L’ALERTE
La seconde journée s’annonça aussi tranquille que la première, et Robert se félicitait de cette heureuse chance, quand il lui sembla tout à coup entendre un bruit presque imperceptible, comme si quelqu'un suivait leur marche, s’arrêtant quand li Car: ’ane s’arrêtait, se remettant en marche en même temps qu’elle.
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L'inquiétude le prit, non pour lui, mais pour s |
sœurs. 1 suvuit avec quelle adresse les Peau Rouges suivent une piste, et avec quelle férocité | traitent les blancs qui tombent dans leurs embu cades, Il redoubla d'attention et de précautior suns toutefois rien dire qui pût donner l'éveil at rer filles; il serait bien temps de les avertir quar e danger serait là. Seulement il leur demanda de : parler qu'à voix basse, “ par mesure de précaution ujouta-t-il.
Cela ne les alarma pas.
Au bout d'une heure, Robert, n'entendant pli rien, conseilla un temps de galop, afin de sortir a plus tôt de cette zone de forêt où, si l'on peut se c: cher, on peut aussi être surpris. Mais alors une voi nmen table s'éleva: c'était celle du pouvre Dani , , Malgré sa frayeur, cherchait à exciter sn mot ture, et n’y parvenant pas, criait miséricorde.
-Ah! maitre Robert, vous ne m'abandonnerx pas aux Sauvages et aux bêtes féroces! Et vous, ma tresses, ayez pitié :': votre pauvre “ bonne.”
Robert, imput.. té, lui intima l’ordre de se tair: ajoutant:
-Tu veux donc prévenir les Peaux-Rouges ?
— Hélas! maître, dit tout bas Danicl, il y en un qui nous suit depuis le matin, et je ne savais con ment vous prévenir, c’est pour cela que j'ai crié,
Où est-il? demanda le jeune homme sur 1 méme ton.
I était à notre hauteur il y a cinq minutes répondit Daniel.
— Sont-ils plusieurs?
— Je ne crois pas.
— C'est bien. Nous continuons notre route; mai il est convenu que dès que tu le verras encore, ti m'avertiras.
— Mais je le mettrai sur ses gardes, alors?
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Non, cur, pour m'avertir, tu te moucheruas, Tu sais, qu'enfunts, nous l'appellions lu trompette du jugement dernier,
Et piquant des deux, Robert rejoignit ses sœurs qui s'étuient urrètées pour l'attendre,
Ne faites aucun mouvement, leur dit-il, mais écoutez-moi, Un rôdeur nous espionne; il est possible que je cherche à atteindre à un moment donné; vous resterez alors avec Daniel, attendant mon retour,
Paula releva vaillamment la tête; Lucy pàlit. Robert cachant son inquiétude, se mit à rire.
Espériez-vous donc n'avoir aucune alerte en route ? leur dit-il. Allons, bon courage, et du sangfroid!
Vers le milieu du jour, comme on s'était arrèté our laisser passer les heures chaudes, tout à coup lune nez de Daniel se mit à chanter avec fracus, ct Robert, aussitôt debout, vit que les entraves de son cheval venaient d'être coupées, et que le noble animal semblait résister à une force invisible,
Le jeune homme bondit et aperçut un sauvage à l'air féroce et qui devait être un né chefs de sa tribu, à en juger par les plumes d'aigles qui ornaient sa tête.
Robert le saisit violemment, en s'écriant:
-— Qui es-tu? Que veux-tu?
Le sauvage avait d'abord plié sur ses jarrets tant l'agression avait été soudaine; mais c'était un homme d’une force herculéenne: d'une secousse il se fit libre, sauta sur le dos du chevel de Robert sans toucher à l'étrier, et malgré les bonds de l'animal qui ne reconnaissait pas son maître, le força à un galop échevelé.
Robert resta un moment abusourdi, tant la scène avait été rapide. Une colère folle le secoua bientôt,
Que faire maintenant?...
I y avait autant de danger à retourner en ar rière qu'à continuer la route en avant, Ses sœur étaient aussi stupéfaites que lui,
Le jeune bles comprenant qu'il devait l'exem ple du courage et de la force d'âme, se remit le pre. mier, et affectant une tranquillité qu'il ne ressentui pus :
Voilà, dit-il, un guiiturd qui avait besoin d'ur cheval, Il m'a mis à pied, mais il a une mauvaise fi gure; j'aime mieux le savoir loin que près de nous Ce qui me chagrine le plus, c'est qu'il m'a volé aussi mon fusil, qui était attaché à l'arçon, Heureusement que j'ai mes pistolets,
— Comment vas-tu faire maintenant? questionna auxicusement Lucy.
— Si monsieur Robert veut la Grise?.., dit alors Daniel avec une touchante naïveté.
L'idée parut si comique aux jeunes gens qu'ils ne purent s empêcher d'échanger un sourire.
Non, mon bon Daniel, je te la laisse. J'escorlerai mes sœurs à pied. De cette façon tu es sûr de pe pas être abandonné en route,