‹ Le sourd-muet et l'aveugleChapitre 68 sur 128 · VII. FONDRS · texte numérisé non relu

VII. FONDRS

Montant des fonds, janvier, 1887 . . . , . Liv. at, 5846- 6- 5 Mali de cette année. . . . ,, 0. 0° + + O9- 2-11

Montant des fonds, janvier, 1858 . . . . . Liv. st. 5607- 5- 4

Les direeteurs de cette année ont rempli les vœux de leurs prédécesseurs, en faisant faire le portrait du trésorier de l’asyle, M. Alston ‘qui a été mie dans une des salles de l'ipstitot. Ce portrait, un œuvre remarquable de l'art, témoigne de la reconnaissance du public envers M. Alston. Les ten des soins, la sollicitude paternelle de M. Alston méritaiont ce témeigaage de la part de ss conciloyons.

On.a vu par le rapport qu'il y a actuellement 64 aveugles dans l'asyle, Ï1 y a place pour un plus grand nombre , mais avant de pouvoir en admettre encore, les directeurs prennent la liberté de solliciter la faveur du publie pour l'achat des artictes déjà farbriqués. Ce serait un erreur de croire que lesarticles sont mis à un prix plusélevé qu'ailleurs; nous concourrons loyai lement avec les autres fabricants et nous les offrons au public au même prix et d’une aussi bonne qualité qu'eux. Chacun peut donc centribuer au soutien de cette philanthropique institution sans nuire à ses propres intérêts.

BELISAR OBER UBER BLINDE UND BLINDEN-ANSTALTEN. VON AUGUST ZBUNE, GRUNDER UND VORSTEBER DER BERLINEN BLINDEN-ANSTALT.

(Bélisaire ow les aveugles et les instituts pour leur du. cation, par Auguste Zeune, fondateur et directeur de l'institut des aveugles. Berlin, 1833.) |

La première partie de cet ouvrage parut en 1808, la seconde en 1817, et l'auteur publia ces ouvrages ensemhle en 1821. Ceci en est une autre édition. 11 débute par quelques remarques sur les causes de la cévité. Il fait observer surtout le danger d'exposer les nouveanx-nés trop subitement à la jumière. Les animaux mettent bas leurs petits dans des lieux obsours, dit-il, ou s’ils sont exposés à être troublés par les hommes ou à être forcés de transporter leurs petits, la prévoyante nature leur a accordé une pellicule qui consærve l'œil. Fort peu, comparativement, naissent aveugles, plusieurs le deviennent par suite de la rougeole et de la fièvre scarlatine ; on ne saurait alors avoir trop de soin pour leur ménager l'éclat de la lumière.

Dans les remarques sur les aveugles, il rapporte que le savant voyageur Alexandre Von Humboldt lui a assuré que dans l'Amérique du sud, les hommes de couleur, les nègres et les hommes cuivrés, sont moins sujets à la cécité que les blanres. D. Von Wolmar assurè queen Afrique, il y a cinq fois plug d'aveugles parmi les blancs que parmi les nègres, Il croit qu'il y a en Égypte,entre les 20 et 50 dégrés de latitude ,un aveugle sur 100 personmes, Le rapport au Japon, entre le 50 et de A0me dégré, est de 1 sur 500. Dans l’Europe , entre le 40 et 50m, ce rapport est de 1 sur 800. En Danémarok ot en Norwège ,.du 50 au 70me dégré de latitude, il est de 4 sur 1000.

…, On m'a demandé souvent, dit l'auteur, si les aveugles-nés avaient moins de capacité que ceux qui l’étaient devenu après avoir joui de la rue: et il

sépond qu'il est impossible de donner une règle générale, Sans donte , les #econds ont pu acquérir un trésor de connaissances par la vue, mais il est grai aussi, que la vue n'éveille pas toujours l'intelligence endormie. Voici pependant ce qui est d’une application assez générale ; lorsque les enfants, gui sont devenus aveugles dans leur tendre enfance, sont négligés par Jeurs parents, comme il arrive malheureusement très-souvent, ils restent atapides et perdent toute activité corporelle et intellectuelle; il faut les exercer et on est loin de leur faire du bien en faisant pour eux ce que, par ya-peu d'habitude, ils pourraient faire eux-mêmes. Il remarque aussi que oeux qui ont un point de vuc et qu’il appelle les demi-aveugles, négligent souvent d'exercer la vue de leurs dix yeux (leurs doigts), et leur pou de vue, an lieu de leur’ être utile, nuit. à l'goquisition de l’adrese péoessaire, 2

L'auteur se propose ensuite une foule de questions curieuses, comme celles-ci : Les aveugles peuvent-ils distinguer les couleurs? et il ne le croit pas. Les aveugles ont-ils des vertiges en tournoyant, et il l’assure. Les aveugles ont-ils des songes, et il dit que ceux qui le nient sont dans l'erreur ils songent qu'ils jouent, qu'ils courent, qu'ils mangent etc. ils distinguent les objets mais ont l’idée cependant de leur cécité.

,. Vient ensuite une histoire de l'instruction des aveugles et une descripkion de l'institut de Berlin, M. Haüy, en passant par Berlin avec sa femme, son flset son disciple, Alexandre Fournier, pour aller à St-Pétersbourg afin dy établir un institut d’aveugles, jeta les fondements de celui de Berlin. Cet énstitut contient des internes et des externes et peut en contenir 36, Le peurs est de Ë ans; on n’admet que de 9 à 16 ans, et seulement ceux qui sont sains de corps et d'esprit et qui sont pauvres. :

Voici l'ordre de la maison. Les aveugles se lèvent en été à 6 heures ét en hiver à 7 heures, Il y a de 8 à 12 instruction, vient ensuite le diuer et la récréation, et de 2 à 5 heures il y a encore instruction. Après cela la récréation et des heures de travail, à 7 heures le souper et ils vont se coucher à 10 heures. On entend par instruction, 1° l’apprentissige d'un métier, 2 la musique et enfin l'enseignement primaire. © Tous les métiers ne conviennent pas aux aveugles.

Le tricot est une des occupations les plus utiles, Le filet est plus facile encore. ;

Faire des lacets, des franges , filer, coudre sont des occupations plus où Pioiss utiles, | ”Tresser des souliers, faire des sangles sont des métiers auxquels on peut des occuper avec utilité. ,

La vannerie et l'empaillage des chaises ainsique faire des nattes sont des ftats tout-à-fait à la portée des aveugles de l’un et l’autre sexe.

Les élèves y apprennent aussi à lire, à écrire et à calculer. On leur âonne des notions de géométrie et une connaissance plus approfondie dé

2e séographie. On leur montre l'histoire naturelle qui se rattache si neturellement à la géographie. L'histoire leur est enseignée par des lectureé, la grammaire pour la plupart des élèves se borne à celle de là langue alle. mande, car, dit-1l, d’après le poëte Caniz, « un Allemand est asses savant, Lorsqu'il comprend sa langue.» Ceux qui présentent des dispositions particus Bières ont aussi l’occasion d'apprendre des langues anciennes et modernes La religion leur est également enscignée, mais nous noùs souvenons totè jours, dit-il, que l'essence du protestantisme consiste à protestæ contre toute autorité en matière de religion; au:si, dit-il, mon institut, sous ce rapport, est unc petile république que le président conserve en ordre, plutôt qu'il ne la régit.

L'auteur a joint à son petit ouvrage des articles de différents auteurs.

Le premier est un cxirait de la lettre sur les aveugles par Diderot. Le second et le troisième sort des articles pris dans les Philosophical transacfions de 1729 et 1774, touchant la cure de deux aveugles. La dernière est surtout intéressante. C'était en présence de toute sa famille et du ministre de l'endroit que l'opération de la cataracte fut faite, aussitut après, la vue ayant été rétablie, le jeune Grant observa d’abord avec étonnement le chi rurgien qui se trouvait devant lui, le toisa de la tête aux piedset sembla le comparer à lui-même. On avait exigé que tous ceux qui furent présents, resteraient tranquilles, mais la mère ne pouvant plus retenir ses sensations, l’embrassa en s’écriant: Mon fils! mon fils! L'enfant recone naissant la voix de sa mère, ne pût exprimer que ces mots: « O mon Dieu! êtes-vous ma mère! » et il s'évanouit. La société entière éclata en pleure et tâcha de le rappeler à lui. Eafin,le jeune Grant revint à luiet dit: «Que m'a-t-oh fait? où m'a-t-on conduit? est-ce que c’est ce dont on m'a souvent parlé? est-ce là voir? êtes-vous toujours assez heureux pour vous voir les uns les autres. » Tout ce qu'il rencontra lui faisait peur. — Il demanda combien on pouvait voir? Le cinquième article contient des remarques d’un Américain sur les aveugles en Espagne.

La plupart des mendiants, à Madrid, sont aveugles. Ils vendent des chansons et des No de loterie. Ils se font distinguer des autres mendiants per leur propreté et ne se couvrent pas de lambeaux pour exciter la pitié, Ils marchent très-vite par les rues.

Dans les provinces du milieu de l'Espagne, la cécité ne se trouve pas seulement dans la basse classe, mais on voit journellement sur le Pasée des aveugles de la haute classe, se promenant appuyés sur le bras d'un ami. J'attribue cela, dit-il, à Ja chaleur du soleil et à la nudité du pays. Un auteur l’attribue encore aux fréquentes saignées; aujourd'hui comme aux temps du docteur Sangrado, les saignées font fureur, ainsi que l'atteste la masse de barbiers qui se trouvent dans les rues, tout prêts à vous saigner. Il n'est pas rare d'entendre dire; Pierre se trouvait hier un pou mal, mais après quatre ou cinq saignées il s’est tout-à-fait remis,

- Lea dernier article eontient quelqnes renseignements sur la cécité. em Égypte. Je trouve, dit le docteur Wolmar que, dans l'Égypte et la Mauritanie, les aveugles sont plus communs entre les blancs, qu'entre Îles noirs, et que, sur 100 personnes, il y aau moins 1 aveugle. Volney, dans son voyage en Syrie et en Égypte, dit que dans les rues du Caire, sur 100 personnes qu'on rencontre, il y a 20 aveugles, 10 borgnes et #0 avoc des maladies des yeur. Wolmar attribue cela à l’ardeur du soleil, ainsi qu'à l'opium qu'ils mâchent,

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