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RAPPORT SUR UN PROJET DE VOCABULAIRE ILLUSTRÉ

Par M. Varaps-Gasez. — Paris, 183 Février 1838.

J'ar été mis à même de communiquer à mes Lecteurs des extraits de cet intéressant rapport.

Depuis longtemps on avait senti le besoin d’un Dictionnaire à l'usage des sourds-muets. « Les dictionnaires et vocabulaires de tous genres, dit le rapport, bien que peu appropriés aux besoins et à l’intelkgence de l'enfance, rendent encore d'assez grands services dans les écoles des parlants; en est-il de même peur les sourds-muets? d'après l'état actuel des choses, à peine si, à la #* année du cours d'instruction nos élèves trouvent dans l'usage d'un vocabulaire le moyen de surmonter quelques-unes des difficultés de la lecture: c'est qu'on n’y procède que par définitions abstraites, qui souvent roulent dans un cerle vicieux, que l'alphabet y est la règle invariable de toute coordination, qu'ils sont dépourvus d'exemples à la portée de ces intelligences novices etc. etc. L'étude individuelle reste done à-peu-près sans fruit pendant environ Îles deux tiers du séjour des sourds-muets dans les écoles; ce fait depuis longtemps reconnu a suggéré plus d’une pensée ingénieuse ; nous lui devons la mimographie de Bébian, les nomenclatures iconographiqnes de MM. Watson, Piroux et autres, enfin les livres de lecture de M. Gallaudet. A l'exception de la mimographie reconnue inapplicable à la pratique de l'enseignement, tous les autres ouvrages ont rendu des services réels; c’est que le dessin est un véritable langage naturel qui s'associe merveilleusement à l'éeriture et La à met à la portée de toutes les intelligences.

» Le vocabulaire illustré ou pittoresque tiendrait lieu des ouvrages précités qui sont plus ou moins incomplets et

Lu Souar-Mocr sr L'AVEUGLE, 2° ANNÉE. 8

* laissent beaucoup à désirer quant à l'exécution; la riche collection de dessins qu'on y trouverait en serait détachée au besoin, pour être reproduite en nomenclature méthodique, figures: isolées, sujets de lectures etc. etc. .

» Au moyen de cet ouvrage le sourd-muet serait mis en état de lire avec fruit dès la 2° année de son cours d’instruction; l'étude æendue plus attrayante et plus facile produirait de plus heureux fruits et nous n'aurions plus la douleur de voir ces pauvres enfants se consumer longtemps en vains efforta. Uné amélioration si désirable s’opérerait gradueollement dans la maison, car les parties de ce vocabulaire seraient utilisées à mesure qu’elles paraîtraient,”uri an ou 18 mois sufhraient à cette publication qui deviendrait un immense bienfait, non seulement pour les sourds-mucts de la France et de l'étranger, mais encoré pour tous les enfans , car tous pourraient y trouver un aliment à leur ouriosité, uns source de connaissances faciles à acquérir, les explications dont ils sont si avides et que les parents ne sauvent pas toujours mettre à la portée de. ces jeunes inteHh

es. : . : Arre a à - : 5 7 13

» L'atilité de Pouvrage étant démontrée, votre commission s'est attachée. à l'étude du plan le plus convenable, n + Quel ‘est le: plan d'après lequel un dictionnaire à l'usage des sourds-muets doit être fait. La résolution de ce problème dépend d’une. autre question; à quoi destine-t-on ce‘dic tionnaire? Quel est le ‘genre d'utilité qu’on en attend? : . Dans son rapport sur an plan du nomenclature générale appropriée. à l'enseignement des sourds-muets, lu dans la gonférence des profesæurs. de l'institut de Paris le-16 mars 1831, M. Valade s'exprime de cette manière ser l'utilité d'une nomenolature méthodique ; « Elle servirait de base, dit-il, à un progremme raisonné des matières de l'enseignement; et ce programme, à son tour, rempbrait un vœu bien légitüme, souvènt manifesié par messieurs les. membres du conæil dé perfectionnement, celui d’avoir un type normal qui les-mié à même dei constater, à la fin: de l'année, :les

‘progrès faits dans chaque classe. Dans le système. aetnel de transmission des élères; elle permettra de fixer à chaque professeur le point de son départ'et le: terme où doivent tendre ses efforts. Si, eomme ül nous est:enfin permis de l'espérer, le mouvement de rotation était adopté, une nomenclature bien faite serait en quelque sorte Pitinéraire des élèves et du professeur... Qui de nous. n’a souhaité un semblable travæl, en cherchant à déterminer les mots que doivent être enseignés-dans. sa classe, p. # et‘7. Jai toujours oru que ce n’est-pas là ee qu'on doit atténdre d'un dictionnaire; les mots ne me paraissent pas devoir servir de basé à un programme raisonné des matières de lenseignement, xi pouvoix servir d'itinéraire aux élèves -ët au professeur, les raots dans l’enseignement sont si peu de chose, on: peut comprendre des mots sans conmaÿtre le langue, ce n'ett pas le dictionnaire. qui doit me guider, mais la syntaxe; je ne cherehe pas quels sont les mots que je dois «enssigner dans chaqueælasse, car le choix doit en varier d’un élève à nnautre, d’une année à une autre, mais je tâche de graduer les difficultés de la grammaire d’une classe à une autre, et ces diffcultés graduées me paraissent devoir servir de base à un programme et d'itinéraire aux élèves et au professeur: Pour former:des phrasés, je me sers tantôt de. ces:mots tantôt-d'autres s6lon que des impressions récentes. ou actuelles ‘me les: suggèrent et je passe aussi avant qu'il est possible, avec les mots seulement nécessaires, Cet ordre me permet de donner à mes élèves des livres de lecture et de les graduer exactement. Toutes les difficultés de grammaire qui y entrent sont-déjà expliquées, ik n'y a plus que quelques mots que.le:jeune lecteur ne PeLÈe pas encore; mais le dictionnaire les lui explique. Voilà le but d’un dietionnaire. Je: crets’ que: é Vakade est à présent tout-à-fait de cette opinion. : : - +.5 Comme Île but que nous nous proposons, continué-t-i},

est d'effacer autant que possible tout ee ‘qui fait du sourdmuet un être à part et que, conséquemment, il: dbit être amené à pouvoir faire usage des dictionnaires orditaires ; |

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comme le dessin ne sauraït aïder: d'uncurkfnièreldirecttà l'intelligence de toutes: les ‘expréssions -du ‘langage rss risdaer de:maiee. auï opérations de. Lesprit. d'où, réaulient les abstractions; comme il s’agit de fournir au sourd-muet un moyen de surmonter les premières difficultés de T4 lec: ture qui est pour lui uühe miné fééondé dé-conmeissandes de toutes sortes et la seule qui puisse toujours être à’ à dispo» sition ; considérant, d’aïlleurs, les difficultés iimenses que présenterait ‘la coordination purement phiosopisiqueiles idées ou même de tous les objets sensibles déntiliiperte au sourd-muet d'apprendre la dénomination, lestdifiealtis non moins grandes qu'offrirait à létuds la .ekef de, ni classification systématique, et, cependant, ayant iéte1riér ment frappé de la nécessité de rapprocher, pour ewéclait rer:le sens, les impressions analogues sous le rappotb de la forme et de la nature des idées qu’elles renfermentj:voire commission est unanimement d'avis : 7 .a9henr ___» 1° De n’admettre dans ce vocabulaire que les métsde toute nature formant le-fond de la langue usnefle;-

» 2 De combiner l'ordre puremént alphabétique avéé coordination des mots par famifle tels qu’ils sont rangé dans la 1° édition ä& dictionnaire de l’acadérhie :et-da#s celui de Roquefort, dont nous fimes le dépouillement # pa quelques années: à cet effet tous les mots admis darts ke ” vocabulaire se trouvent placés à l'endroit voulu par l'oftre alphabétique, miais si la famille dans: laquelle: ce mot: doit être groupé ne vient pas immédiatement il sera ‘répété dits le dite-famille, pour. .y rpcevoir son explication à. laquelle on agra soin de renvoyer le lecteur : ainsi, le mot it prudent ‘se trouvera à la lettre 1 suivi de voyez prudent et at dd éttre P'ilisera groapé et expliqué avee prudent , prlonenpimprs ‘deité,-imprudeumpntets. .-: 1t, ml 9410 we Cpéte manière de grouper les mots. par famille n'aura

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lieu qu'autant que la filiation des idées pourra êire fadilement comprise. Lorsque des expressions dérivant/d&-raténés différentes seront de natuteïaà:s6elairer les uns des autres,

soit par leur grande. analogie soit, ,par Je contraste, elles seront réuniés ot exphqueées. concurreroment.. ”

” Si‘én tient siricterhént LI cer incipe, on n'exécutera Pr cipe,

jamais %e dictionnaire. ALT : 16“ s” ' €: «€ PO

-»- ont sobstentif Conte sera, , is avant les mots qui en dérivent, le varbe avant le nom, de l'action etautres dérivés et smsi de:smite; en Rrocdglant du matériel à à l'abstrait, du connu à Finoonau efc.

+wdg£iQhaque mot sera suivi d’un signe abrégé destiné à

en'faire eesinaitre l'espèce grammaticale ; les verbes irréguliers y: setont conjugués sommairement et les formes qui séeartent le plus de l’infinitif seront indiquées là où les appelle Yerdre:alphabhétique, avec.un renvoi à l’infinitif congénère. ‘ »:B® Tont substantif, adjectif ou yerbe etc. sera répété autant de fois qu'il aura d'acceptions différentes utiles à signaler, les homographes prendront des caractères diffcments.

» 6° Un dessin approprié à à la. Ssnidcation du mot y sera ” gpiat-chague fois que la nature de l'idée pourra le permettré. » 7° Le dessin pourra même, avec une sage réserve , être atilisé pour ‘certains mots abstraits en donnant le,qujet d d’une série de phrases dont l'esprit déduira aisément la valeur du mot. donné; ses figures ne seront point réduites sur une étkelle: uniforme, mais le volume de la. chose sera indiquée au brsoin en plaçant à coté; # corps is ou quelqu'u une ke ses parties. .

La réserve qu’ on se prélérit bi détra être bien sage lorsqu'on employera le dessin pour. les mots Abétraits ; ces mots offrent moins de. difiçultés. £a, général qu'on ne se Yimagine, et la vue de l'esprit que ke mot:abstrait <xprie est ordinairement obscuréid "HE ‘lès? moyens

génieux, gt. les savantes combinaisons de mols auxquels a on faire compas au ins

—…— 120 — :‘» 8e En outre, tout“inot sera accompagaé de prépositions ou de courtes phrases très-faciles, offrant un ses complet, propres soit à éclairer la signification, soit à indiquer ke mode et les lois de sa constructiôn la plus habituelle, ainsi que le sens figuré ou métaphorique consacré par l'usage; d’une définition plutôt tlaire que rigoureuse destinée principalement à.familiariser l'élève avec le seul moyen usité pour l'explication des mots dans les vocabulaires ordinaires;

» Parfois même de courtes citations puisées dans .les ouvrages destinés soit à l’enfance, soit à l'imstruction-dù jéuple, tels que l’Ami des enfans, Simon de Nantua etc. |

» Ainsi, dans ce dicdonniee il sera fait, tour à Le usage de toutes les ressources de notre art. L

» Le dessin substitué aux choses pourra LUE ninigh "aussi reproduire le geste. |

» L'induction logique y jouera un grand rôle.

» L'analyse des itlées élémentaires contenues sous vertaines dénominations ;

. » La méthode inverse on synthétique;

» L'analogie des formes matérielles des mots sous lesquels se rangent les augments initiaux et la valeur des finales;

»- Les exemples bien: choisis dans les fxit de ka vi ordinaire ; |

» La synonymie aveé une nie sobriété;

» Enfin les définitions et tous les autres moyens té par la nature même des difficultés qui Poe 8 "offrir aux rédacteurs. LL

… Du ‘classement des mots sous drtines qualités communes, jaillit, presque toujours, une vive lumière sur leur étymologie, c’est tout ce qu'il faut de ee science dans un ouvrage élémentaire. ‘

‘ » L'orthographe sera celle adoptée dans la dernière ék-

‘tion du dictionnaire de l'académie.

» Dèvra-t-on figurer la prononciation des mots? d'entrer dans trop de détails, bornons-nous à ‘la’: figurer quand Porthographe en donne une idée par trop fausse.

» Le livre serait, pour l'économie du papier, divisé en deux colomnes qui, au besoin, se trouveraient occupées toutes les deux par la mème figure.

» D’après le dépouillement du dictionnaire &. Roquefort et quelques autres données, votre commission pense que l'ouvrage devrait contenir de &,000 à 10,000 mots. et 2,000 dessins environ, le tout formant un volume grand in-8° de 400 pages au moins: ainsi çonça et .exéeuté ce serait un travail entièrement neuf; le vocabalaire anglais de M. Wilbur est embelli. d'un grand nombre de gravures, mais il s’en faut de beaycouyp que tous les objets physiques y soient , représentée par le dessin; d’ailleurs cet ouvrage destiné à étendre et à rectifer les connaissances usuelles des enfans doués de la parole, est conçu dans un tout autre esprit. »

Chacun avouera que ces principes sont très-sages. Il ne s'agit plus que de former des vœux pour qu'on les mette. à exécution et J'espère que ce ne seta pas à , cette fois, l’écueil où viendra échouer cette entreprise. Je ne crains qu'une seule chose, c’est que trop de professeurs n'y concourent. Cette entreprise exige de l'unité dans les détails, et à moins qu'il n’y ait une personne où un gamiLé peu nombreux qui revoie, corrige et arrêté la redaction définitive, il sera difficile d'atteindre le ‘but et d'offrir un tout homogène et digne parconséquent de ce qu'on a droit d'attendre: de l'institat de Paris.

L ‘Avant de passer à lee nca des moyens d'exécution nous ferons remarquer que ce plan devra être soumis à la critique des deux conseils lorsqu'il aura, été, préalablement discuté et adopté par la; conférence; car pour une œuvre Aussi importante nous .ne-saurions -gous entourer de trop de ‘lumières.

n L'exécution -nécessite Le concours de. deux sortes. de

= 139 — moyess des uns pour: I& ‘rédaction de' l'ouvrdgé, “les autre pouf sa pubéeatidns 1. 2." D hou

+ Tous‘ les membres dé li'coïiférente doivent-ils prendre” part à la rédaction? La répohée' à "cette question n’ésl pas douteuse; Fexpérience de tous les instituteurs he ‘savrait être suaboidanté; il éértit ‘inême à soùhalter que le Eéhseil de perfoktiénnentiént:-voult bien y préndre une pért directe.

n.Serait-il avanthgeer Lo tons Jes peau ‘À cooÿé rassent. au même: dépré?-

» Une œuvre littéraire doit offrir dans son ensenibte”el ses détails une grande unité; or si 8 où 19 personnes tiennent la plume , ‘le Kvre présentera un 'marquethge dévagréible, plus d’analogie dans les moyens; plus de ressémblänée datis les détails, enfin ‘phas d'unité. possiblé dans La rétiibi de portions hétérogènes. ‘

» ll semble donc indispensale qu’un comité de Héihin soit formé dans le sein dela conférence afin d'élabütét 4 matériw ete les sthettre à.l'approbation de f'astéiilée.

“N'En tkéhe” Hiposéé à à ve comité sera grave et dé Ip CA hékhe, : TA et jéhunrab ee FOUR

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29: Unes' fois cohstitué et est à: souhaiter quo h'ÿ soit pas trop nombreux, ee comité se partagera le travail devra revoir, discuter, arrêter en commun avant dé le sôu-' mettre à l'approbation de tous les professeurs réunis en conférence.

» Un membré du rbmité sera délégué pour surveiller dans tous les détails l'impresgion du vocabulaire.

» Le comité de rédaction précisera les nc à insérer.

» Avant d'entrer dans ces considérations, nous aurions dû vous dire que les procédés d'impression qui méritent la préférence, sont de l'invention de M. Desportes; ils résultent d’une combinaison ingénieuse de l'art typographique avec la lithographie; les échantillons ci-joints vous mettront à méme de juger le mérite de ces procédés. D’après le calcul

de cet habile industriel, Léditionstiréer.à 2000 PRE) reviendrait à... francs, soit … francs Fexemiplaire, dont on pourrait cependant distraire le prix des Dre dde et qui conservent toute leur. valeur.

° . , ‘ ° . . Ps ven . . . 6. 61

» Les choses étant ainsi, il nops est permis de compter sur ‘le concours du conseil d'administration et sur la hante aallicitude du ministre qui souvent a trouvé le moyen de faire face à des dépenses bien plus fortes vue des entreprises MOINS intéressantes. : 2 : ;

re: a S ,;« e. . e a e e 0 CI e + e , © e .. +

» En, conséquence, votre commission conclut à ce qu'il

soit pris les résolutions suivantes: et » L’utilité du Dictionnaire proposé à Ja conférence par un: de ses membres est unanimement reconnue. | CNE

» Le plan de cet ouvrage est adopté tel qu'il a été Le dei par la commission désignée à oet effet, .

» Ce plan sera soumis à l'approbation des deux opnseils,

» Les. vaies et moyens d'exévution seront.également portés à la connaissance du conseil d'administration pour qu'ik.#n:1 soit délibéré. | ;

.» La conférence prendra toutes Jes mesures aécesaires afin d'assurer, autant qu'il est en elle, la prompte noue: de ce projet.

in} » VALADE-GAHEL, rapporteur.

, », M. Monez et M°"e Mori, commaissuires.

» Paris, ce 13 février 1838.

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REVUE

Js viens de recevoir le 18° et le 19° rapports annuels de l'institut des sourds-muets de New-York. J’avais déjà analysé le dernier, qui contient sur l’état de cet établissement des détails remarquables , et j'étais sur le point de faire imprimer mon analyse, lorsque je me suis aperçu que la quatrième circulaire de Paris n’a pas encôre parlé du’ 18%, qui ne s’occupe que de la statistique des sourds-muets et qui est un traité complet de la matière. Je publierai l'analyse dé ces deux rapports dans mon prochain numéro, qui n tardera pas de paraître.

Dans la plupart des pays on a cherché et trouvé le moyens d’instruire les sourds-muets, et on est parvenu à rétablir ces êtres privés d’un sens précieux dans les pré gatives de Phumanité. « Cependant, quelque chose manquait

encore à d'aussi nobles sacrifices, à d’aussi merveileu

bienfaits : le sourd-muet, sorti de son école, bien que rendu | à la société sous beaucoup de rapports, se trouvait pourténl encore isolé et comme dans un désert au milieu de la foule. A moins de se borner à la société de ses condisciples, de ses compagnons d'infortune, comment peut-il, même encore aujourd’hui, s’aventurer dans le monde, si ce monde-nt connaît pas son langage? Si pour s’en faire entendre, il do sans cesse avoir recours aux caractères alphabétiques? Dans combien de circonstances l'intelligence de ‘ta langue sourd” muette plus généralement répandue, ne serait-elle pas utile au malheureux qui doit y avoir recours? C'est pour remplir cite lacune, que des habitants de cette ville se. sont engagés à se mettre en communication avec des sourds-muets ; À

apprendre leur langage. leurs signes, et à propager de tout leur pouvoir les principes admis dans les institutions, dont l'abbé De L'Érée et après lui l'abbé Sicann ont été les heureux fondateurs..— Nous espérons que cet exemple aura des imitateurs dans notre belle patrie; en qualité de Belges, nous nous féliciterons de bien bon cœur d’avoir pris l'initiative à cet égard , surtout si nos succès répondent à nos-efforts et à nos bonnes intentions. »

Ainsi & exprime le prospectus d’une société qui s’est établie le 1 janvier 1835 à l'Æofken Meir, à Anvers, et qui a daigné me nommer membre correspondant. J'ai cru utile de publier le réglement de cette association, qui pourrait rendre de bons services et dont les membres sont animés. dù désir le plus sincère” d’être utiles à une classe très-nombreuse d’infortuñés. Il y a de l'avenir dans cette institution, elle ne fait pas encore tout le bien qu’elle pourrait produire, mais l'idée en est féconde et elle se développera.

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