‹ Le spiritism devant la scienceChapitre 35 sur 39 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

QUELQUES OBSERVATIONS PBÉLIMINAIRBS.

Les phénomènes médianimiques, dont nous avons parlé dans le chapitre consacré au spiritisme, demandent à être étudiés spécialement, car ils dénotent qu'il existe des états particuliers de l'organisme qui sont demeurés inconnus jusqu'ici, aux physiologistes et aux philosophes. Un médium, avons-nous dit, est Un être doué du pouvoir d'entrer en communication avec les esprits, il doit donc posséder dans sa constitution physique, quelque chose qui le distingue des autres personnes, puisque tout le monde n'est pas apte h servir ainsi d'intermédiaire aux esprits désincarnés. De plus, l'esprit agissant sur le médium emploie certains procédés qu'il serait intéressant dd

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connaître, car si nous concevons fort bien comment un hommepeutfaire sentir physiquement son influence à un autre, il n'en est plus de même lorsque nous examinons de quelle manière peut s'opérer Taclion spirituelle sur un incamé.

La question est complexe, et pour la résoudre il faudrait une profonde connaissance de Tôtre humain, non seulement au point de vue physiologique, mais encore et surtout, au point de vue périsprital, car cet agent joue un rôle considérable dans tous les phénomènes de la médiumnité. Il serait nécessaire aussi de mieux connaître la nature des enveloppes semi-matérielles des esprits. On le comprendra facilement, nous ne pouvons, dans ces recherches, raisonnbr que par anologie. Nous n'avons pas encore pu faire d'expériences directes sur le fluide périsprital, qui échappe par sa nature à tous nos instruments si parfaits qu'ils soient. Nous répéterons ici ce qui a été dit déjà, c'est que nous n'avons pas la prétention de les expliquer scientifiquement ; notre but est plus modeste : nous voulons simplement nous borner à présenter des anedogies, à émettre des théories qui permettront de comprendre comment les phénomènes peuvent se produire. C'est une tentative ayant pour but de faire entrer les faits spirites dans les lois naturelles, et de montrer qu'on les a considérés à tort comme des dérogations aux principes immuables qui dirigent la nature.

C'est l'interprétation mauvaise qu'on a faite des manifestations spirites qui en a écarté les penseurs; ils ont cru qu'on voulait rénover les superstitions les plus absurdes et ils se sont élevés avec raison contre ce qu'ils taxaient de folies. Mais en leur montrant

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que nous pouvons expliquer logiquement les faits par des hypothèses déduites des conceptions scientiflques modernes, nous leur ouvrons les yeux sur un ordre de faits qu'ils ignoraient, et par cela môme nous atti* rons l'attention des hommes sérieux sur un domaine inexploré et fécond en merveilleuses découvertes. C'est donc faire un pas en avant dans la propagation de nos croyances, que d'expliquer la médiumnité par une théorie qui ne choque en rien les idées reçues dans le monde savant.

Nous ne pouvons songer à donner les relations numériques qui lient les différents phénomènes de la médiumnité, nul doute cependant qu'il n'en existe, et l'on arriver a plus ou moins vite à les découvrir suivant l'exactitude des méthodes qu'on emploiera. Noua avons déjà vu Crookes construire des appareils de mesure très sensibles, pour apprécier l'influence de cette force qui, ainsi que le constate le rapport de la Société didactique, s'exerce à distance du foyer dont elle émane, et sans aucun conducteur visible.

C'est en suivant un ordre d'idée parallèle & celui-ci, que MM. Helmholtz et de Douders sont parvenus à calculer le temps physiologique de la vision, c'est-àdire la durée qui sépare le moment oti une sensation lumineuse frappe l'œil de celui oîi elle est perçue par le cerveau. Ces expériences très simples forment les éléments fondamentaux de toute activité intel* lectuelle, car on y voit en jeu la sensation, la perception, la réflexion et la volonté. Les déductions les plus compliquées d'un philosophe spéculatif, sont constituées par un enchaînement de phénomènes aussi simples que ceux qui ont fait le sujet des recherches doat nous parlons. Ces mesures fournissent donc les

éléments d*une nouvelle science du mécanisme dynamique de la pensée, mais qui ne sera féconde qu'autant qu*elle saura discerner les faits qui sont dus simplement à l'aclion du cerveau, de ceux qui ont Tâme comme mobile.

Suivant son degré de complexité, chaque science s*approche plus ou moins de la précision mathématique à laquelle elle doit arriver tôt ou tard, et ceci est si vrai, que l'idée d'appliquer le calcul aux phénomè* nés vitaux n^est pas nouvelle. On sait que pour les sensations de lumière et de fatigue, des recherches ont été entreprises par Euler, Herbart, Bernouilli, Laplace, BufTon, et certains travaux furent faits dans cette direction par Arago, Pogson, et surtout Masson pour les sensations visuelles. Mais le premier qui élargit le cercle des investigations et prépara un travail d* ensemble, fut Weber qui formula une loi qui porte son nom, et de laquelle il résulte que : pour faire croître la sensation d'une quantité constante, appelée le plus petit accroissement perceptible, c'està-dire pour faire croître la sensation en progression arithmétique, il faut faire croître l'excitation en progression géométrique. Delà, cette formule, quelasensation croît comme la logarithme de l'excitation \ car les nombres qui sont en progression géométriqe ont des logarithmes qui croissent en progression arithmétique.

Fechner a la gloire d'avoir coordonné les travaux contemporains et de les avoir complétés par ses

1. Ce quise formule en termes algébriques de cette maniâre: S s= E log. £ E étant une constanta

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propres recherches. Celte partie de la physique physiologique a pris le nom de psycho-physique, et dertiièremenl le professeur Delbœuf, de FUniversité de Liège, a publié un volume oîi la loi de Weber est modiQée d'après de récentes expériences.

C'est dans cet ordre d'idée que nous devons pousser le spiritisme. 11 est nécessaire, maintenant que l'existence de la force psychique est incontestable, de mesurer son action sur l'homme et celle qu'elle peut exercer à distance. La philosophie grandiose des Esprits est assise sur les bases de la plus rigoureuse logique, il nous faut donc étudier les lois physiques qui rendront nos expériences irréfutables. Il existe malheureusement parmi les médiums les plus déplorables préjugés. Les uns se flgurent qu'ils «ont investis d'une sorte de sacerdoce qui doit les idacer au-dessus de leurs contemporains, et ils considèrent coînme attentatoire à leur dignité, toute mesuro ayant pour but de (Contrôler leur pouvoir. Les autres, ajoutons qu'ils sont peu nombreux, considèrent la médiumnité comme une faculté qui leur permet de gj^cr facilement leur vie et s'établissent médiums, -comme ils se feraient charcutiers ou boulangers.

Il est à désirer que les spirites sérieux réagissent contre ces tendances qui sont contraires aux instructions -des Esprits, et qu'AUan Kardec réprouvait énergiquement. Lafontaine l'a dit: mieux vaut un franc ennemi, qu'un maladroit ami. C'est surtout en spiritisme que -ceci est vrai. Il s'est formé une classe de fanatiques qui veulent exclure toute mesure préventive, ayant pour but de se mettre en garde contre une supercherie possible. Ils considèrent les investigateurs sérieux •comme des faux frères, et pour un peu, ils leur feraient

UD mauvais parti. Ces pauvres gens ne comprennent pas qu'il est d'un intérêt capital^ que la moindre suspi* cion ne puisse se produire : sans cela, adieu les convictions que Ton veut faire naître. Avec leur zèle maladroit, ils font plus de mal à la doctrine que les détracteurs les plus acharnés. Ce n'est pas en France seulement que ceci a lieu, c'est aussi en Angleterre. Voici ce que dit à ce propos dans le Banner ofligtkM. Hudson Tuttle, sous le titre : Le Sacerdoce des Médiums.

« Le Banner dans son numéro du 26 février 1876» contient un article signé T. r. h., qui tend aux conclusions les plus erronées. Le pis, c'est que ce monsieur dît tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Il a été cent fois répété que les phénomènes spirituels avaient pour but de convaincre les incrédules. Pour convaincre, il faut que les phénomènes puissent se produire et qu'on en ait la preuve, sans troubler les lois qui président à leur manifestation. Or, Fauteur de Farticle précité, à rencontre de toute science dit :

« Le jour n'est pas éloigné, j'espère, où les médiums auront, en général, une indépendance suffisante pour dénier à tous le droit d'exiger une preuve quelconque, quant à leurs pouvoirs divers. »

« C'est la première fois que nous voyons attribuer aux médiums un pouvoir trop sacré pour admettre la contradiction. Où cela nous mènera-t-il ? au Culte des médiums. Doit-on, comme chez les anciens lévites, créer une classe spéciale qui se mettra au-dessus des lois régissant la généralité des bommes, et devons-nous les yeux fermés, accepter tout ce qu'il leur plaira d'appeler spirituel ? Mais le pape se fait pygmée à côté du colosse que l'on veut ainsi éri^i^cra»

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odçssus du jugement de tous. Mettre un bandeau aux jyeuxdelaraison, et faire des spectateurs, des marionnettes dont le médium tirerait les lils, serait vouJoir Ja fin du spiritisme à bref délai.

» Nous osons avancer que les épreuves strictement scientifiques, imposées par le professeur Crookes et la rectitude de ses observations ont plus fait pour ioipressionner le monde savant, que toutes les lelires de louanges d'un nombre quelconque de chercheurs ordinaires. Il n'y a pas de spirites qui ne parlent avec un légitime orgueil des investigations du célèbre professeur.

» J'ai quelque peu étudié les phénomènes spirituels et personne ne m'accusera de chercher systématiquement de faire du tort à la cause qui m'a pris les meilleurs moments de ma vie, ni de vouloir imposer des conditions contraires au fluide spirituel. C'est parce que J'aime le spiritualisme que je voudrais le voir dépouillé de tout mensonge, affranchi de toute accusation de fausseté.

» Le professeur Crookes, comme chacun sait, a placé une cage autour des instruments de musique, qui jouèrent néanmoins des airs ; ce fait prouve suffisamment que le pouvoir spirituel peut agir à travers ces cages. Pourquoi, dès lors, ne pas placer toujours une cage pareille autour des instruments? Pourquoi laisser un prétexte à ceux qu'il faut convaincre ? Et pourquoi surtout, qualifier de faux frère celui qui propose des mesures de contrôle aussi sûres ?

» Lorsqu'un médium se dérobe à une épreuve que mapropre expérience, alliée à celle des autres, sait ne fcilre aucun tort aux manifestations, je m'empresse,

de meltre un terme à toute espèce d'entretien avec lui.

» J'avoue ne pas comprendre pourquoi Yhonnéie médium résisterait à certaines conditions d'épreuves, qu'on veut lui imposer. A coup sûr, rien ne saurait lui être plus important que la complète élucidation de la cause qu'il défend ; la cause ne peut qu'y gagner et il doit tenir à honneur de placer toute observation sur un terrain absolu. Et alors même qu'on aura contrôlé une fois les manifestations d'un médium, ce Ti'est pas une raison pour que d'autres manifestations soient admises comme vraies, si les nn^mes précautions de contrôle n'ont pas été observées. »

Voilà qui est parler d'or, et nous souhaitons que tous les spirites pensent de même. Il faut nous placer en face des préjugés de notre temps, qui n'est que trop enclin à nous prendre pour des hallucinés, et laisser aux sceptiques toute facilité de se convaincre, en ne leur faisant voir que des phénomènes absolument irréfutables. A ces conditions nous ferons des adeptes; si Ton ne s'y soumet pas, à quoi bon la propagande ?

Nous devons dire que la grande majorité des spirites pense comme nous, et que ces réflexions ne visent qu'un groupe restreint d'esprits arriérés, qui craindraient de porter un coup mortel à la doctrine -en dévoilant une supercherie. Nous devons au contraire être plus rigoureux que qui ce soit, et c'est parce que les phénomènes existent, qu'il faut surveiller avec soin les charlatans qui tenteraient de les imi* ter.

La médiumnité s'offre à nous dans des conditions tellement probantes^ que le doute n'est pas permis

pour quiconque veut sérieusement étudier; mais ai le chercheur a ]a malechance de rencontrer au début do ses investigations un imposteur, il en conclut, fausset ment que le spiritisme n'est qu'une nouvelle méthode d'exploitation. Nous ne devons donner prise aux critiques, à aucun point de vue, c'est pourquoi AHan Kapdec a toiyours prêché le contrôle le plus absolu. Ceci dit, revenons à la médiiimnité et h son étude.

A propos de la tentative d'explication scientifiqueque Dousprésentons, on ne manquera pas de nous observer que nous n'apjuyons nos démonstrations que sur des hypothèses et que, dès lors, elles ne peuvent suffire à déterminer la conviction chez les incrédules. Nou» répondrons que le terrain sur lequel nous nous engageons n'a pas été encore reconnu et que force nous est d'avoir recours aux hypothèses; mais nous aurons soûl de les faire telles qu'aucune expérience ne vienne nous démentir. C'est à ces conditions seulement qu'une théorie est acceptable.

Nous nous conformons d'ailleurs àl'usage des savants qui en sont réduits aux systèmes pour expliquer les phénomènes les plus simples de la nature, ceux qui se passent sous leurs yeux, et dont ils peuvent à volonté, varier les conditions de production. U ne faut pas oublier, en effet, que les recueils de physique ou de chimie nedonaentque des rapports entre les différentes subs- , tancer sans taire connaître la nature intime de ces cprps. On parle sans cesse de la matière sans pouvoir . définir exactement quelle est sa véritable constitution. La force est un prêtée aux formes multiples dontressence intime est encore un mystère. Enfin nous constatons des corrélations ou des différences entre un certaÎQ nombre de faits, et delà nous concluons à des lois^

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Oiais sans connaître ni la vraie nature des corps sur lesquels elles s'exercent, ni ce que sont ces lois ellesmêmes.

L'étude des sciences est en général très longue, car il faut sgoQonceler un grand nombre d'observations, avjwit de découvrir les relations qui les lient entre ^Ues, C'^fitrà-dire avant de remarquer les lois qui les Tassent; mais l'étude des faits spirites est corn-pliqueé par une autre raison. U ne faut pas oublier que nous sommes ici sur un terrain différent de celui des sciences purement matérielles. Dans ces dernières, on peut intervertir les conditions expérimentales, caries matières sur lesquelles on opère étant inertes, les résultats ne changent pas tant que les circonstances restent les mêmes. U n'en est pas ainsi dans l'étude du spiritisme, il faut toujours faire la part des individualités qui interviennent dan^ la manifestation, cette influence est très variable etla plupart du temps indépendante de notre volonté. C'est encore une ditficulté qui vient s'ajouter à celles que nous avons déjà énumérées.

Si ardue que soit notre tâche, il faut Tentreprendre, car c'est par l'étude que nous arriverons à la connaissance d'états de la matière que nous sommes

loin de soupçonner à présent. Les esprits nous enseignaient il y a trente ans l'unité de la matière, et le monde scientiflque était peu porté à adopter cette idée; aujourd'hui elle est devenue générale : ceci nous est d'un bon augure pour le périspritqui, nous l'espérons^ sera bientôt reconnu comme une des parties essentielles de l'homme.

-Nous avons vu que l'état d'esprit est tout autre que c«lui d'incarné, il a dans cotte vie nouvelle des seihsa-

tiens qu^ilne ressentait pas avec son corps, il voit la nature sous un aspect difTérent et ses sens plus perfectionnés, plus délicats, sont capables d'être influencés par des vibrations plus subtiles que celles qui agissent sur nous d* ordinaire. La sensibilité est développée chez l'esprit par la nature fluidique de son enveloppe qui possède une constitution moléculaire très raréfiée, mais néanmoins une forme déterminée. Ceci est dû à l'&me, qui est un centre de forces, jouant le même rôle vis-à-vis de son corps, que l'axe des tourbillons de fumée dans l'expérience de Helmholtz. La comparaison est exacte, car nous constatons que l'esprit peut, à volonté, prendre la forme qui lui convient. Il faut donc admettre que la cause de l'agrégationpérispritale réside dans l'esprit agissant sans cesse par la volonté.

Les propriétés du périsprit sont parfaitement explic€LbleB d'après ce que nous avons étudié précédemment. L'enveloppe de l'âme estinvisible parce que son mouvement vibratoire moléculaire est tropjrapide pour que ses ondulations soient perceptibles pour l'œil; mais, si par un moyen quelconque, on diminue ce mouvement, l'être devient visible, non seulement pour un médium, mais pour tous les assistants.

A l'état normal l'esprit peut se déplacer dans notre atmosphère et à la surface du globe sans que rien puisse entraver sa marche ; sa nature lui permet de traverser notre matière grossière, comme la lumière passe à travers les corps diaphanes, en un mot il peut aller partout, sans rencontrer d'obstacle matérteL

Suivant le degré d'avancement de l'esprit, les ûui*,

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des qui composent son enveloppe sont plus ou moine purs, et leur action est augmentée ou diminuée, en raison de leur état plus ou moins radiant. 11 est évident que les fluides grossiers, matériels» qui se rapprochent des gaz terrestres, sont moins aptes aux opérations de la vie spirituelle que ceux des esprits supérieurs, qui sont en quelque sorte quintessenciés. L'influence du moral sur le physique est plus vraie encore dans l'espace que sur la terre.

Ici*bas nous pouvons vicier notre enveloppe au pxjtUx qu'elle devienne impropre aux fonctions de lu. vie, de même les passions mauvaises, en fixant dans le périsprit des fluides grossiers, nuisent à l'avancement de l'âme et par conséquent à son état de bien-être.

Ce que nous disons s^applique à tons les esprits indistinctement, de sorte que le monde spirituel est en tous points comparable au nôtre, mais la hiérarchie s'établit sur une seule base : celle de l'avancement moral.

Supposons maintenant qu'un esprit veuille se communiquer et cherchons à comprendre les phénomènes successifs qui vont se dérouler. 11 peut se présenter deux alternatives: ou l 'esprit sait se communiquer ou il ne sait pas. S'il est dans le premier cas, et que ses intentions soient bonnes, un esprit plus instruit le dirige et lui montre la manière de s'y prendre; si aà contraire c'est pour faire le mal, la plupart du temps il ne peut l'accomplir, car il ne rencontre aucun esprit un peu supérieurqui veuille l'aider dans cette besogne.

L'esprit sachant se communiquer est encore obligé de chercher un médium, c'est-à-dire un être humain

dont la constitution soit telle, qu*il puisse céder une partie de son fluide vital. Lorsque l'esprit Ta trouvé, voici comment il opère: Par sa volonté l'esprit projette nn rayon fluidiquesurlepérisprit du médium, il le pénètre de son fluide, établissant ainsi une communication directe entre lui et Tincamé. G*est au moyen de ce cordon que le fluide vital de l'homme est attiré par l'eaprit. Ce double courant fluidique peut être comparé aux phénomènes d'endosmose, c'est-à-dire à réchange qui se produit entre deux liquides de densités différentes, à travers une membrane. Ici les liquides sont remplacés par des fluides et la membrane par le corps.

Une fois la communication établie, l'esprit peut agir sur le médium en produisant des effets divers qui se traduisent par la vision, l'audition, l'écriture, la typtologie, etc. Ce sont ces diff'érentes manifestations que nous allons étudier en détail dans les char pitres suivants.

En somme, on voit qu'il faut pas mal de circonstances réunies pour obtenir une communication, c'est pourquoi Ton ne doit pas s'étonner des insuccès qui accom[)agnent presque toujours les premières tentatives. Voiei quelles sont les conditions indispensables.

l'» 11 ffiutquerespritévoqué puisse ou veuille se rendre à l'oppel de révocateur ; 2* une évocation sincère faite dans le but rfe s'instruire et non de s'amuser ou d'en ptofiter matériellement; 3* que l'esprit appelé soit animé, lui aussi, du désir de faire le bien; 4* qu'il sache comment s*y prendre pour se manilester ; 5* qu'il trouve un médium apte à rendre sa pensée ou à lui fournir les fluides nécessaires, qui varient suivant le genre des manifestations à obtenir; Ô^ enfin qu'au-

cune action extérieure ne contrarie Tesprit dans ses manipulations. Ceci surtout est très important^ car c*est un véritable magnétisme spirituel qui s'opèrCi et Ton sait combien dans les actions magnétiques, les volontés étrangères peuvent nuire à la réussite du phénomène. Nous ne parlerons pas de Tétat de santé du médium, des influences exercées par le^ agents physiques: lumière, chaleur, électricité, etc., car nous ignorons de quelle manière ils agissent, mais ils n*en ont pas moins une influence très grande qu'il sera utile, dans l'avenir, de déterminer avec précision.

Gomme on le voit, il faut un concours de circons* tances favorables pour se mettre en rapport avec le monde spirituel, et les échecs nombreux auxquels on s'expose en n'observant pas ces prescriptions, mon* trent que le phénomène esi loin d^ôtre livré au ha« sardet doit être étudié avec beaucoup dejnéthode, si Ton veut en découvrir les lois. Ce n'est donc pa9 en faisant du spiritisme à la fin d'un dîner, après boire, que l'on se trouve dans les conditions requises, et il ne faut pas s'étonner si les esprits refusent de se ma« nifester quand on veut les exhiber comme des botes curieuses, en guise de dessert, à ses invités.

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