VI. ^ith
i. C. 7 F D; F. 5 D (A) (B). 2 T. 3 R, échec ; F pp. T. 3 CD. 3 F, échec; R. 5 D. 4 CR pp P, mat.
(A) 1. Tpp. C. 2 P. 7 T; F pp. PO). 3 F. 5FD;
T, F ou C pp. F. 4 C. 2 FR bu 3 FD, mat.
(I) 2. C. 5 D. 3 P fait D, échec; T ou C couvpe. 4
C, mat.
(B) 4 . P. CB. 2 C. 2 CD ; C. 5 D. 3 F, échec et
mat le coup suivant.
Le Directeur-Propriétaire : P. JOURNOUD.
Paris. — Imp. VallÉ£, 15, rue Breda.
N* S. 15 HM 1 «M. t'* An«ée.
LETTRES D'UN Amateur
Mon cher Monsieur,
Je lis dans la livraison de février du Palamide, que vous dirigiez alors à ira grande satisfaction : « En AUemagno, la commission du dernier concours de problèmes vient de décerner les prix. Une modification importante avait été introduite dans les conditions du programme. Au lieu de juger Tensemble de chaque envoi, on a examiné chaque problème isolément, et les différents prix ont été affectés aux meilleures compositions, suivant le degré de leur mérite. C'est là une innovation sur laquelle nous n'avons pas à nous prononcer, mais qui, néanmoins, mérite d'être exaloinée sérieusement, i
Permett«K-mQÎ donc d'entrer dans cet examen et de vous dire mon avis, humblement peut-être, mais noa tiaiidement, car il me semble fort que j'ai raison, et, sans traiter de polissons ceux qui ne penseront pas comme moi. Je suis porté à croire qu'ils ont Tesprit faux. Vous voyez que je suis en bonne voie pour faire de la polémique.
Je voudrais prouver que le comité allemand a heureusement innové; que les chances de progrès par les concours de problèmes se trouvent accrues si l'on juge chaque production isolément.
D'abord — question préalable — la science des échecs a-t-elle i gagner à ces luttes? C'est demander si composer un problème ou en chercher la solution habitue à déconyrir ou à constater le danger ou l'avantage de telle ou telle positiop. — Il est, dit-on, peu de problèmes envoyés aux concours ou publiés dans les journaux, qu'il soit probable de rencontrer dans une partie. -«
U trt spHiriï
Je réponds : il suffit que cetlc rencontre soit jossible pour que le problùme soit instructif. En scconvi lieu, c'est l'analogie et non l'identité qu'il faut rechercher. Si l'on devait n'attendre son instruction que de la similitude absolue entre Tcxemple et l'application, les flna de parties elles^m^mes seraient presque toutes inutiles.
La composition des problèmes a donc son importance.
Maintenant, je me pose cette autre question : Dans un concours scientifique, littéraire ou artistique, que couronne-t-on?
C'est à dessein que j'emploie le mot couronner plutôt que récom." pinser, ■
Les récompenses proprement dites, les récompenses matéridles surtout^ s'accordent aux individus pour des services, pour une découverte, pour une suite d'essais difficiles, et souvent, dans ce dernier cas, à titre d'indemnité. Les récompenses sont pour l'élève, un encouragement; pour l'inventeur, une couronne et parfois aussi un dédommagement, enfin un hommage public. Mais lorsqu'il s'agit d'un produit de l'intelligence ou du goût, qui importe peu ou point à l'État et au public, et qui se présente en concurrence avec d'autres produits de même nature, pour se faire c/oiier, l'idée de récompense* matérielle disparaît presque entiè* rement. Ici, la récompense est toute dans ces numéros de clas* sèment : 1*', 2% 3*; et fes quelques écus qui accompagnent ces chiffres sont une manière de couronne et pourraient se remplacer par un échiquier, pfr une médaille, un brevet, une simple lettre d'avis.
Puisque les Juges de ces sortes de concours ne prétendent pas venir en aide aux concurrents et contribuer à leur bien-être, ce n'est point le travail qu'ils couronnent, ce n'est point l'efTort, la persévérance, la vo'onté, ce n'est pas 1 homme, en un mot, c'est telle ou telle production.
Là est toute la qucstien. Donc, ce n'est pas l'ensemble de l'eavoî qu'il faut classer, mais chaque ouvrage en particulier.
En efi'ct (Je ne parle pas seulement d'un concours ouvert pour les échecs), si l'auteur d'un chef-d'œuvre qui l'emporte sur tous les autres ouvrages examinés, a soumis en mémo temps au jury des productions médiocres ou mauvaises, sa moyenne sera pro« bablement inférieure à celle obtenue par des autcui's auxquels ne sera pas due pourtant la perle du concours. Classes* vous par envois et non par ouvrages? Voilà un chéf^d'oeuvre qui pourra ne
JOURNAL DS8 icBRCS • 35
pafl 6lt6 couronné, n'être môme pas mentionné par k classement : il aurait ou le n« \ dans un cas; dant l'autre, il sera enfoui bous le n^ 8 ou 6, je suppose, et peut-être même exclu des menlions honorables. *
A ceux qui trouTeraient que la Justice n'est point blessée en cela, Je répondrais ; 1» il ne s'agit pas de Justice à l'égard des concurrents, puisque tous ne Jugez pas refTort, le travail, mais le résultat; vous jugez une chose, non un homme; vous ne récompensez pas, tous classez ; t** la justice môme à l'égard des au« leurs peut être blessée, si l'on classe par moyennes, par cette raison décisive que, en dehors de l'utilité pratique, vingt produits scientifiques ou artistiques, nu'ement boiUy n'en vaudront Jamais un êxeellent^ et que ce chef-d'œuvre peut représenter à lui seul plus d'efforts» d'études, d'imagination, d'essais, d'espoirs et de désespoirs et de dépense de volontéi que tous ses concurrents»
Mais enfin je ne discute plus, Je consulte ce qui se fait Journel* lement, et je constate que mon opinion s'appuie sur l'autorité des Académies et de tous les Jurés des concours présentant de l'analogie arec les concours d'échecs.
Comment Juge-t-on les œuvres* d'art? Tableau par tableau, s(atu3 par statue. Qu'une œuvre de génie se présente avec une incontestable supériorité, attendra-t-on, pour la classer et la couronner, de savoir si les autres productions du môme auteur iotft dignes de lui ? *
Les prix académiques sont promis et^déçertiés non & des collocUoos d'ouvrages, mais au meilleur du concourt.
Je pourrais multiplier les citations.
Il n'en est pas ainsi des concours institués seulement en vue de
l'utilité publique et pour vulgariser les meilleures méthodes.
1^ médaille d'honneur peut être dl;cordée avec Justice à Télevcur qui aura fourni la meilleure moyenne de bestiaux, bien qu'aucun de ses sujets ne puisse rivaliser avec tel bœuf ou tel mouton exceptionnel présenté par un concurrent. La raison en est bien simple : le vrai progrès de l'agriculture consiste dans l'application des méthodes pratiques, et de nombreux résultats l'emporteront, par leur nombre môme, sur la grandeur d'un résultat isolé.
Là est la différence à noter. Il n'importe point au public qu'un graud nombre de bons problèmes aient élé envoyés à un concours
d'échecs; ce}a môme importe peu aux joueurs, si ces problèmes n'ont rien de saillant. Ce qu'il nous faut, à nous amateurs^ i TOUS nos maîtres, c'est, de temps en temps, un trait de génie, c'est un problème qui vous résiste; c'est aussi l'élégance, même sans grande difficulté de solution, cett^ élégance presque toujours née du travail et de l'élimination et qui dénote le goût chez le calculateur; c'est efîûn, si c'est possible, une nouveauté.
11 n'y a donc pas seulement convenance à classer chaque problème et non chaque envoi ; !l y a ulilîté. Les concours d'échecs n'ont pas pour but de vulgariser ce jeu en provoquant à la production la médiocrité féconde, mais de le faire progresser en mettant au jour des combinaisons qui ne soient pas des redites. Or, ne demandez qu'un seul problème à chaque compositeur» il est probable que ses efforts, concentrés sur un seul but, obtiendront un résultat plus grand que s'ils étaient disséminés; il est probable, en un mot, que vous aurez fait éclore plus d'œuvres hors ligne, et moins de ces produits insignifiants quoique suffisamment bons pomr être admis à lutter.
Vous pouvez donc y gagner. Pouvez-vous y perdre? Non, car le génie à la fois profond et facile, fera passer sous vos yeux toute une fiimille d'enfants biQp veous, vous laissant libres de couronner le plus beau.
Je termine cette lettre trop longue et trop courte. Je vous quitte pour un autre pays où je dois rencontrer des fantaisies éehiquéennes qui nous sont à ^eu près inconnues. Si je trouve du nouveau en Âllemague, jp vous en ferai part.
Adieu, mon cher maître. Si je ue vous ai pas convaincu, soyet^ /«, du moins, que je le suis.
BENOIST
JOUBNAL DES âCHBCS
PARTIES
•• Gamblt dv Foa. * DéiMifte p