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JODBNAL DBS ÉCHSCS 49
PETITE CHRONIQUE
Nous avons sous les yeux la livraison de mai du Chesi Worll^ une Revue d'échecs mensuelle, qui parait à Londres depuis le i" mars dernier. Après avoir parcouru ce numéro, très-intércs- •ant et remarquable sous tous les rapports, nous avons cependant éprouvé quelque regret de ne pas trouver sur la couverture un antre nom que celui do Téditeur. A nos yeux, co n'tst pas suffisant : pour une puèli^ation qui exige une aptitude aussi spéciale que celle des écbeci, il faut un nom dont l'autorité soit un gage de la confiance qu^on doit lui accorder. Nous savons bien que le Ckesi Worl4 se présente comme l'organe de l'école anglaise pure, par opposition à l'élément étranger, et qu'il cet patronné par M.^taunton, C'est là, sans doute, une excellente recommandation ; mais nous ne savons pas par qui il est rédigé, et cet étal d'anonymie a ses inconvénients, quelquefois graves, notamment en cas de polémique avec une publication étrangère : en pareille circoDstance , l'adversaire aime asses & savoir A qui il s'a* dresae. ^
Le Chesi player'i Magasine a commencé de même, et, à notre avis, il a beaucoup gagné en considération flepuis qu'il est signé par M. Lowenthal.
Ce numéro du Chea World contient une des parties qui furent Jouées au commencement de l'année 1863 entre MM. Morphy et Amous de Rivière. Nt)8 anciens lecteurs se souviennent qu'à celte époque nous en publiâmes quelques-unes, tandis que d'autres ne forent pas immédiatement livrées à la publicité. La partie que nous reproduisons plus haut est celle à laquelle faisait allusion le regretté M. Doaean, dans les lignes suivantes de la Nouvelle Ré^ ginee^ vol. IV, p. 101 :
• Celle-^ci (la partie) cbeminait lentement et savamment. Lea coups Justesse succédant avec une régularité parfaite de part et d'autre, elle promettait une partie modèle pour la troisième édition du traité de M, de Dastero*. Cependant, la pensée du grand mallre abandonna un moment le théâtre de cctio lutte pacifique, et le transporta sur les rives sanglantes dj Mississipi. Co moment de distraction lui coûta une pièce, et dès-lors fout changea de face. Hidu de plus charmant, de plus intéressant que la seconde phase de cette partie devenue inégale. Chacun des mouvements de Mor-
phy cachait un piège, et chacun de ces pièges était mortel. Il en fut ainsi jusqu'au dernier coup; et si l'admirable et clairvoyante ténacité de H. de Rivière lui avait fait défaut un seul instani, il était infailliblement perdu. Cette fin de partie est pleine d'animation, et je ne connais rien de plus attachant; elle sera sans doute annotée par les deux adversaires, et publiée dans la Nouvelle Régence^ car rien ne peut leur faire plus d'honneur. »
Le Chess World recommande chaleureusement un petit recueil intitulé Chess Strategy, collection posthume des problèmes de M. J. Brown, plus connu sous le pseudonyme de J. B., de Brîdport.
Dans le nombre, déjà grand et croissant de jour en jour, des amateurs d'échecs qui font leurs délices de l'étude des problèmes, il en est peu auxquels le nom de J. B., de Bridport, ne soit fami* lier. Depuis plus de quinze années, ce gentleman, mort récemment à la fleur de Fâge, est connu comme l'un des compositeurs les plus féconds et les plus accomplis de notre époque, et il n'est peut-être pas, dans le monde entier, de Revue d'échecs ou de publication périodique consacrant dans ses colonnes une place à cette branche attrayante du jeu royal, qui n*ait été enrichie de ses productions. Dans cette spécialité, J. B., de Bridport, a certainement une place à part. D'autres auteurs ont pu produire, nous l'admettons, des problèmes d'une construction plus savante ou d'une solution plus difficile que ceux qu'on trouvera dans le petit volume que nous avons sous lae yeux : peut-être n'a-t-il pas le droit de s'attribuer la subtilité artistique de Campbell, le poli travaillé de Healey, la profondeur magistrale de Conrad Bayer; mais, pour la fécondité de la conception et l'élégance de l'exécution, il n'est pas égalé, lly a dans ses œuvres un cachet particulier, un bonheur de style et d'expression, si l'on peut parler ainsi, qui trahit à la première inspection la main du maître. Il serait difficile de trouver dans tout le recueil un problème inférieur ou médiocre : ils sont tous uniformément beaux et excellents. Ceux qui ont l'habitude de ce genre de recherches et qui savent par expérience combien une erreur peut facilement se glisser dans une position, en dépit de l'attention la plus sévère, ceux là apprécieront ce trait caractéristique de la correction qui distingue l'auteur et qui est le fruit d'un travail scrupuleux.
Indépendamment de la netteté et de l'élégance qui caractérisent invariablement ses productions, J. B. devait beaucoup de sa popularité comme compositeur de problèmes à sa prédilection
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pour le mat au troisième coup. Pour résoudre un bon problème en cinq ou six coups, il faut, môme à un habile, beaucoup de temps et de peine, et, en général, le labeur n'est pas toujours payé par le résultat ; tandis que les problèmes en trois coups sont du donaaine de la plupart des joueurs d'échecs, et le petit travail que demande leur solution est le plus souvent récompensé par la découverte de quelque beauté inattendue ou d'un coup subtil. Dans les compositions de cette classe, J. B. n'a Jamais été surpassé. L'élégance de la conception est toujours rendue avec simplicité et précision ; et bien qu'on trouve quelquefois un air de famille entre quelques-unes de ses œuvres, Jamais cependant la même idée n'est répétée sans l'introduction de quelque beauté nouvelle.
Nous donnons dans ce numéro deux problèmes pris à peu près au hasard dans la collection.
Outre ses mérites particuliers, ce recueil se recommande au public des échecs à un titre sacré, celui d'être édité seulement au bénéfice de la veuve et des enfants de l'autenr. Ce titre seul lui assure la aveur des amateurs de tous les pays (1).
PETITE CORRESPONDANCE
H. F... à Liège. — En effet, Honsienr, vous avez parfaitement raison. Ces deux problèmes dn Palamèae^ que vous me signalez, sont faux et archifanx. Le d° XLIV, annoncé en quatre coups, se résout en trois, de 4 ou 5 manières différentes. Le n° XLIX a une solution insignifiante en sept coups en prenant la Dame avec le Gav. au 3^ coup. 11 est évident que cela est copié au hasard et sans discernement.*
M. X. B., à Lyon. — C'est par suite d'une erreur, qui sera prochainement corrigée, que Touvrat e de M. de Jaeniscb intitulé : Découvertes sur le Cavalier est annoncé sur la couverture du Sphinx. Celui ^ui doit le remplacer et auquel s'applique le prix de â fr. a pour titre : Règles du jeu des Échecs^ adoptées par la Société des amateurs d*échecs de St-Pétersbourg ^ comme base d'un code universel de ce jeu, 1854.
Le Nouveau Règlement du jeu des échecs^ qui est marqué 1 fr., est imprimé en russe avec te^te français en regard, et porte la date de 1858.
M. Gautier. — Le mode de notation employé dans le u° 3 pour les solutions des problèmes est un essai tenté en vue d'économiser la place, Je reconnais qu'il laisse peut-être un peu à désirer comme clarté. J'espère trouver quelque chose de plus satisfaisant.
M. Fabrice. — Le problème n° 1 n'a pas cette petite défectuosité qui vous a semblé regreUable. Après ce premier coup de la défense, R. 4 R, la réponse unique est C. 3 FD et non C. 3 R qui permettrait aux Noirs d'éviter le mat en avmçant le pion.
Mille remerctments à un grand nombre de nos correspondants
pour les aimables souhaits qui accompagnent leurs envois.
{i)Chesê Sirategy chez MM. Trubner et C*» éditeurs du CAe#« Wùrld 60, Patemoster row, à Londres.
XllI. — J. D., de Bridporl, Che^ êtroiegy.
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Les Blancs font mat en deu\ coups.