‹ Le Sphinx: journal des échecsChapitre 104 sur 259 · A BON ENTENDEUR. SALUT · texte numérisé non relu

A BON ENTENDEUR. SALUT

— Quelles piaisanteries t

Demandait le trop spirituel rapporteur» eo acbevint de lire la dédaration contenue dans le dernier numéro du Sphinx*

Il est vrai que les plaisanteries auxquelles j'ai fait allusion sont tellement fines que, si l'on n'est déjà inilié, on peut avoir quelque peine à les découvrir.

Cependant, de la part du trop spirituel rapporteur, la question est surprenante.

Est-ce que par aventure il aurait fait de l'esprit à la manière de M. Jourdain, sans s'en douter ?

Alors, je vais être plus explicite.

Je n'ai pas sous les yeux votre fameux rapport, M. Lequesne ; ce rapport qui sera le morceau le plus célèbre de la célèbre rédaction du Palamède peu français. Mais n'avez-vous pas dit, h propos du concurrent auquel vous attribuez la dtvise • Chacun salue avec le chapeau qu'il a • : c Si l'auteur porte un diadème, il saluera comme UD homme couronné. »

Et vous n'appelez pas cela une plaisanterie 1 Pourtant, quelle allusion mordante! Pour la rendre plus claire, vous avez soin de souligner le dernier mot. Vous prenez un jeu barbare à faire luire aux yeux de votre victime une couronne et à lui ravir aussitôt Tespérance. Je vois d'ici votre air sardonique en faisant cette supposition de diadème, si fantastique et si piquante.

Eh bien I la facétie était encore beaucoup plus drôle que vous ne pensiez ; car elle s'est trouvée, par le plus grand des hasards, être Qoe vérité, ou à bien peu de chose près.

Figurez-vous que l'auteur que vous raillez avec tant de grâce porte réellement, non pas tout à fait un diadème, mais un nom illustre caché sous un modeste pseudonyme et une couronne de prince, ce qui a bien aussi son charme, et il vous salue comme un homme couronné qu'il est.

Ceci est le côté plaisant de la chose ; voici maintenant le côté irrégulier.

L'envoi de ce compositeur avait pour devise: Tibi dabo quod habeo» Chacun salue avec 1$ chapeau qu'il a. La phrase française complétait ainsi très-heureusement la phrase latine ; mais vous avez JQgé à propos de supprimer cette dernière. Était-ce donc pour trouver le placement de votre mot ? La devise, dans son ensemble, était spirituelle ; vous l'avez faite vulgaire, ou au moins insignifiante, en en retranchant la moitié.

Gomment se fait-il donc que vous vous permettiez de mutiler une devise ?

Si maintenant vous êtes curieux de savoir comment je connais ces détails, je puis voos dire, sous le sceau du secret, qu'ils m'ont été communiqués par le prince-concurrent lui-même. C'est donc en parfaite connaissance de cause que je disais dernièrement de certaines de vos plaisanteries, qu'elles avaient été médiocrement goûtées par ceux à qui elles s'adressent.

Ah 1 j'ai bien reçu d'antres confidences.

Il y a dans votre célèbre comité un tout petit bonhomme, votre complice : petit de taille, de nom, de mérite ; mais fort engoué de sa petite personne, enivré de sa petite importance, bouffi d'un amourpropre extravagant , affublé de prétentions poussées jusqu'au délire .

A quelqu'un qui lui témoignait sa surprise et son désappointenaent au sujet de la décision qui a été prise, ce petit personnage a répondu: < Eh ! que nous importe si l'on trouve que nous avons bien on mal 1 jugé. C'est noire goût, on ne peut nous le contester, et personne » n'a rien à dire, â

Un compositeur étranger qui a eu connaissance de cette réponse leste, a écrit, avec beaucoup de sens, que même en fait de goût, il y a des limites qu'il n*est jamais permis de dépasser.

Il est certain qu'on a vu des gens avoir des goûts fort malpropres. Heureusement qu'on n'est pas obligé de les partager.

D'autres compositeurs ne reconnaissent pas le moins du monde la justesse de vos appréciations sur leurs problèmes, et ils me les renvoient» comme vous pouvez vous en convaincre plus loin, pour en rappeler de votre décision. Je leur promets ici que leurs réclamations seront examinées avec le soin qu'elles méritent.

D'autres encore ont été choqués de vos airs un peu cavaliers, de votre ton qu'ils qualifient d'inso....lite, et des leçons que vous prétendez leur donner.

Je crois, Dieu me pardonne ! que vous rappelez à quelques-uns d'entre eux la légalité, vous !

Comment I n'y en a-t-il pas un autre que vous déclarez exclu du concours, parce qu'il a, par inexpérience, signé son envoi, et que l'intégrité des examinateurs ne peut pas être suspectée !!!

Voilà un rigorisme un peu bien outré de la part d'un juge qui tripote avec le concurrent à qui il est décidé d'avance à donner le prix, les problèmes de son envoi.

JOURNAL DIS ÉCHIC8 f17

Mais vous voua dites sans doute» monsieur le rapporteur trop spi* rituel et trop peu conscieucieux, qu'on ne peut pas vous convaincre d'avoir trempé dans ces tricheries et qu'il n'existe aucune preuve contre vous.

Eb bien ! c'est ce qui vous trompe.

Je vous mets au défi de faire à la question que je vais vous poser une réponse qui ne soit pas votre propre condamnation.

Vous ne vous gênez guère, dans votre rapport, pour dire à plusieurs concurrents : tel ou tels de vos problèmes est on sont faux ; et, en cela, vous avez raison, puisque vous en rendez compte.

Mais pourquoi n'avez-vous pas agi de même avec M. Lamou-

fOQXt

Ce concurrent avait envoyé neuf problèmes. Deux ont été démolie dans l'examen, deux autres après le jugement. Un de ces derniers est resté et reste faux, ce qui fait bien k notre compte : quatre problèmes faux sur neuf.

Or, pourquoi, lorsque vous deviez juger sur l'ensemble, passezvous sous silence trois problèmes faux de cet envoi ?

Pour ;uoi9 en ayant reçu neuf, n'en accusez-vous que six ?

Pourquoi !

Efa, pardieu ! parce que vous le favorisiez.

Je fais la réponse pour vous, car il n'y en a pas d'autre possible. Il n'y a pas moyen de sortir de là, mon bonhomme. Vous êtes pris.

Et par ce seul fait, votre rapport est menteur, et votre jugement inique.

Vous ne viendrez pas dire que M. Lamouroux a retiré trois problèmes avant l'époque fixée comme dernier délai des envois ; car je vous répondrais que ses deux premiers problèmes démolis ont été reconnus faux, dans la période d'examen, non par M. Lamouroux (qui, soit dit entre parenthèses, n'a pas un bien joli rôle dans cette affaire) mais par M. Duclos, chargé de tout ce travail; et, au befioin, je vous mettrais sous les yeux les notes de M. Duclos qui rendent compte des problèmes numéros 7, 8 et 9 de l'envoi u Bonne chance. >

Si (pour prévenir vos objectiocs jusqu'à l'impossible), vous alléguiez que vous n'avez pas connu cei notes , il me serait bien facile de vous prouver que c'est avec elles que vous avez fait votre rapport, dans lequel je les trouve copiées à peu près textuellement, à l'exception de celles qui concernent votre protégé. Je remarque, par

^9 LB SPHIMX

exemple » que vous avez transcrit ces phrases relatives à l*envoi « Allez, enfants ! > de M. Conrad Bayer : c II faut avoir cherché ces 1 problèmes pour en apprécier toute la beauté. H est dilBcile de > réunir avec plus de bonheur la finesse à rélégance, j'avoue même » que j'ai failli renoncer à trouver quelques-unes des solutions, i

Et cet autre passage : c Plus ils résistaient à mes efforts et plus je • m'entêtais à leur trouver une imperfection, mais rieni rien!! pas 9 même un double coup. »

Eh bien 1 s*il faut avoir cherché ces problèmes pour les apprécier, il faut que vous ayiez un rude aplomb, pour copier des notes pareilles et vous attribuer le mérite de recherches que tous n'avez pas faites.

Laissez donc au moins à ce jeune homme la part légitime qui lui revient de son travail honnête et consciencieux.

C'est étonnant avec quelle facilité certaines nouvelles se propagent, surtout celles qu'on prétend envelopper d'un mystère impénétrable.

Voilà M. Conrad Bayer, Tun des concurrents les plus intéressés assurément dans ce concours, qui demeure à Olmûtz, aux frontières * de la Hongrie, et qui est mis au courant, l'un des premiers, de ce qui se passe.

Une missive mystérieuse, un sylphe peut-être ou un oiseau voyageur,ou bien encore un lioîlandaiSf lui transmet, non pas seulement les détails les plus circonstanciés, mais une épreuve du Palamède qui lui montre imprimés vifs quelques-uns des problèmes qui viennent d'être couronnés du premier prix et parmi lesquels il en découvre facilement deux faux.

Puis, quelques jours écoulés, lui arrive le numéro de septembre, et il constate, pièces en main, que les positions ont été dénaturées

dansTintervalle-

Les changements sont tels, qu'il n'est pas possible de les attribuer à des fautes typographiques : ils trahissent évidemment un travail de reconstruction.

Et M. Conrad Bayer écrit aussitôt qu'il se retire du concours, ne voulant accepter ni un pareil jugement, ni de pareils juges.

Que va faire le Palamède avec ses deux prix sur les bras ? L'un qu*il est forcé de retirer, l'autre qui est dédaigné. P. J,

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PROBLÈMÏS TAEIÊS ET ÉTUDES D'ÉCHECS

M* 18. — Problème Uferie compoaipkr H. Coond Baytr.

Les Blancs se foui Taire mal en sii coups.

N* <*. — ProbUme inveise composa pir H, Stlenoon di Mimn. IMdi<> à ■. Elias de Honiaio.

L«i Blancs le hml fair« mat ta foinie eoDpi.

PROBLÈMES ORDINAIRES

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