‹ Le Sphinx: journal des échecsChapitre 53 sur 259 · UNE PARTIE D'ECHECS DE J.-J. ROUSSEAU · texte numérisé non relu

UNE PARTIE D'ECHECS DE J.-J. ROUSSEAU

Le journal illustré de Leijzig {lllustrirte Zeitung) publie une partie attribuée à Jean-Jacques Ronsseau et au prince de Conli, et qui aurait été jouée chez M™'' de Luxembourg, au château do Montmorency, en 1760, et recueillie par Tun des assistants, le chevalier de Lorenzy.

Voici ce que Rousseau raconte à ce sujet dans ses Confessions : V Comme mon a[:partement de Monl- Louis était très petit et que la situation du donjon était charmante, j'y conduisis le prince (de Couti) qui, pour comble de grâces, voulut que j'eusse l'honneur de faire sa pirtio d'échecs. Je savais qu'il gagnait le chevalier de Lorenzy qui était plus fort qu2 moi. Cependant, malgré les signes et les grimaces du chevalier et des assistants, que je ne fis pas semblant de voir, je gagnai les deux parties que nous jouâmes (1). En finissant, je lui dis d'un ton respectueux, mais grave : Monseigneur, j'honore trop vo^re altesse sérénissime pour ne la pas gagner toujours aux échecs (2). Ce grand prince, plein d'esprit

(1) Sept ans après, dans une lettre à Du Peyrou, du 27 septembre 1767, il rappelle cet iucident, et annonce avoir gagné au prince trois p*trties de mie.

(2) Gtiampfort raconte une anecdote qui vient à l'appui do ce langage : « On disait à J.-J. Uousscau qui avait gagné plusieurs parties d'échecs au prince de Conti, qu'il ne lui avait pas fait sa cour, et qu'il fallait lui en liisser gagner quelques-unes. Comment^ dit-il, je lui donne la Tour! »

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et de lumières, et si digne de n'ôtre pas adulé, sentit en effet, du moins je le pense, qu'il n'y avait là que moi qui le traitasse en homme, et j'ai tout lieu de croire qu'il m'en a vraiment su bon gté. »

ISAN-JAGQUES ROUSSEAU. 1

Blancs.

Roque.

C pr. PC

D. 5 TR, échec

Fpr. P

FR pr. C

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