‹ Le spiritism devant la scienceChapitre 11 sur 39 · LE MAGNEIISME. SON HISTOIRE · texte numérisé non relu

LE MAGNEIISME. SON HISTOIRE

par des procès-verbaux signés des noms les plus honorables et les plus connus. Nier aujourd'hui les faits serait de Tenfanlillage! ou de la mauvaise foi.

Afin de montrer notre impartialité, nous ne prendrons pour notre démonstration de Texistence de rame que des expériences bien avérées; nous les puiserons en grande partie dans le rapport sur le magnétisme faità l'académie de médecine, et lu dans les séances des 21 et28juinl831àParis, par M. Husson, rapporteur.

Les autres témoignages seront empruntés, tantôt à des adversaires des doctrines spirilualistes, qu'on ne pourra accuser de complaisance, lanlôt à des écrivains spéciaux qui ont traité ces questions, mais, dans ce cas, leur récit est appuyé de Tautorité de médecins qui en ont suivi toutes les phases. De cette manière nous pouvons raisonner sur des observations aulhentiques, et en tirer dos conclusions aussi nettes que celles qui se dégagent de Tétude de la nature et qui ont été formulées sous le nom de lois physiques et chimiques.

Historique.

La science magn»^Lique comprend un certain nombre de divisions, suivant qu'on l'applique à difTérentes catégories de phénomènes. Nous nous contenterons de signaler ici les faits qui ont rapport au dégagement deTâme, laissant de côté Taspect thérapeutique de cette science cultivée par nos ancêtres. Sans faire Thistoire détaillée du magnétisme, nous pouvons rappeler qu'il fut connu de tout temps. Les

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annales des peuples de Tantiquité fourmillent de récits circonstanciés qui relatent la profonde connaissance qu'avaient du magnétisme les prêtres anciens.

Les mages de la Chaldée, les brahmes de Tlnde, guérissaient par le regard au moyen duquel ils procuraient le sommeil. Aujourd'hui encore, en Asie, les prêtres sont en possession des secrets de leurs prédécesseurs et particulièrement dans Tlndoustan, les fakirs cultivent avec succès les pratiques magnétiques, ainsi que le racontent tous les voyageurs qui ont parcouru ces contrées.

Les Egyptiens ont puisé leur religion et leurs mystères à la grande source de Tlnde ; ils employaient pour le soulagement des souffrances, les passes et attouchements tels que nous les exécutons encore de nos jours. Hérodote cite dans plusieurs passages, les sanctuaires où se rendaient les pèlerins désireux de se guérir au moyen des remèdes que les hiérophantes découvraient en songe. Diodore de Sicile dit positivement que les malades arrivaient en foule dans le temple dlsis pour y être endormis par les prêtres. La plupart des patients tombaient en crise et indiquaient, eux-mêmes, le traitement qui devait les ramener à la santé.

Le temple de Sérapis d'Alexandrie était renommé pour rendre le sommeil à ceux qui en étaient privés. Strabon rapporte qu'à Memphis, les prêtres s'endormaient et, dans cet état, donnaient des consultations médicales. L'histoire est remplie de récits de cures obtenues de cette manière. Arnobe, Gelse et Jamblique enseignent dans leurs écrits que chez les Egyptiens il existait de tous temps des personnes douées ' d9 la faculté de guérir, au moyen d'attouchements et

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d'insufflations, et qu^elles réussissaient souvent à faira disparaître certaines affections réputées incurables.

Les Grecs, àleur tour, empruntèrent un grand nom» bre de connaissances aux peuples de TËgypte, et ne tardèrent pas à égaler, sinon à surpasser leurs maîtres. Les hiérophantes qui desservaient Tautel de Trophonius s'étaient acquis une grande célébrité dans ces matières. Ce qui prouve que le magnétisme était fort répandu à cette époque, c'est qu'au dire d'Hérodote, des prêtres firent périr par jalousie une magicienne qui opérait des guérisons au moyen de frictions magnétiques.

Apollonius de Thiane, l'illustre thaumaturge, n'ignorait pas ces pratiques ; il guérissait Tépilepsie au moyen d'objets magnétisés, prédisait l'avenir et annonçait les événements qui se passaient au loin. On a conservé le souvenir de l'anecdote suivante.

Dans sa vieillesse, le philosophe s'était réfugié à Ephèse. Un jour qu'il enseignait sur la place publique, ses disciples le virent s'arrêter tout à coup et s'écrier d'une voix vibrante : « Courage, frappe le tyran I » Il s'interrompit encore quelques instants, dans l'attitude d'un homme qui attend avec anxiété, et reprit : «Soyez sans crainte, Ephésienslle tyran n'est plus, il vient d'être assassiné.» Quelques jours après, on apprit qu'au moment où Apollonius parlait ainsi, Domitien tombait sous le poignard d'un affranchi.

Les Romains eurent aussi des temples où l'on reconstituait la santé par des opérations magnétiques. Celserapporte qu*Ascîépiade dePruse endormait magnétiquementles personnes atteintes de frénésie. Gai- Uen, un des pères de la médecine moderne supprixna5jt certaines maladies par les applications de ces

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mêmes remèdes qui le firent passer pour sorcier et Tobligèrent de quitter Rome. Ce célèbre savant avouait qu'il devait une grande partie de son expérience aux lumières qui lui étaient venues en songe. A ce propos Hippocrate disait que la meilleure médecine était celle qu'on lui indiquait pendant le sommeil. Mais rhomme qui obtint la plus grande renommée dans ces matières fut Simon, dit le magicien, qui en soufflant sur les épileptiques détruisait le mal dont ils étaient atteints.

En Gaule, les druides et les druidesses possédaient à un très haut degré la faculté de guérir, comme Pattestent un grand nombre d'historiens ; leur médecine magnétique était devenue si célèbre qu'on venait les consulter de toutes les parties du monde. Il est facile de s'assurer combien leur renommée était universelle en consultant Tacite, Pline et Celse. Pendant le moyen âge, le magnétisme fut surtout pratiqué par les savants. Le clergé ignorant et superstitieux craignait l'intervention du diable dans ces opérations, un peu étranges, de sorte que cette science resta l'apanage des hommes instruits.

Avicenne, fameux docteur qui vécut de 980 à 1036, écrivait que l'âme agit non seulement sur son corps, mais aussi sur les corps étrangers qu'elle peut influencer à distance.

Ficin en 1460, Cornélius Agrippa, Pomponace en 1500 et surtout Paracelse, leur contemporain, posèrent les bases du magnétisme moderne, tel qu'il devait être enseigné plus tard par Mesmer;

Arnaud de Villeneuve puisa chez les auteurs arabes }a connaissance des effets magoétiqucs et ses succès

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devinrent bientôt si grands, qu*il s'altîra la haine éfi ses confrères et fut condamné par la Sorbonne.

Dès 1608,Glocénius,professeurde médecine à Marbourg, fit paraître un ouvrage traitant des cures magnétiques. Dès cette époque il essaie de donner une explication rationnelle de ces phénomènes.

Van Helmont disait, en réhabilitant la mémoire de Paracelse, dont il fut le continuateur : Le magnétisme n*a de nouveau que le nom, il n*est iin paradoxe que pour ceux qui rient de tout et qui attribuent % Satan ce qu'ils ne peuvent expliquer... Il y a dans l'homme, dit-il plus loin, une telle énergie, qu'il peut agir en dehors de lui et influencer d'une manière durable un être ou un objet dont il est éloigné... Cette force est infinie dans le Créateur, mais limitée chez la créature par les obstacles naturels. Ces conceptions nouvelles, ces vues hardies furent attaquées par TE*glise que Ton trouve toujours sur la route des novateurs, achnrnée à leur barrer le passage, et le cél^ bre médecin fut obligé de se réfugier en Hollande où était déjà le grand Descaftes.

Van Helmont lut secouru dans sa lutte par un Ecossais nommé Robert Fludd ; plus tard Maxwell, en 1679 soutint les mêmes idées. Le père Kircher, parlant de Robert Fludd, disait que ses écrits avaient été inspirés par le diable, cependant il cite de nombreux exemples de sympathies et d'antipathies et donne même des indications pour bien magnétiser.

A la date de 1682 nous avens à signaler Greatrakes» en Angleterre, qui fit des miracles en opérant simplement par des attouchements, sans chercher d'ailleurs à se rendre compte de la manière dont l'action s'opérait.

En France, Borel et Vallée au commencement du

xvii* siècle employèrentle magnétisme par insufflations pour combattre les maladies nerveuses rebelles à tout autre traitement. Gassnerremplit l'Allemagne du bruit de ses succès obtenus par le magnétisme tel qu'il se pratique de nos jours. I) fixait énergiquement son regard sur les yeux du malade, et le frictionnait du haut en bas en secouant les doigts lorsqu'il arrivait à l'extrémité, comme pour en chasser les principes mauvais qui y étaient contenus.

Nous ne raconterons pas l'odyssée de Mesmer; ello est trop connue pour que nous croyions nécessaire de la reproduire, il suffit de signaler que la vulgarisation de la science magnétique lui est due.

Le magnétisme est étudié méthodiquement de nos jours, et une remarquable propriété découverte par le marquis de Puységur, lui fit faire des pas de géant: nous voulons parler du somnambulisme provoqué qui fera l'objet de notre prochaine étude. Notre but n'étantpas donous étendre sur l'histoire du magnétisme, nous terminons ici cet aperçu. Nous avions simplement l'intention de montrer que cette science raillée par les ignorants ou les gens à parti-pris, a une glorieuse généalogie et que son origine remonte aux époques les plus reculées.

Il y a encore peu de temps, on attribuait à la crédulité et à la superstition tous les récits des anciens» relatifs aux guérisons magnétiques. Actuellement les recherches sur ce point ayantfait voir que l'on pouvait obtenir les mômes résultats, on estplein d'admiration pour ces prêtres qui possédaient une science si complète de la vie, et qui l'exerçaient avec tant d'habileté.

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