COURTE PRÉFACE
QU’IL issT soær ds lies
€e livre était terminé dès Tannée 1880, mais avant de le publier en volume j'ai désiré connaître Topinion des spirites relativement çiu travail que je m’étais imposé.
J’ai eu le bonheur de trouver une généreuse hospitalité dans les colonnes du journal spirite bi-mensuel te Mes* sagtr^ de Liège, et depuis le janvier 1881, mon travail a parp dans ce journal en une série d’articles, dont le dernier se trouve dans le n° du 15 janvier de la présente année.
Le bienveillant accueil qui a été fait à cette publication par des spirites éminents, m’a semblé m’autoriser p la reproduire en un volume, et c’est ce que je fais aujourd’hui.
Je prie les personnes que Je sérieux de ce livre ppurraient rebujter, de ne pas se laisser aller à cette première impression. Elles seront dédommagées du petit effort qu'eljes feront, par Tattrait que leur offrira Thistprique .des diverses relijgions.
A mesure qu^èlles liront, eljes se sentiront entraînées à lire plus encore et avec plus d’attention, et bm^^ elles pourront acquérir la certitude V que le fond de toutes les religions est le même, ^ si Ton tient compte de la grande diversité du développement intellectuel des peuples, aijosi que de leurs mœurs et de leurs coutumes ; et qu’à toutes les époques, les hommes ont, d’une ipanière ou d’une autre, rendu hommage à un Être qu’ils considéraient
comme supérieur à eux et comme l’organisateur de tout ce qui existait dans l’Univers.
J’ai cherché dans ce livre, à bien déterminer l’ordre chronologique dans lequel ont successivement paru ce que j’appelle les grands instructeurs de l’humanité, c’est-à-dire les hommes dont le nom est resté dans la mémoire des peuples comme se rattachant aux maximes morales qu’ils ont proclamées. Et j’ai principalement attiré l’attention sur ceux qui, dès les temps les plus reculés, ont conseillé la charité humaine^ c’est-à-dire l’affection des êtres humains les uns peur les autres.
Un certain nombre de chrétiens (catholiques ou protestants) voyant que la devise des Spirites est : « B.ors la charité point de salut; )j et s’imaginant d’ailleurs — ce qui n’est pas, et ce que je prouve dans ce livre — que Jésus est le premier qui ait dit : « Aimez vous les uns les autres; y) et : « Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qn'on vous fit ; » ces chrétiens, dis-je, veulent rattacher la doctrine spirite au christianisme, et veulent faire un spiritisme chrétien.
C’est faute d’avoir suffisamment étudié et approfondi la question, que ces personnes sont tombées dans une erreur qui ferait dévier le spiritisme de son véritable but, lequel est de faire de tous les habitants du globe, sans distinction de nationalités et de religionSy une grande famille de frères.
En lisant ce livre, on pourra se convaincre que le but de la doctrine spirite étant : « la fraternité universelle, sous rœil du Père commun des humanités y*,, ce but ne pourrait être atteint ;si l’on associait le spiritisme à une religion quelconque, puisque toutes les religions actuelles sont réciproqnement antagonistes^ et que par cela même, elles développent Vantagonisme parmi les humains terrestres.
Février 1885.