‹ Le Sourcil Dans Ses Rapports Avec Le Corps ThyroïdeChapitre 4 sur 45 · MOSS · texte numérisé non relu

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Pour en faciliter la description, il est classique de lui considérer une tête, qui correspond à la partie interne, une portion externe effilée qui constitue la queue, un corps entre ces deux parties.

Le sourcil fait un relief proportionné à la saillie du rebord osseux ; cette saillie, très variable selon les sujets, est en grande partie formée par la lamelle externe du sinus frontal.

Superficiellement, il est constitué par des poils roides et soyeux qui, même chez le nègre, n'ont pas de frisures ; ces poils sont inclinés les uns sur les autres, de façon à se recouvrir par leur base; obliquement dirigés de dedans en dehors, ils s'élèvent en dedans, de bas en haut, et s’abaissent, en dehors, en sens inverse (Branca); les poils de la partie moyenne ont assez souvent une direction anormale : ceux de l'extrémité interne, en général plus nombreux et plus longs, ont fréquemment une direction antéro-postérieure (Charcot) ; l’irrégularité dans l'implantation serait plus fréquente chez Ihomme que chez la femme.

Chez les sujets normaux, il est fréquent de trouver le soureil moins garni au niveau de 1/6 interne (M. Léopold Lévi, entre la tête et le corps ; cette disposition tient peut-être à la distribution vasculaire de la région : la tête est irriguée par la frontale interne, branche de terminaison de lophtalmique qui, sortie par l'angle supéro-interne de lorbite, se recourbe sur l’apophyse orbitaire ; la portion externe reçoit ses principaux rameaux de la

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sus-orbitaire, artère plutôt volumineuse, la seule de la région, dont la blessure donne lieu à une hémorrhagie sérieuse ; la zone dégarnie correspondrait sensiblement à la jonction du territoire de ces deux Vais >eaux.

Les poils, ordinairement plus longs et plus nombreux chez l’homme, ont en moyenne de 6 à 10 millimètres. Chez certains, ils acquièrent, « à l'endroit où les sourcils commencent à se courber horizontalement », une longueur double on triple de celle des autres. Leur quantité varie à raison de l’épaisseur des sourcils, mais il y en a loujours davantage du côté du nez que du côté de la tempe (Jourdan).

Leur épaisseur, chez l’homme, est de 90 4, de 60, chez la femme ; les cils, d'autre part, n'ont chez le premier que 67 & d'épaisseur ; 95, chez l’autre. Cils et sourcils, futamina oculi des anciens auteurs, ont donc sur ce point des caractères inverses dans les deux sexes. [ls sont moins épais chez les blonds que chez les bruns

Les poils des sourcils sont en général de la méme couleur que les cheveux, quelque fois moins colorés. Ils sont ordinairement blancs chez les albinos ; parfois, dès la naissance, on rencontre des . poils blançs, parmi des pos d'autre couleur. Chaque sourcil peut avoir des poils de deux teintes, la portion externe étant le plus souvent moins pigmentée ; chacun d'eux peut différer par la teinte de son congénère : dispositions nommées par Walther : heterotrichosis superciliorum.

° La genèse des sourcils définitifs est précédée chez l'embryon par la formation de poils essentiellement temporaires qui, fait remarquable, débute par la région sourcilière. Soixante à soixante-dix jours après la conception, apparaissent les premiers

rudiments de poils, qui tranchent par leur coloration blanche sur la teinte rosée de la peau (Marcelle Lambert). Ces poils se développent au-dessus des veux, puis se montrent au niveau de la lèvre supérieure et du front, avant d’apparaitre sur la voûte cranienne, le tronc et les membres. Il est à remarquer que les poils primaires se montrent tout d'abord aux points où, chez les mamitères sont situés les poils tactiles.

Les poils secondaires, qui sont plus épais et plus pigmentés que les poils primaires, apparaissent dans les régions qui, chez le nouveau-né, sont velues, dans le même ordre que les précédents; c’est donc au-dessus des yeux qu'ils Se montrent en premier, à la fin du 4e mois, avant même que le système pileux primaire n'ait achevé son développement par la naissance de poils sur le dos des mains et des pleds (fin du 6 mois). A la naissance,la chute des poils primaires est à peu près complètement terminée. Cils, sourcils et cheveux n'ont pas encore les caractères qu'ils acquerront par la suite chez l'enfant, mais, contrairement aux poils des autres régions, ils sont déjà beaucoup plus forts, plus Pigmentés que les poils primaires.

Dans les premières années, les sourcils parais-

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sent rares, Ce qui tient en partie à leur faible coloration ; puis, comme les cils et les cheveux, ils prennent un développement considérable, qui atteint son maximum, au moins dans les races blanches, vers l’âge de 12 ans.

Dans la vieillesse, où le système pileux subit de nouvelles modifications, il n'est pas rare de voir, chez l’homme, les sourcils atteindre une grande vigueur et une grande épaisseur,, au point qu'on est obligé de les couper (Charcot) ; en même temps, s'allongent les vibrisses et les poils du tragus (barbula hirci). Cette hypermégalie pilaire fait contraste avec l’état des cheveux qui deviennent de plus en plus rares et plus grèles, tandis que les cils s’éclaircissent.

Richet fait remarquer, qu’à peine indiqués chez les peuples du Nord, les sourcils sont très développés chez les méridionaux ; cette hypergenèse tient peut-être au rôle généralement attribué aux sourcils : préserver l'œil des rayons lumineux, empêcher la sueur d'y pénétrer ; elle supposerait en tout cas, la surfonction du corps thyroïde. L'hypertrichose sus-orbitaire se complète généralement par l’apparition de poils intersourciliers ; en pareil Cas, on peut voir les sourcils « former une ligne non interrompue, dont la partie moyenne, plus clairsemée, descend en pointe sur la racine du rez, ou bien décrit un arc à concavité supérieure. » Cependant, chez les nègres, les sourcils sont peu fournis et à

peine arqués, disposition en rapport avec la forme de l’orifice palpébral. |

La fusion des sourcils, jointe à l'hypertrichose, est depuis longtemps signalée, mais cet état, que nous interprétons comme un signe d’hyperthyroidie, est seulement étudié au point de vue de la mimique et de l'esthétique : la physionomie prend alors un aspect de dureté et d'opiniätreté, dit Charcot ; Velpeau ajoute qu'avec des sourcils très abondants et très touffus, l'expression prend quelque chose de grand. de profond ; remarque justifiée. si l’on admet que l'hyperthyroïdie, en même temps qu'elle imprime au système pileux une croissance plus active, développe chez les individus des qualités d’énergie,que traduisent extérieurement l'éclat du regard et la vivacité des gestes.

Ce n’est pas qu'on ait méconnu les malformations dont ces annexes oculaires peuvent être le siège. Mackensie cite un cas dans lequel Holub a vu une double rangée de sourcils,la supérieure mieux fournie, partant d'une éminence osseuse surnuméraire. Mais en général, ces détails sont négligés. Les anomalies congénitales des sourcils ne doivent pas être très rares, dit Charcot, et pourtant les auteurs en parlent à peine, ce qui lient probablement à ce qu'elles ne prêtent guère à des considérations praliques ; elles seraient ordinairement solidaires de celles du crâne.

Toutefois, il faut remarquer qu’on s'était déjà efforcé de rattacher les déprédations sourcilières à

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à des causes générales ou locales. Les poils des sourcils, dit Charvot, peuvent tomber à la suite d’affections cutanées, localisées en ce point, ou sous l'influence de causes difficiles à déterminer. Cette alopécie partielle cause un changement fort désagréable dans l'expression. La chute des cheveux, écrit Jourdan (1828), peut dépendre de plusieurs causes différentes, la syphilis, les dartres, la teigne, les croûles laiteuses. De même, on reconnaissait qu'à l’état normal, leur développement tient à des conditions générales, bien que variables suivant ies individus, et l’on faisait intervenir la notion de tempérament. Les sourcils sont en général plus longs et plus larges chez les bilieux et les mélancoliques que chez les phlegmatiques (Jourdan).

Parmi le Contemporains, Ledouble et Houssaye ( « Les velus », 1909), rapportent plusieurs cas d’hypertrichose sourcilière, mais seulement à titre d’épiphénomène, dans des faits où l'hypermégalie pi laire se manifestait avant tout sur de larges surfaces, comme les régions mammaire, dorso-lombaire, pubienne, etc. ; ils remarquent, en mème temps, l'arrêt fréquent du développement dentaire ; ces cas s'expliquent peut-être par la persistance et l’accroissement du revêtement pileux du fœtus. Il y aurait trouble d’une mème fonction réglant le dévelopçement des divers phanères.

D'autre part, on a signalé lagénésie du sourcil, fréquemment associée à l’alopécie plus ou moins complète du cuir chevelu. Audry en cite plusieurs

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