TOTAL
Les revenus de cette maison sont assez considérables, Les paroisses ou les amis des élèves ont payé, en 1836,
pour leur entretien . . . , . . Liv.st, 616-13- 4 Divers débiteurs ont payé . . ., . . . . . 67-13- 8 On a vendu des produits de la maison pour 1767-18-11 Divers legs ont produit, , . . , . . . . . 1032-10- 0 Dons et souscriptions . . , . . . . . . . 1184- 6- 0 Intérêts de sommes déposées, , . , . . . 81-11- 2 Reçu pour habillements fournis aux élèves 249- 0- 6 Reçu de la vente de livres d’hymnes , . . 9-16- 0 Trouvé dans les boîtes, , . . . . +. 05-12-35 En mains du trésorier d’après le dernier
rapport. ... +. + + «+ 65- 1-1 Item de cette année . . , . . . . . . . . (613-18- 5 Bénéfices produits par la chapelle avec le
boni de l’année passée, . . , . , . . . 2334. O- 4
Torar des revenus de la maison. L, st. 7947-19- 9
ou près de 200,000 francs, et les dé-
penses pour ceile même année montaient 2 : ie . Liv.st. 5232-03-10 c'est-à-dire à plus 4 130, 1000 francs,
Les bâtiments placés dans un des plus beaux quartiers de la ville ont été faits pour cette destination. Ils sont larges et bien aérés,
Le second établissement formé pour les aveugles fut celui d'Édimbourg. Le célèbre D' Blacklock, qui résida pendant longtemps dans cette ville , avait souvent formé des vœux pour l'érection d’une institution pour l’instruction des personnes qui, comme lui, avaient été privées de Ja vue.
H communiqua ses vues à son ami M. David Miller, inslituteur de cette ville et aveugle de naissance. M. Miller fut un exemple frappant de l'influence que peut exercer une Jjudicieuse instruction qu’on commence de bonne heure. Après la mort du D° Blacklock M. Miller se concerta avec le révérend D° David Johnston de Leith (nord), dont il avait eu l’occasion d'apprécier le caractère plein d’active bienveillance. Le digne Johnston résolut bienlôt de réaliser l’idée philantropique de son ami. On mit donc cet objet sous les yeux du public, afin de l’y intéresser, M. Miller écrivit aussi à - M. Haüy pour prendre des informations, et en reçut une lettre très-polie accompagnée d’un exemplaire de son Essai sur l'éducation des aveugles.
Immédiatement après, une assemblée eut lieu sous les auspices de Guillaume Forbes, Bart. entre quelques amis et il fut résolu qu’un asyle serait érigé aussitôt que les fonds le permettraient, et dès le 20 décembre 1792, ils montaient déjà à près de L. 700. On convint encore et M. Johnston ful nommé secrétaire; la maison s'ouvrit le 25 septembre 1793, et neuf aveugles y furent admis. |
M. Miller continua à donner ses soins aux aveugles et rendit d'importants services à la naissante institution. H s'attacha surtout à enseigner différents ouvrages manuels aux filles, mais il ne lui fut pas permis de vivre assez longtemps pour voir l'établissement séparé que le secrétaire actuel M. Robert Johnston a fondé pour les filles.
Le docteur Henry Moyes, aveugle et profésseur, donna alors des leçons de philosophie de l’histoire naturelle et annonça une séance publique, en faveur des aveugles, qui attira une foule de personnes des.
plus marquantes de la ville, ce qui augmenta notablement les fonds dont la direction disposait déjà, et lui permit d'acheter un local en 1806, elle en acheta un autre dans la méme rue, en 18922.
Le but principal des fondateurs de l'institution fut d'enseigner aux aveugles un métier afin qu'ils pussent se soutenir , s’il était possible , par leur propre industrie.
Au commencement, la maison était un asyle et ceux qui, en entrant, donnèrent quinze livres sterl., eurent droit pour toute la vie, à tous les avantages et tous les privilèges de l'établissement; mais l'insuffisance des fonds n'ayant pas permis de continuer l'admission de nouveaux élèves, la constitution primitive subit un changement. Par ce qu'on appelle le nouveau systême , l'asyle s’adjoignit une école pour les jeunes aveugles qui n’y restent qu'un certain nombre d'années et dont la pension est à la charge des paroisses ou de leurs amis. Après trois années d'apprentissage ces élèves reçoivent tout ce qu’ils gagnent ce qui , en diminuant la charge de leurs bienfaiteurs , est un puissant encouragement pour ces infortunés eux-mêmes et fait croître en eux le désir de se rendre tout-à-fait indépeudants par leur travail.
Tandis que le D'Johnston , qui dirigea principalement l'asyle jusqu’au jour de sa mort, et les autres membres du conseil, soignèrent l'éducation industrielle des élèves, ils ne négligèrent nullement leur éducation morale et intellectuelle. Depuis l'ouverture de la maison l’instruction religieuse avait toujours fixé l'attention des directeurs et fut l'objet de tous leurs soins.
Pendant l’année 1820, le cours d'instruction commença à s'étendre à d'autres branches des connaissançes utiles. C'est surtout aux soins de M, Robert
Johnsion, le secrétaire actuel, que l'institution est redevable de la position brillante dans la quelle elle se trouve. Depuis la mort de son oncle le D' Johnston, il n’a cessé de surveiller les intérêts des aveugles avec un zèle infatigable, inventant ce qui pouvait éclairer leur esprit et augment:r Jeur bonheur: aussi il les regarde comme ses enfants plutôt que comme des personnes qui dépendent de la charité publique.
Une maison avait été établie séparément à Sciennes, pour le logement et l'entretien des jeunes aveugles, mais des considérations pécuniair:s forcérent la direction de l’abandonner en 1832. On était cependant revenu, lors de ma visite à cet établissement, à ce projet et les apprèts pour l'admission de 16 élèves à loger dans la maison étaient déjà très-avancés. Il faut remarquer . pour comprendre ce qui précède, que les aveugles ne sont pas logés dans l’asyle, ils demeurent la plupart dans le voisinage de l'établissement; bon nombre sont mariés et ont une famille, et le bien que produit l'asyle s'étend ainsi à plus de 250 personnes, femmes et enfants.
Au mois d'octobre les aveugles ont l’habitude d'acheter leurs provisions de pommes de terre et de charbons pour toute l'hiver. Ce sont les aveugles eux-mêmes qui discutent ce marché et avec toute la prudence des clairvoyants, le marché conclu est renvoyé au secrétaire qui garantit le payement. Cet arrangement leur garantit la meilleure marchandise aux plus bas prix. Alors chacun demande de la masse, qu'on a ainsi acheté ce qu'exige la consommation de son ménage. Dés le mois d'octobre les aveugles déposent, chaque semaine däris les mains du trésorier qu'ils ont choisi parmi leurs confrères, la pelite somme de six pences ou d’un
shilling, selon la quantité qu'ils ont reçue. Ces petites sommes sont déposées dans une caisse d'épargnes jusqu'à ce qu'elles montent à dix livres sterl., alors le trésorier les verse entre les mains du secrétaire qui ‘lui donne pour sa décharge un reçu. C'est-là, comme on voit, leur inspirer des habitudes de prévoyance et former leur morale en soignant leur physique. Rien ne doit étre negligé dans l'éducation des aveugles de ce qui peut aider à leur donner des idées d'ordre. On ‘a par exemple, changé le jour de payement des gages, qui ne se fait plus depuis quelques années que Île lundi soir et on est parvenu par-là à prevénir plusieurs abus. où
Les aveugles commencent leur travail, du 15 mars au 15 octobre, dés 6 heures du matin; les autres mois à 8 heures. Il y a tous les jours un temps de prière, matin et soir, qui ne peut pas se prolonger au-delà d’une demie-heure. Les samedis après-midi et les lundis matin on leur donne l'instruction religieuse. Tous les aveugles sont obligés d'assister à ees exercices, et une absence non motivée ou une tenue indécente pendant ce temps, si on ne se eorrige pas, suffit pour être renvoyé. On leur accorde une heure pour aller prendre leur déjeuner et une heure pour diner; en hiver ils doivent apporier leur déjeuner, au lieu de l'aller prendre à leur demeure.
Si l'on arrive trop tard, on subit une pénitence proporlionnée au temps et aux rechütes; si l'on est paresseux, si l'on emploie son temps à causer, si l’on gâte ou si l’on détruit ses matériaux, on subit une réduction de gages et si l’on ne se corrige pas, on est renvoyé.
Leur conduite morale est sérieusement surveillée et les fautes sévèrement reprimandées ou punies de renvoi.