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ÉLÉPHANTS

Si une nouvelle énumération ne risquait de devenir fastidieuse, on verrait par la reproduction des notes prises par d'Arnaud qu'on rencontra tout autant d'éléphants pendant l'expédition de 1841-42, qu’au cours de la première et de la seconde (1).

Leur présence forme si bien un des caractères du pays, que d’Arnaud écrit sur sa carte en exergue : «Plaine couverte de hautes graminées et où paissent de nombreux troupeaux d'éléphants ». Werne, de son côté, définit ainsi en certains points la contrée : & Un vrai pâturage à éléphants, eine wahre Elephantenweide » (2).

Si à Khartoum quelque incrédule avait suspecté les récits des explorateurs, et mis en doute que les pays du Haut-Nil fussent aussi peuplés d’éléphants qu'ils se plaisaient, à leur retour, à le dire, 1l lui aurait fallu cependant se rendre au témoignage de ses propres yeux.

Qui dit: & pays à ivoire » dit en eflet & pays à éléphants », et les expéditions égyptiennes, du moins, la deuxième et la troisième, sinon la première, rapportèrent beaucoup d'ivoire (3).

Continuons à lire dans les textes :

6 janvier 1841. — « Le chef Biout est venu nous voir, il apporte des dents d’éléphants ». Même jour : (Les noirs nous apportent encore des dents d’éléphants » (d’Arnaud.

(x) Notamment les 21, 24, 27. 28 novembre 1841.

(2) Expedition zur Entdeckung, p. 168.

(3) Selon d'Arnaud, la première expédition fut sous ce rapport complètement nulle : « Suleiman Cachef s'amusait à tirer sur les naturels... Aussi il

7 janvier 184c. — « Les naturels apportent à deux reprises des dents d’éléphants » (d’Arnaud).

15 et 16 janvier 1841. — « Ce matin les habitants des deux rives viennent sur les bords du fleuve chanter en nous apportant des dents d’éléphants » (d'Arnaud,

Werne).

17 janvier 1841. — Échange continu de dents d’éléphants (Werne).

9 février 1841. — « Le nombre moyen des dents s'é-

lève de 6 à 7 par jour » (d'Arnaud).

Un jour même, la récolte dépassa de beaucoup cette proportion moyenne : 17 février : &« Le nombre des dents d'éléphants que les naturels nous apportent aujourd’hui s'élève à 47. grosses et petites » (d'Arnaud).

Il en fut de même pendant la 3° expédition : 7 décembre 1841, «Les naturels ayant vu que nous accueillons favorablement les dents d’éléphant l’année passée nous en apportent beaucoup » (d’Arnaud) (1).

Il est assez difficile de déterminer exactement le poids et la valeur monétaire de la récolte d'ivoire accomplie sur le Haut-Nil de 1840 à 1842. Il y a dans les notes de d'Arnaud une contradiction. Au retour de la 2° expédition, 1l écrit

que le nombre des dents recueillies s'élève à 260 ou 300 (2).

est arrivé que n'osant mettre pied à terre... Suleiman Cachef passait au milieu de grands troupeaux d'éléphants dont le sol était couvert de défenses (évidemment des défenses desquels le sol était couvert), sans en avoir vu aucun. » D'Arnaud à Jomard, 24 août 1849. Bibl. Soc. géogr. — Effectivement ni dans le Journal de Selim Bimbachi, ni dans celui de Thibaut, il n'apparaît que des dents aient été rapportées à Khartoum.

(1) Nouveaux apports le 10 et le 22 décembre 1841.

(2) Journal, 3 mars 1841.

Au retour de la troisième, « les dents d'éléphant recueillies sont au nombre de près de 400 (1) ». Au total, il aurait donc été rapporté à Khartoum 1,200 dents environ.

Mais, d'autre part, dans une lettre qu'il écrivit à Jomard en 1849, d'Arnaud se vante d’avoir rapporté mille cinq cents quintaux. Le mot quintal n’est certainement pas employé dans son sens nouveau de quintal métrique, mais dans son sens ancien. Ce quintal représente non cent kilogrammes, mais cent livres où cinquante kilogrammes.

Le poids lotal des 1,200 dents rapportées à Khartoum aurait donc été de 75,000 kilogrammes, et le poids moyen de chaque dent de 625,5. Or c’est là une impossibilité. Ce poids moyen est beaucoup trop élevé. Une pointe pesant 90 kilogrammes est déjà considérée sur les marchés de Londres, de Liverpool ou d'Anvers comme une pièce de choix. Le 4 février 1896, on a vendu à Anvers une dent de 73",5, mais on jugea qu'elle & atteignait un poids énorme (2) ». Il y a au Museum d'Histoire naturelle de Paris deux pointes pesant chacune 80 kilogrammes ; mais elles sont considérées comme des raretés (3). Westendarp a vu une dent de 94 kilogrammes : mais cela ne lui est pas arrivé deux fois en seize années de voyage en Asie et en Afrique, pendant

lesquelles il eut sous les yeux un million de pièces (4).

(1) Journal, HT, 23 janvier 18/42.

(2) Le Mouvement géographique, 1896, p. 53.

(3) Renseignement de M. Filhol, professeur au Museum d'Histoire nalurelle, membre de l’Institut. On ignore comment ces dents sont entrées dans la collection du Museum.

(A) Ausland, 1885, p. 1009.

Comme d’Arnaud indique que parmi les dents récoltées il y en avait quelques-unes de petites, des scrivailles, pour employer le terme commercial en usage, on ne saurait admettre que le poids moyen de chaque dent ait dépassé 30 kilogrammes, soit 1,200 X 30 — 36,000.

Les expéditions égyptiennes auraient rapporté 36,000 kilogrammes d'ivoire et non 75,000.

Il faut donc que d'Arnaud ait commis une erreur ou dans ses journaux de route, ou dans sa lettre à Jomard. Nous serions tentés d'accorder plus de foi aux journaux de route. Il faut remarquer que la lettre de Jomard est de 1849, soit de septans postérieure aux événements auxquels elle fait allusion. Le ton général prouve que l’auteur cherche à se donner de l'importance aux yeux de son interlocuteur. Il est donc très possible, qu'involontairement d’ailleurs, d’Arnaud ait amplifié les résultats de son voyage.

La même incertitude règne au sujet de la valeur monétaire que représentait cette récolte d'ivoire. En 18/42, le quintal de 50 kilogrammes valait à Khartoum 250 francs (1). Si l'apport total a été de 75,000 kilogrammmes il représentait une somme de 375,000 francs, et c’est en effet le chiffre auquel s'arrête d’Arnaud dans sa lettre de 1849 (2). Si au contraire l'apport total n'a été que de

(1) « Le quintal se vend même à (Gartoum 1,000 piastres, soit 250 fr. » D'Arnaup. Journal, 11 décembre 1841. En 1849, les prix étaient plus élevés : Valeur du quintal au Kordofan, 1,400 piastres (350 fr.); à Khartoum, 1,500 p. {375 fr.) ; à Souakim, 1,600 p. (oo fr.). De-Laurure. Bull. Soc. géogr., 1850, p. 397.

(2) « J'en chargeais mille cinq cents quintaux sur une barque au retour,

36,000 kilogrammes sa valeur n’a plus été que de 187,000 francs.

D'ailleurs queles expéditions égyptiennes aient rapporté pour 375,000 ou pour 187,500 franes d'ivoire, il importe médiocrement. Ce qui importe c’est que jusqu'en 1840, livoire n’arrivait en Égypte que du Darfour, du Kordofan et du Sennar. Désormais un nouveau lieu de production est. découvert. Au Soudan, en Égypte, en Orient et même en Europe se répand de proche en proche cette notion nouvelle: & Les pays du Haut Nil sont des pays à ivoire. »

On sait en même temps qu'on peut obtenir la précieuse denrée pour une somme infime. Les indigènes n’en font aucun cas. Îls plantent en terre les dents d’éléphants en guise de clôtures, ou bien ils y attachent les animaux (1). Quand’ ils ont vu avec quelle avidité les Égyptiens les recherchaïent, 1ls en ont apporté spontanément (2).

Ces nègres n'avaient en effet, pour la plupart, aucune idée de la valeur de l’ivoire. Seuls les Baris avaient quelque notion à cet égard.

Les explorateurs remarquèrent en leur possession des objets d’origine manifestement étrangère : une chemise de serge bleue portée par le chef, des colliers de verroterie ou de porcelaine, du cuivre rouge ou du laiton. Interrogés sur la provenance de ces objets, ils répondirent qu’on

les leur apportait d’une contrée située dans l’est (3).

que j'ai consignées au gouvernement à notre arrivée à Kartoum. (Valeur sur la place de Kartoum de 375,000 francs). » D'Arnaud à Jomard.

(x) Tuigaur. Aperçu du commerce du Soudan.

(2) D'Arnaun et Werne. Passim.

(3) D'Arxaup. Journal, I. Derniers feuillets.

Ultérieurement, ils s'exprimèrent sur ce sujet d’une manière plus détaillée. Ils dirent au marchand Brun Rollet et au missionnaire Angelo Vinco que le lieu d’où venait. ces objets étrangers était Robenga, dans le Koenda, qu'on y parvenait en se dirigeant toujours vers le sud-est, que les habitants étaient des Blidos ou Quendas. Ils ajoutèrent que ce pays était fréquenté par des marchands étrangers, de couleur rouge, barbus, aux cheveux longs et lisses, et en outre musulmans (1).

Le pays en question est certainement l'Ouganda (2), et les voyageurs auxquels il est fait allusion, sont des Arabes du Zanguebar. Aussi bien était-ce déjà en 1802 l'opinion de Brun Rollet (3). Emin avance, il est vrai, que les Arabes, Mussa Mzuri et Ahmed ibn Ibrahim appelés par Suna, père de Mtesa, ne s’établirent pas à demeure dans l'Ouganda avant 1800 (4). Il faut tenir grand comple de son témoignage. Mais il est vraisemblable que de leurs places de l'Ounya-mouezi : Msenne, Kazeh, Tabora, les Arabes faisaient déjà des voyages de commerce dans lOuganda, avant d'y avoir des correspondants à poste fixe. Ce serait

donc les rapports qu'ils auraient eus, par l'intermédiaire

(x) Bull, Soc. géogr., 1852, II, p. 342-3, 390 ; IV, p. 405-6, 532.

(2) Certains rapprochements s'imposent : Robenga et Rubaga, le grand village situé dans le voisinage du lac Victoria, et décoré ultérieurement par les explorateurs européens du titre de capitale. Xoanda et Quenda se retrouvent sous la forme (Ou)-Ganda.

(3) Bull. Soc. géogr., 1852, IV, p. 406.

(4) Euix. Sammlung von Reiïsebriefen, p. 112. Cette notice d'Emin est de premier ordre. Cependant aucun des nombreux publicistes, qui, par suite des événements politiques, se sont récemment occupés de l'Ouganda, ne semble en avoir eu connaissance.

des Wa-Gandas, avec ces Arabes, qui auraient éclairé les Baris sur la valeur de l'ivoire.

Mais les autres riverains du Nil n'avaient de relations qu'avec leurs voisins immédiats. Ils ne savaient rien du monde, et la vue des bateaux des Égyptiens leur causa une profonde stupéfaction. Ils abandonnèrent volontiers ces dents d'éléphants inutiles entre leurs mains(1), pour quelques pièces d'étofles brillantes ou pour des colliers de perles de verre dans lesquelles se jouait la lumière du soleil (2).

Quant aux Égyptiens. ils apprirent bientôt que ce pays se prêlait aux bonnes affaires commerciales. que pour 20 centimes de verroterie, on pouvait avoir une dent (3) valant de 150 à 200 francs à Khartoum.

Leur cupidité s'allume et devient de plus en plus ardente.

Pendant la première expédition, leur attention n’est pas éveillée. Mais déjà pendant la seconde, ce butin inattendu suscite des combinaisons malhonnêtes. Les deux officiers supérieurs égyptiens font à d'Arnaud des ouvertures non équivoques et lui offrent de partager l’ivoire avec eux, au lieu de le verser à Khartoum, au trésor du gouvernement. Et comme d’Arnaud repousse immédiatement leurs proposi-

tions et s'efforce « de les mettre dans une meilleure voie

(1) « Is ignorent le parti à tirer de l'ivoire, aucun moyen de commerce ne leur étant offert. » Taisaur. Journal, p. 55.

(2) Werxe. Expedition zur Entdeckung, p. 262.

(3) « Elles nous reviennent environ © fr. 25 la dent. » D'Arxaun.

Journal, 11 décembre 1841.

envers les intérêts » de Mehemet Ali (1), ils les réitèrent un mois après. D’Arnaud les décline de nouveau et non sans malice (2).

Enfin pendant le troisième voyage, ce ne sont plus seulement les chefs, mais tous les membres de l'expédition qui veulent participer à la bonne aubaine. Posséder des dents d’éléphants devient la préoccupation générale. Et d'Arnaud, voyant matelots et soldats se ruer à l’envi et en désordre sur l’ivoire, les compare en un langage plus expressif que délicat à des chiens ardents à la poursuite d’une chienne (3).

Les explorateurs remarquèrent encore l'abondance du bétail. Ils virent des moutons et des chèvres de petite

taille, mais surtout des bœufs et des vaches de robe claire,

(x) « Après m'avoir dit que nous avions beaucoup de dents d'éléphants, il (Selim Capitan) ma proposé si j étais de son avis de nous les partager au lieu de les donner au divan ; que cela imporlait fort peu ; avec amitié je me suis efforcé de le mettre dans une meilleure voie envers les intérêts de son maître. Le Cachef a paru peu content ». D'Araup. Journal, 13 février 1841.

(2) « Nous étions encore chez les Elliaps, lorsque certain soir, fesant porter les dents d'éléphants que les naturels m'avaient apporté dans la journée dans la dabié du commandant turc (croyant les envoyer pour le gouvernement), je rencontrais le cachef, la conversation arrive sur les dents, au sujet desquels il me dit : toutes réunies cela ferait une belle somme ! à verser au Casnet, reprend-je... puis il reprend : mais il y a tant de crocodiles, oui repartis-je et le gros n’est pas loin. Ce matin, 1 heure avant d'aller diner, Selim Capitan et le cachef vient chez moi; pour me tourner d'une autre façon une question de rappailles (?) au sujet des dents d’éléphants au nombre de 260 à 300 — toutes mes paroles ont été vaines et sans fruit ; aussi ennuyé j'ai fini par leur dire qu'ils pouvaient en faire ce que diable ils voudraient pourvu qu'ils m'en laissent choisir 2 pour $. À. et 2 pour le museum de Paris ». Journal, 3 mars 1841.

(3) L'expression très réaliste employée par D'Anxau», Journal, 1°" janvier 1842, ne saurait honnêtement être citée.

dans un quart d'heure ». Leur accueil fut empressé, et jamais ils ne commencèrent les hostilités contre les Égypüens. € C'était touchant de voir comme ces pauvres gens élevaient les mains en l'air, puis les laissaient lentement retomber pour saluer ». Suivre les barques le long de la rive est la moindre de leurs manifestations habituelles d'amitié. Presque toujours ils chantent, gesticulent, dansent les uns les mains étendues, les autres des noix de delep aux genoux. Les femmes font entendre des Ullé aigres, les hommes chantent sur un ton plus bas, les enfants crient de leur voix de soprani. Parfois non contents de rester sur la rive, ils descendent dans l’eau en chantant. Les Keks renchérissent d'enthousiasme et baisent l'herbe foulée aux pieds par les étrangers. Quelques-uns se risquent même jusqu'à monter à bord des dahabiés (x). Quand ils sont en bons termes avec la tribu voisine, ils la préviennent de l’arrivée des étrangers.

Ils prodiguent leurs bœufs, leur richesse par excellence, avec tant de générosité que les Égyptiens finissent par les refuser.

Jamais matelots et soldats ne s'étaient vus à pareille bombance. Notre voyage est véritablement une marche triomphale, s’écrie Werne, et d'Arnaud dit plus simplement: «Ces nègres sont de bons enfants, d’un naturel doux et affable ».

(tr) « Quatre d’entre eux et deux femmes les plus hardis se sont présentés à bord et sont arrivés jusqu'à nous dans la chambre, en se trémoussant, chantant en leur langage sans accord, fesant des mouvements avec leur corps, les mains étendues ». D'Arxaup. Descriptions des entrevues.

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L'admiration, la crainte el l'intérêt furent les motifs de leur bienveillant accueil.

Les Égyptiens ouvrirent à ces peuples, restés à un degré si bas de civilisation, un monde entièrement nouveau. Ils sont ébahis de nos barques, dit d'Arnaud. Ils étaient encore ébahis de ce qu’elles contenaient, de tous ces objets qu'ils voyaient pour la première fois et ces nouveautés donnaient aux explorateurs un tel ascendant sur les indigènes que d'Arnaud préconisait pour un voyage ultérieur l'usage d’un bateau à vapeur, à cause de l'effet qu'il produirait sur l'esprit des populations (1).

Ils avaient peur des Égyptiens : les armes à feu leur en imposaient énormément : & Ayant üré en l'air un pistolet que J'avais dans ma ceinture, de frayeur, ils se sont jetés ventre à terre : revenus enfin de leur terreur, je leur expliquai l'usage et la force : à distance ils examinent cet infernal petit instrument avec de grands yeux et au moindre mouvement brusque de ma part, ils faisaient un pas en arrière. » Lorsque le chef Lacono quitta la dahabié, on le salua de quelques coups de canon. Comme on l'avait prévenu, « la détonation n'a pas paru trop le toucher : mais la suite l’a abandonné et s’est mise à courir de toute sa force » (2).

Enfin en amenant du bétail aux Égyptiens et en leur apportant de l’ivoire, les naturels espéraient bien être payés de retour. Tout, en leur dénuement, était pour ces

sauvages objet de convoitise. Quand le chef des Baris, La-

(x) Lettre à Jomard du 24 août 1849.

(2) D'Annaun. Journal, 24 et 25 janvier 1840.

cono, vint rendre visite à Selim bimbachi et à d’Arnaud, on lui fit présent de caffetans rouges, de verroteries, de chales blancs, d’une grande cloche, mais en partant ayant avisé une assielte contenant des noyaux de dattes et le tapis sur lequel 1l était assis, 1l les emporta par surcroît. Toutes les fois que les officiers égyptiens affublent un chef d'une chemise rouge, ils sont sûrs de faire un homme heureux. Mais rien n'excitait davantage leur avidité que ces verroteries communes de Venise nommées conteries dans le commerce. Ilsdifféraientseulement dans le choix des verroteries, les Baris, par exemple, refusaient les belles perles pour des baguettes de verre vert cassées en petits fragments. Voyant l’ardeur de leurs désirs, d’Arnaud se demandait ce que ces nègres pourraient bien faire pour obtenir la précieuse denrée et concluait qu'ils iraient bien jusqu’à vendre leurs

femmes en échange (1).

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