SCÈNE PREMIÈRE
BERTHE, senie; puis ÉVERARD et GABRIELLE.
Berthe arrive à pas lents par le fond. Elle semble préoccupée et soucieuse. Elle s'approche de la porte-fenêtre & droite, et regarde d'un air inquiet à travers le vitrage. Gabrielle parait donnant le bras à Éverard. L'orchestre joue une mazourke.
ÉVERARD
Pour nous autres marins surtout, ces joies sont si rares!... Ces souvenirs ont tant de prix I
GARRIELLE, toujours souriante et distraita.
Vraiment?
ÉVERARD
Ceux que me laissera cette fête ne s'effaceront jamais,
1. Cet acte peut se jouer A 1a rigueur dans le même décor que celui de l'acte précédent
GABBIELLB.
Vous croyez?
ÉVEBARB.
Ils me suivront comme une douce vision dans les climats lointains.
GABRIELLE
Oh ! la bonne plaisanterie ! (A Berthe, que leur arriTée tire de sa
rêverie, et qui rient à eux.) C'est vous, ma chère. .. dans cette solitude?...
BERTHE
Oui... je suis venue chercher un peu d'air frais par ici... Quelle jolie toilette vous avez, ma chère !
GABRIELLE
Vous trouvez ?
BERTHE
Oh!... c'est délicieux... d'un goût!...
GABRIELLE
Mon Dieu, c'est une toilette de campagne... mais enfin, c'est assez gentil... cela m'a donné une peine, ma chère!... Car je puis dire que c'est moi qui l'ai inventée... Cette Lambert, avec toute sa réputation, fait des fautes à tout instant... Croiriez-vous qu'elle voulait me mettre des plumes là-dessus? Une garniture de plumes!... «Mais des plumes, ma pauvre Lambert, lui ai-je dit, des plumes là-dessus, c'est une pure folie... » Enfin, voyez-vous cette robe-là avec des plumes, vous?