne heure.

LE PRINCE

Ne voyez en moi qu'un patron , un protecteur ; on aura

soin de vous on vous poussera .. ... on vous fera faire

des opéras. . . on les fera représenter.

GUIMB ARDINÎ , ai ec joie.

Je serai donc joué ! au moins, il sait réparer ses

torts.

LE PRINCE

Quant à moi , cher oncle , vous m'avez promis que , dès que je vous aurais obéi, je pourrais entreprendre mes voyages.

LE GARDïNAL.

C'est juste, mon ami, te voilà marié , tu es parfaitement libre.

LE PRIÎ^CE.

C'est bien, je pars demain ; et je commence par Naples. GERTllUDE.

Par Naples î

LE PRINCE

Je veux assister aux débuts de Gianetta , aux triomphes de son mari.

GUIMBARDINL

Quelle bonté !

LE PRINCE

Les arts consolent de tout , et font tout oublier. . . Je ne suis plus qu'artiste.

GLIMBARDINI , montrant sn femme.

Nous aussi. . . nous serons deux.

LE PRINCE, lui tendant la main.

Nous serons trois.

GUIMBÂRDINI , la lui serrant.

Quel honneur !

Air ; Accourez tous , venez m^entendre. ( du Phillre).

GUIMBARDINI.

Vous viendrez tous; ma réussite

De vous seuls, messieurs , de'pendra ;

Accourez tous ; je vous invite

A ma noce , à mon ope'ra.

Vous m'entendrez ; mon orchestre en vaut mille ; Flûtes, bassons, clairons, tambours, serpens ,

J'ai de tout {Au public ) ; il est inutile {faisant le geste du sifflet.)

D'apporter d'autres înslrumens.

Accourez tous ; ma re'ussite

De vous seuls, messieurs, dépendra ;

Accourez tous ; je vous invite

A ma noce, à mon ope'ra.

TOUS

Abl quel honneur! il nous invite A sa noce , à son opéra.

FIN

L'ENFANCiE

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