‹ Le sphinx; drameChapitre 60 sur 68 · BERTHE, L'AMIRAL · texte numérisé non relu

BERTHE, L'AMIRAL

l'amiral.

Eh bien, entre nous, je ne suis pas fâché qu'il s'en aille.

BERTHE, qui s'est remise, avec effort.

Oh! amiral... pourquoi?

l'amiral.

Eh! mon Dieu! à cause de ma bello-fille... Je vous avoue qu'il m'avait paru un peu assidu auprès d'elle, et qu'ellemême... enfin, j'avais conçu des inquiétudes... Il est vrai que, depuis quelque temps, l'attitude de Blanche avec lui était devenue beaucoup meilleure... C'est encore à vous que je dois cela, chère madame, j'en suis convaincu.

BERTHE, douce et triste.

Vous me faites beaucoup trop d'honneur, je vous assure.

l'amiral.

Et à qui pourrais-je attribuer l'heureux changement qui s'est fait en elle depuis votre arrivée, si ce n'est à vous, à vos bons conseils, à votre exemple?

BERTHE

Elle est un peu changée, en effet.

l'amiral.

Oh! mais étonnamment... elle n'est plus en l'air comme elle était, toujours avide de mouvement et de dissipation... elle se partage tranquillement entre sa famille et quelques amis... Eh bien, sérieusement... il était temps !... elle abusait beaucoup delà liberté que je lui donnais... Mon Dieu... vous connaissez mes raisons... Mon fils... tête un peu folle aussi, l'avait assez mal dirigée... il lui avait laissé prendre des goûts que je n'ai pas voulu contrarier brusquement... mais je l'avais prévenue... je lui avais dit : « Ma chère enfant, amusez-vous, mais ne touchez pas à l'honneur de mon nom... » (Avec force.) Rappelcz-vous bien que, dans ma famille comme à mon bord, je suis grand justicier! » Enfin, Dieu merci, des jours meilleurs sont venus.

BERTHE, qui s'est levée.

Mais oui, Dieu merci, amiral... car vous me faites peur.

L AMIRAL, lui prenant la main paternellement.

Ah ! chère enfant l

BERTHE

Et où avez-vous laissé Blanche et mon mari, amiral?

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