ACTE DEUXIÈME
SAYIGNT.
Excusez-moi si je juge cette confidence, de vous à moi, trop aéiicale.
BLANCUE»
De vous à moi?... Mais quoi donc?... (EUe le regarde avec (les
yeux étonnés.) Il faut qu'il y ait ici quelque méprise, quelque malentendu... Ah çà! est-ce que par hasard?... (Eiie rit.) Ohl non... Voyons, monsieur de Savigiiy, à qui supposez-vous donc que ces lettres s'adressent?...
SAVIGNT.
A personne... Je suis convaincu qu'il s'agit d'un pur roman, et que le nom du héros reste en blanc. Mais...
BLANCHE
Ahl décidément... pour mon honneur, et pour votre repos, monsieur... il faut donc que je vous le nomme, ce héros... car je commence à entrevoir l'idée vraiment fantastique qui vous a traversé l'esprit... Ah! mon Dieu! mais à qui se fier, alors?... (EUe rit derrière son éventail.) Comment! monsicur de Savigny!
s A VIGNY, an peu décontenancé»
Mais vous vous trompez... je vous supplie de croire que la discrétion seule...
BLANCHE
Non... non... pardon! je Suis fâchée d'abuser de vos instants... mais je ne puis rester sous le coup de vos élrarges soupçons... Vous saurez tout... tout... même le nom... trèssérieusement, je le veux!... (iVebeitre Jood le prélude d'une vulte.)
A.ussitôt après cette valse, je vous attendrai là, sur k. -errasse... et vous saurez tout, puisqu'il le faut... Ah! mou
Dieu!... (Elle ritel se lève.)
l'amiral, se levant de son côté.
Il faut pourtant que je m'arraciie au charme... (n salue Berthe.)
DLANCHE.
Votre bras, amiral, voulez-vous? je danse cette valse, et je
suis en retard... (EUe prend le bras de l'amiral; à Berthe.) Eh bien,
tu avais raison, toi : il est quelquefois amusant, ton mari..
excessivement amusant!... (EUe rit, et son à gaucUo avec l'amiral.)