‹ Le soprano; comédie-vaudeville en un acteChapitre 33 sur 211 · DAMMARTIN · texte numérisé non relu

DAMMARTIN

Ça fera un joli effet !..

LE DUC

C'est mon premier trophée!.. {Gaîment.) Du reste , comte, je n'ai pas de rancune , et maintenant je vous pardonne , à condition que vous marierez votre nièce à mon ami Georges.

LE COMTE

Un petit archer qui n'a que sa plume... de coq î Mais â ce prix , monseigneur, puis-je compter au moins qu'une fois sur le trône... vous ne vous souviendrez plus?..

LE DUC

De vous? . pas le moins du monde... [Noblement. ) Soyez tranquille .. le roi de Fiance ne ven^jcra pas les injures du duc d'Oriéans.

(On entend les enfans pleurer.) ANNETTE.

Eli I mais quel bruit !

LE DUC

Ce sont les membres de mon conseil! quelle drôle de figure ils font I

Les MEMES, MONTMORENCY, LA TRÉMOUILLE , CHABANNES, COS^;É , les autres enfains.

TOUS

(Ils arrivent en pleurant.) AiR : Ahl ah! comment il ose (du Budget)» Ah! ah', c'est un outrage, J'en suis eu fureur...

Un pareil affront, à mon âge, Ahl ah l c'est une horreurl LE DUC.

Quest-ce donc? quelqu'un vous a manqué?

MOWTMOREINCY, soupirant, ^

Au contraiiel..

LE DUC

Comment... vous avez re<;u !.. il paraît que c'était une mesure généralel {^i^cc sentiment,) Et toi aussi, Montmorency? MOKTMORENCY , sc J l'ottant Ic dos .

Oui , ça m'a été bien sensible !..

AIMUETTE.

Abl mon Dieu î .. j*avais oublié!., mais ils ont tous leur

grâce I

MONTMORENCY

Il fallait donc le dire!.. *

TOUS

Il est^jbien temps!

LE COMTE

Yous avez votre grâce !

LE DUC , souriant.

Au fait, maintenant je ne vois pas trop à quoi ça les avance.

LE COMTE

Si, c'est une satisfactipn !.. les voilà réhabilités! c'est comme s'ilsjn 'avaient rien reçu.

LE DUC , gaîment.

Pour vous consoler, mes amis, allons manger la collation qu'Annette nous avait préparée, et remercier le roi, (à mi" voix) car je ne conçois rien à sa clémence !..

A« NETTE , auec mystère.

Ah I c'est que vous ne s.ivez pas la grande nouvelle ! il est d'une joiel.. la reine vient de lui annoncer iiu l>éritier. ..

LE DUC

Un héritier I

TOUS, a mi-^ùtx.

AN NETTE, (le même.

Dans six mois !..

LE DUC, se grallant r oreille.

Diable î voilà une f,ràce (jiu me coûta cher î...

LE COMTE, à ml-i^oiX' Ca vous détrône , sire... si j'avais su ça... ' (.\ part et faisant le gesfe de fouetter.)

LE DUC

Que voulez-vous?

Air : En amour cornmeen amitié.

A mon destin, je me résignerai...

Et s'il faut descendre du trône, Sans nul regret, ch luen 1 j'en descendrai^ J'ai goiité les plaisirs que donne la couronne. (Montrant Annette et Leslie qui se tiennent sous le bras et se regardent tendrement.) Quels doux transports! regardez-les tous deux... De leur bonheur mon àme est attendrie.,.

C'est mon ouvrage... et je m'ecrie :

Oui, je fus roi, car j'ai fait des heureux! ( Reprenant ai'cc gaffé. ) l^^tpais! <j jisaiil bah I tous les enfaus ne sont pas des ^jarçons ... Auisi. ..

Aia : En vain l'on critique (des Deux Nuits.) Sur un tel mistère Tâchons de nous taire j Malgré moi, j'espère...

/ Je crois au destin !

Souvent, d'un nuage , Qui porte l'orage, Le ciel se dégage, Tout renaît soudain.

(^it puùlic.) Mais une autre crainte m'afflige.. .

A ce châtiment éternel, Qu'à l'enfance, hélas I on intlige , N'en joignez pas un plus cruel. ..

Montrez-nous d'avance Un peu d'indulgence.

Un peu de clémence.. , Quand Louis onze, ici, Devient débonnaire, Et nous traite en père , Qu'au moins le parterre Fasse comme lui.

Tors.

Mon(rez-no!is d'avanfu»

Un peu d'indîiifjeiicc, ^ FIN.

Page 1