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Le spiritisme expliqué et détruit

Depuis quelques années, une prétendue science des mystères d'outre-tombe est venue, nouveau Messie, s'abattre sur Paris-Jérusalem, pour dire de quelle façon les âmes trépassées s'agitent dans les sphères éternelles.

Les grands-prêtres de la quasi Église spirite sont à la veille de nous donner une situation exacte de la position sociale des habitants de Saturne, de la Lune et autres lieux. — Cela se passe en plein soleil en l'an de gloire 186/u

Le savant Allan Kardec, à la veille d'organiser le service postal entre toutes les principautés éthérées, est en correspondance directe avec saint Louis et saint Augustin ; mille choses de cette force Font mis à même de fournir hebdomadairement un journal rempli d'émouvantes histoires, où les âmes en peine font des aveux plus émouvants encore et où les saints se sanctifient, ainsi que le veut l'Écriture orthodoxe qui dit:

Qui justus est justificctur ad hue.

Et l'Américain Home a été pris au sérieux aussi bien que les hélices aériennes de Nadar, l'aéronaute improvisé.

Et le public parisien paraît disposé à croire à l'un et à l'autre, qui sont évidemment de la même farine.

Le plus curieux dans tout ceci, c'est que la

science elle-même en a été ébouriffée , elle a vu dans la contagion spirite un effet qu'elle ne pouvait expliquer; alors elle a craint de se prononcer, bien qu'elle vît les jongleries des exploiteurs.

Cette incertitude de la science avait pourtant sa raison d'être, nous l'expliquerons.

Le spiritisme, vieux phénomène modernisé, est, par un hasard étrange, resté inexpliqué dans son effet matériel, dont la manifestation mystérieuse est assez extraordinaire pour qu'elle soit un terrible auxiliaire dans la main des charlatans, qui sont souvent plus perspicaces que les docteurs.

Notez bien que les charlatans ne sont pas les médiums, qui sont presque tous de pauvres niais de bonne foi, qui, sous le charme des effets étonnants qui se produissent en eux et par eux ,

deviennent les instruments de ceux qui les exploitent*

Et l'abrutissement de ces malheureux médiums est tel, qu'ils ne peuvent pas voir quelle est la force qui réagit en eux.

Quant à leur bonne foi , elle est incontestable, la clairvoyance seule leur fait défaut.

Ils n'auraient qu'à réfléchir un instant pour délier le nœud gordien qui les enserre ; ils ne le peuvent pas : alors ils dégénèrent toujours, toujours, pour terminer par l'idiotisme et l'hôpital!

Il suffit cependant d'une révélation, d'un mot, pour détruire cette erreur dangereuse pour l'esprit et le corps.

Cette révélation, je la fais en expliquant un fait matériel de l'organisme humain.

Tout cela serait de peu d'importance si la doctrine des journaux spirites n'occasionnait

pas chaque jour de nombreux cas de folie et de maladies, à ce point que les hôpitaux de la ville de Lyon en inscrivent avec terreur le con tingent.

Je prononce donc dans ma brochure le mot mystérieux qui doit faire crouler cette prétendue science dont j'explique les errements.

C'est, je le crois, accomplir une œuvre utile,

G. Pelïn.

LE

On sait que le magnétisme et le spiritisme, dont l'origine se perd dans la nuit des temps, n'ont jamais été sérieusement étudiés par personne, ou du moins si quelques hommes en ont reconnu le mystère, ils ont gardé pour eux la découverte qu'ils avaient faite afin de s'en servir pour exercer une influence sur tous ceux dont ils pouvaient exploiter la crédulité.

Ainsi une science positive a dévié en se prêtant aux jongleries de la cabale et du magisme , et les tortionnaires, succédant aux démoniaques, n'ont pas fait venir à la science médicale la pensée de rechercher dans son domaine la solution d'un pro-

blême qui appartenait à la sorcellerie des nerfs et non à la puissance de l'esprit des ténèbres.

Qu'on ne se le dissimule pas , le spiritisme et le magnétisme ne sont que des manifestations résultant du mécanisme de l'organisme humain , qui , si elles eussent été étudiées consciencieusement par la médecine, fussent devenues pour elle un de ses plus grands enseignements.

Mais la médecine, en oubliant quelle est la science qui se rattache le plus aux mystères de la création, s'est, contrairement au principe qui la régit, éloignée des choses qui lui ont paru impalpables ; elle a nié constamment les révélations les plus frappantes, et, sans chercher à approfondir, elle a souvent abandonné aux charlatans les plus beaux fleurons de sa couronne.

Après la découverte de la vapeur, de l'électricité et des aimants, c'est l'industrie seule qui semble en avoir fait son profit, et tous ces grands effets, niés si longtemps par la science médicale , sont encore méprisés par elle, car elle refuse de les utiliser.

Sans parler de l'homœopathie, qui semble crier à l'intelligence qu'en toutes choses la médicamentation morale est la meilleure, Prietznitz a trempé

hardiment ses éponges dans le baquet de Mesmer, et l'hydrothérapie est venue donner un grand enseignement dont devraient profiter les professeurs des cliniques. Aussi l'athlète Triât semble apprendre au jury médical, que les éleveurs qui ont transformé les races ovine , bovine et chevaline, dé montrent à ceux qui se chargent de veiller à la conservation de notre espèce, que l'homme peut aussi s'améliorer lui-même.

Disons donc que depuis quelques cents ans, si la chirurgie et la chimie ont progressé, il est difficile d'accorder la même louange à la médecine, qui semble avoir condensé tous ses triomphes dans le seul changement des vieilles théories de l'hôpital du Midi.

La chirurgie et la chimie répondent victorieusement à presque tous les problèmes qu'elles sont appelées à résoudre. La médecine s'arrête indécise et tremblante dès qu'une question de fond lui est soumise.

Elle reconnaît forcément la présence du fluide électrique chez tous les êtres animés , mais elle ignore quelle est la force qui produit la circulation du sang, Elle tâtonne quand elle est appelée à opé-

rer sur le système nerveux qu'elle ne sait pas guérir.

Elle traite les aliénés, mais elle ne sait pas expliquer les causes de la folie. Pourquoi emploie-t-elle les douches ? Elle le sait à peine , et ceux qui le savent n'ont pas osé chercher la vérité jusqu'au bout.

La médecine sait-elle bien quelles sont les causes déterminantes de la fièvre?

Comment la guérit- elle?

À-t-elle deviné quels agents morbifiques causent le choléra et la peste noire?

Sait-elle de quelle façon le virus rabique décompose le sang?

Non , presque toutes les maladies du sang n'ont pas trouvé leurs guérisseurs.

Et cependant la nature donne pour ainsi dire à chaque homme non civilisé les moyens de se guérir des choses curables (je ne dis pas qu'elle donne ceux relatifs aux maux que la civilisation crée) .

La civilisation a créé des médecins pour ses ulcères ; mais malheureusement ces derniers, au lieu d'interroger la nature, se sont éloignés d'elle.

L'hôpital Saint- Louis a seul utilisé la vapeur pour ses malades; et l'hydrothérapie n'a son temple qu'à

Charenton, où, appliquée comme une selle à tous chevaux, elle fait avec ses douches plus de fous incurables qu'elle ne donne de guérisons. La médecine électrique n'est pratiquée officiellement à aucune clinique. Le chloroforme et l'éther sont réputés des engourdisseurs dangereux. On ne s'est pas donné la peine de les étudier en approfondissant leurs mystères.

Voilà ce que vaut la science !

Quant au magnétisme, les savants ont jugé à propos de le nier , on en a fait de chaudes gorges, et au lieu de le suivre dans ses effets et de le matérialiser, on Ta laissé presque exclusivement exploiter par des charlatans, qui se sont livrés à des expérimentations dangereuses dans leur inhabileté.

Quant au spiritisme, seconde face des manifestations magnétiques, on l'a classé maladroitement dans le cadre des faits mystiques. Et des livres et des journaux en ont en quelque sorte fait sortir une religion nouvelle , dont tout le mystère repose sur une solution toute médicale : le sang, les nerfs.

C'est pour démontrer clairement à quel ordre sont dus les effets du magnétisme et du spiritisme, que nous prenons aujourd'hui la plume. Puisque ce

mystère n'a pas encore été expliqué , nous allons le faire connaître, dans son étrange simplicité qui, pourtant nous le savons, sera d'abord traitée d'audacieuse folie, par la raison même que ce que nous avançons, n'est que l'explication d'un fait que chacun a reconnu ou avoué sans en comprendre la portée.

Oui, notre vérité est probablement destinée à soulever plus d'orages que n'en fit naître la théorie de Galilée. —

Révélation éclatante, la science la niera comme l'orthodoxie crut devoir nier le mouvement de la terre; mais nous ferons comme celui qui s'écria : E par si muove!

Et la vérité mettra moins de temps à passer cette fois à l'état de fait acquis.

Cependant nous ne l'articulons qu'en hésitant ; car cette vérité donne un terrible croc en jambe à l'orgueil humain, et la médecine légale seule y trouvera le complément de ses pensées à demi formulées.

C'est que nous disons de l'homme ce qu'on dit aujourd'hui des cinq éléments défunts. L'eau, l'air, etc., sont des composés de différents corps organiques.

L'homme n'habite pa3 seul son enveloppe matérielle; il est double en intelligence, et le développement de ses facultés se produit sous l'effet de la combinaison de deux forces intellectuelles soudées Tune à Vautre, mais agissant parfois en sens inverse dans l'harmonie de la vie, où leur action est combinée de telle façon qu'elles ne se rendent pas compte qu'elles ont une individualité qui peut amener un antagonisme.

Quand cet antagonisme se produit, l'homme est fou.

Quand il y a seulement déviation dans l'harmonie ou l'équilibre, il y a monomanie.

Quand il y a déplacement partiel, il y a lubies, toquades, et presque toutes les fièvres sont le résultat d'une des situations que nous venons de décrire.

Pour développer des faits de cette nature et les expliquer clairement il faut un volume ; nous n'avons que quelques pages, aussi nous les employons à poser la grande charpente de la vérité que nous abordons dans ses manifestations les plus saisissantes ; nous vous disons :

Avez-vous compris que l'enfant qui naît a reçu sa forme et l'intelligence par la vertu d'une force dou-

ble dont il conserve le double principe, c'est-à-dire le double esprit. Il en est ainsi de la structure morale et de la structure matérielle. Le nombre deux ^1^%. se trouve partout.

£44^ Deux yeux.

U^Ux. Deux oreilles.

Deux narines.

Deux mâchoires.

Deux bras.

Deux organes génitaux.

Deux jambes, etc., etc.

Puis enfin le cœur et le cerveau, représentés par deux systèmes, nerveux, sanguin.

La philosophie a également établi la double essence de l'homme en disant : Esprit, matière.

La médecine n'a pas dit si l'esprit et la matière étaient inhérents.

Et elle a oublié de préciser ses théories en définissant la force qui anime les êtres. Elle l'a peutêtre cherchée comme la mécanique a cherché le problème du mouvement perpétuel.

La médecine n'a donc pas tenu compte des forces fluidiques, et calculé ce que valent les gaz dans les corps animés ; en revanche elle ne nie pas la force

destructive des cyanures de potasse et de mercure, elle sait ce que vaut l'acide prussique pur.

L'électricité n'est pas niée par la science des docteurs ; mais cette science nie l'électricité magnétique, et elle assomme le médecin Noir, qui peut-être a réussi à guérir quelques sujets atteints du cancer.

Ceci posé, voyons de quelle façon s'établissent ces faits étranges du somnambulisme ordinaire, qui viennent consacrer la preuve de la double intelligence de l'homme.

Comment expliquez-vous, 6 docteurs, que dans l'état du sommeil, les sujets de cette catégorie possèdent une intelligence manuelle plus grande que celle qu'ils ont dans les conditions de la vie ordinaire ?

Il est inutile de rappeler ici certains somnambules marchant sur des toits ou des corniches étroites, sans que l'attraction du vide eût aucune influence sur eux. Ces faits ne sont pas niés, et nous ne les présentons que comme des choses inexpliquées jusqu'à ce jour, et nous disons :

Dans tous les cas de cette catégorie, l'intelligence ordinaire est endormie, et c'est la seconde qui agit.

. go —

De même dans les cas de lucidité magnétique, l'effet de la magnétisation a été d'endormir l'intelligence usuelle et de surexciter le double de cette intelligence.

Dans l'état cataleptique, il apparaît que la seconde intelligence possède le pouvoir mystérieux d'arrêter temporairement l'action nerveuse et de faire ainsi cesser les causes de la douleur.

Faut-il conclure de ces faits que ce soit le déplacement momentané d'une faculté transposée qui les produise ?

Nous l'ignorons, ou plutôt nous n'osons pas l'affirmer.

Y a-t-il pour les besoins de l'organisme intérieur un esprit qui y préside ? c'est ce qu'il faudrait savoir, et c'est ce que nous croyons.

La médecine a-t-elle bien étudié les lois du sommeil, les effets ou plutôt les causes des rêves et des hallucinations, le sujet est vaste, et nous pouvons dire qu'aucune étude sérieuse n'a été faite dans son domaine.

Pourtant en s'aidant de la double intelligence que nous avons signalée, il est possible d'en découvrir les arcanes ; la nature ne se refuse pas à don-

ner ses secrets à ceux qui les cherchent pour soulager leurs semblables.

Elle répond à ceux qui l'interrogent, mais elle ne veut pas que l'orgueil humain prononce le mot impossible. La science est d'une essence si fragile, qu'elle n'a pas le droit de se glorifier, elle ne possède que ce que le hasard lui donne.

Quant à nous à qui la nature a fait toucher du doigt à une de ses vérités sur l'organisme humain, en attendant que d'autres plus habiles complètent les études que nous avons faites, nous la commentons pour en découvrir d'autres, et nous trouvons que :

Le sentiment émane du cœur, mais il ne prend sa forme qu'en passant par le cerveau qui le reflète ; entre ces deux points rayonnent toutes les forces de la vie.

La tête et la poitrine, ou le cœur et le cerveau, voilà les deux forces morales de l'homme.

Le cerveau agit sur les nerfs.

Le cœur agit sur le sang, il est la voix du sang.

Comment ces deux forces sont-elles liées ? qui les réunit. C'est peut-être une force centrale qui forme le moi humain, c'est sans doute cette chose insai-

sissable que nous appelons l'âme ou la vie : Ce problème nous ne prétendons pas l'avoir résolu, cependant les mystiques l'ont déjà expliqué en prenant la forme du triangle pour caractériser la Sainte-Trinité dans laquelle se personnifie la Divinité.

Ce serait donc être orthodoxe que de dire si Dieu a créé l'homme à son image, il doit être formé d'une force triple en esprit qui s'appellera :

Cœur, ame, intelligence, et l'âme serait ainsi un trait d'union servant à lier le cœur et le cerveau.

Ceci est à l'état de théorie ; mais la chose passée à l'état de fait matériel, est la voix du cœur ou du sang, cette voix distincte agit en dehors de la connaissance de l'homme, elle le surprend, l'étonné, l'épouvante, quand il ne s'en rend pas compte ; et ce fait se produit d'une façon si peu prévue que cette voix qui vient à son oreille ou qui miroite dans son cerveau, lui fait croire sous la forme des appellations du spiritisme qu'elle est une manifestation d'outre-tombe.

Ce phénomène, que nous avons expérimenté, est d'autant plus remarquable que nous avons reconnu que les sensations du médium le surprennent de

telle façon qu'il croit aux prétendues révélations de son esprit, l'impression produite sur lui est telle qu'il se croit en face du sujet qui s'image en lui lorsque sa seconde intelligence se manifeste en le faisant écrire.

Ce que produit sa main, c'est en quelque sorte l'autographie de celui dont il signe le nom; la science du faux en écriture envierait certaines reproductions de ce genre.

Disons que dans le spiritisme, dont ÀUan Kardec fait sa curée, les sujets sont comme dans le sommeil magnétique sous le coup d'une surexcitation nerveuse qui prête singulièrement à leur exaltation, et qui les tient sous le coup d'une fascination qui les énerve dans leur intelligence. Il est impossible de trouver un médium si la surexcitation nerveuse ou fébrile ne lui vient pas en aide.

Dans l'état fiévreux vous développerez chez presque tous les malades des faits de la nature de ceux que je cite. Gardez-vous, cependant, de le faire si vous n'agissez pas avec une extrême prudence, car ce n'est que par la désorganisation factice ou maladive que ces étranges effets se produisent, et l'antidote de leurs désordres n'est pas toujours

assez puissant pour réparer le ravage qui s'est fait.

Maintenant, voulez-vous le moyen d'annihiler toute la science spirite, le voici :

Dites au médium qui opérera devant vous :

Observez le mouvement sanguin qui s'opère dans vos mains; suivez l'impression fatigante qui remonte à votre cerveau en redescendant ensuite vers le cœur, et vous verrez que c'est un esprit de votre corps qui agit sur vous.

Dites-lui hardiment, tu n'es pas un esprit d'outrer tombe, et tu es en moi depuis que j'ai la conscience démon être, alors le prétendu esprit de saint Louis, de saint Augustin ou de Lacordaire (l'esprit du corps qui aime à parodier les grands hommes défunts) se retirera honteux et confus.

Ainsi les faits de spiritisme sont le résultat d'un déplacement dans les forces de notre organisme, et ils ne se produisent en général qu'à la suite de grands chagrins, de grands travaux ou de grandes fatigues.

Toutes les maladies sont également propres à les développer.

Les faits spirites sont la manifestation des fantaisies du cœur qui souffre et qui, n'étant plus conti-

nuellement en correspondance avec le cerveau, agit sans lui sur une partie du système nerveux, et fait automatiquement mouvoir les doigts de celui qui s'y prête, et qui, avec la meilleure foi du monde, se croît en relation avec des êtres impalpables extérieurs.

Les faits spirites sont donc les conséquences de ^ l'électricité sanguine, et cette force a selon nous une puissance assez grande pour faire mouvoir des objets poreux tels que le bois ; ainsi le mystère des tables tournantes n'est qu'une chose fort simple à notre avis, et ces tables peuvent écrire comme on le dit, tant que le rayon fluidique de celui qui les dirige est en contact avec elles. C'est de la télégra- -7 phie au petit pied, rien de plus.

Le magnétisme et le spiritisme remontent à Moïse, et l'on doit s'étonner que la science n'ait pas cherché à voir ce qu'elle pouvait tirer d'une série de faits qui se sont reproduits dans tous les âges.

Le papeHonorius, malgré trois conciles, se refusa à condamner la science cabalistique. L'astrologie, le magisme et toutes les pratiques qui ont fait redouter leur puissance dans les temps d'ignorance, ont eu pour principe les faits magnétiques et électriques.

Nous avons eu les orateurs fanatiques des Cevennes, les tortionnaires, et nous avons dans l'Inde et dans l'Afrique des sectes qui, sans le savoir, exploitent les éléments du magnétisme électrique.

Ceux qui ont pu voir les Aïssaouas, doivent comprendre tout ce que peut l'homme en exploitant avec intelligence ce que des êtres abrutis font stupidement pour gagner quelques sous et faire croire à leur sainteté.

Que la médecine cherche donc, et qu'elle marche, elle a de grandes œuvres à accomplir si elle ne continue pas à nier l'évidence.

Qu'elle étudie ce double organisme de l'homme, et elle obtiendra plus de progrès en quelques années, que les sciences réunies ne donneront de résultats en plusieurs siècles.

Folie, diront les orgueilleux..., un corps ne peut renfermer qu'un seul être pensant et agissant. . . , et quand il en serait autrement, que faire d'un pareil secret ?

Nous établirons plus tard ce que vaut le secret de la force double, et quels sont les privilèges qui s'y rattachent, mais nous allons avant parler pratiquement et dire :

Qui de vous osera affirmer que le cœur ne possède pas un moi distinct de l'individualité du cerveau.

Qui dira que la tête et le cœur ne luttent pas souvent ensemble, et que souvent un suprême effort fait seul qu'il nous est permis de prendre une résolution ?

La philosophie et la religion ont aussi prononcé J^ i^. le mot conscience. La conscience n'est-elle pas une fyrU/r****&* individualité que nous interrogeons et qui nous ré- *À* A** pond. A qui parlerait l'homme dans sa solitude si t*Ai*J,^ son esprit n'était pas double?

Non-seulement il est double, mais encore chez certains hommes un esprit fait gémir l'autre, qui, quelquefois, finit même par en être épouvanté, alors l'harmonie se détruit, il y a révolte ; et il faut qu'un esprit cède à l'autre, ou il le détruit en se détruisant. S'il n'y réussit pas il le rend fou !

Allez, croyez-le, la médecine légale a touché cette vérité sans oser la produire, nous le disons et c'est ainsi.

La nature dans ses phénomènes nous a donné l'exemple d'enfants jumeaux liés entre eux par le torse, et ayant le même sang artériel pour alimenter

leurs organes : si ces êtres eussent vécu de longues années, ils eussent été dans l'obligation de se nourrir des mêmes besoins et des mêmes sensations, et ils eussent, à coup sûr, vécu ainsi sans avoir à souffrir de trop de misères morales.

L'habitude est une seconde nature; ce dicton est la reproduction d'une grande vérité.

Mais celle que vous colportez, si toutefois elle est établie, sera une vérité dangereuse, dira-t-on.

Erreur, rien n'est dangereux dans les faits que dévoile lentement la nature qui veut que l'homme cherche et trouve, h kùnM*^ £ U*******

C'est toucher à une arche sainte, crient déjà quelques esprits étroits.

Ce n'est pas même attaquer le dogme des religions, dirons-nous avec assurance.

La religion reconnaît en l'homme deux esprits, celui du bien et celui du mal ; les casuistes, avant d'attaquer notre principe, auront soin d'établir d'une façon orthodoxe comment se produisent ces deux manifestations.

Quant à l'orgueil humain, qui se gendarme; s'il voit dans notre opinion une insulte à la dignité de l'homme, qu'il prenne son microscope, et il recon*

naîtra que la chair et le sang se composent de milliers d'animalcules qui vivent en nous de notre vie, en nous donnant la vie par leur mouvement automatique.

Le docteur Portai, ce savant bel-esprit qui se faisait gloire de faire partie du club des Athées, crut un jour en chaire faire une brillante facétie en s'écriant :

« Les prêtres ont leur trinité, et nous aussi nous avons la nôtre.

« La circulation du sang, la transpiration et les esprits vitaux. »

Il avait reconnu les atomes sans penser à l'électricité magnétique et à la force électrique du cœur ; il a donc été bien plus irrévérent que nous puisqu'il établissait en substance que l'homme n'était que la centralisation d'un certain nombre de petits vers, éléments constitutifs de sa vie. On préférera donc notre vérité à la théorie du savant docteur, et personne n'y perdra, pas même maître Àllan Kardec, qui a fait assez ample provision de gros sous avec ses livres, pour qu'il puisse se reposer sur sa gloire.

Nous lui donnerons même un moyen de guérir

5 es malheureux médiums crétinisés par renseignement de sa prétendue science.

Des éponges et de l'eau froide sur la nuque, les épaules et les reinst Pas de douches, un peu de camphre, pas de café et peu de vin. Ils reviendront en peu de temps à l'état normal.

Ceci posé, j'établirai la différence qui existe entre le spiritisme et le magnétisme.

L'enseignement du spiritisme est un enseignement dangereux qui peut occasionner les plus grands désordres, provoquer la folie et pousser au suicide, voilà son bagage. Il pousse au mysticisme, mais il n'a rien à donner à ses adeptes. C'est donc faire acte de démence que de rechercher cette prétendue science et ses effets.

Sur mille spirites, il ne s'en trouvera peut-être pas un qui puisse sans danger arriver à raisonner avec son esprit intérieur. En présence d'un pareil calcul, qui osera tenter l'épreuve ?

Beaucoup de philosophes de l'antiquité ont été spirites sans le savoir ; ils avaient leur esprit familier, que d'autres ont appelé leur bon génie , leur ange gardien; ceux-là doublaient leur force.

Dans la vie claustrale les effets du spiritisme

amènent le développement des extases. L'histoire de saint Louis de Gonzague semble en donner un exemple. Le spiritisme mystique le tuait.

Pour tous ceux qui les étudieront sagement , les faits que j'explique se trouveront démontrés, non dans toute la lumière qu'ils doivent recevoir , mais à l'état de chose expliquée sous une face quand l'étude des autres aspects doit être encore suivie attentivement.

Quel est le fait qui doit d'abord ressortir de notre étude ?

L'anéantissement des parades dangereuses de la prétendue science spirite , qui a déjà fait beaucoup de mal dans les pays qui ont accueilli ses consolations trompeuses.

En ce qui concerne le magnétisme, nous dirons que si les charlatans qui en font leur curée, sont dangereux parleur ignorance, nous croyons cependant que la science a eu tort de ne pas se baisser pour puiser dans le baquet de Mesmer.

Le magnétisme vit de l'électricité ; l'électricité, si elle n'est pas elle-même le principe de la vie , est un des agents les plus puissants qui la régénèrent.

L'eau et le feu font surgir la vapeur, et la vapeur

qui vivifie les usines est aussi une force qui purifie le corps de l'homme qui sait rappliquer utilement.

Qui sait ce que vaut l'électricité pour l'homme ? N'est-elle pas le lien magnétique des intelligences.

Si la double vue n'est pas une fiction, elle en doit en principe être une communication électrique.

Parlerons-nous encore de la vapeur d'éther et de l'éther, et ne dirons-nous pas que les chloroformes et les puissants leviers dont nous venons de nous entretenir sont des agents magnétiques.

Les mondes sont liés entre eux par une force qui se révèle à nos yeux... Ne reculons pas devant l'expérimentation des choses les plus étranges quand elles apparaissent avec le cachet indélébile de la vérité. .. Qu'on se souvienne qu'on ne vole pas les mystères de l'infini, la nature les donne.

Il y a longtemps que, pour la première fois, on a écrit : L'homme s'agite, mais c'est la main de Dieu qui le conduit î

Je terminerai cet exposé par une dernière réflexion et par un défi.

Si l'esprit français est libre de se manifester dans toutes les industries, si l'enseignement du grand œuvre, et celui de la solidification du carbone li-

quifié peuvent trouver encore des adeptes, la bourse ^ ^

des niais en souffrira seule : laissez passser, car si toutes les écoles où se poursuit la recherche de l'absurde devaient être interdites, dame police aurait trop à faire pour arriver à ce résultat.

Il n'en est pas ainsi quand des intérêts généraux se trouvent en jeu et quand la folie humaine cherche, avec ou sans intention, à inoculer dans une société un virus pestilentiel.

Le prétendu enseignement des esprits rentre dans cet ordre, il est en quelque sorte le guide pratique de la polluation de l'intelligence, il est destiné à produire des crétins, des tortionnaires, des épileptiques 2: *? et des fous : la démonstration matérielle en est faite.

Holà donc, Messieurs les professeurs ! et sachez ce que vous êtes.

Spirites de bonne foi, je vous le dis et c'est ainsi.

La science à laquelle vous croyez n'est que l'effet

du dédoublement d'une faculté qui s'isole pour agir

seule, provoquée à l'isolement par la surexcitation

\ du sujet en qui elle se développe et qui là développe.

Ainsi tout est intérieur dans les manifestations dont

le directeur AUan Kardec exploite si bien la naïveté.

Les mystères du tombeau appartiennent à une loi

Al

inconnue, il est inutile à l'homme de chercher à les pénétrer, Dieu ne lui permet pas de savoir ce que deviennent les âmes.

Mais ce qu'il, est permis de prouver mathématiquement avec la force brutale du fait acquis, c'est le danger et le ridicule du spiritisme, cet effet curieux produit par l'intelligence qui crée les rêves.

Ayant pratiqué cette prétendue science, j'en connais les effets. Ainsi que je le dis à ses opérateurs :

Il suffira de ma présence pour faire tomber tout l'échafaudage de la doctrine. Elle présente moins de difficultés à annihiler que le problème burlesque posé par Christophe Colomb n'en offrait dans sa solution» ...

Il ne s'agit en toutes choses que de frapper juste.

La coquille des vertus spirites est moins dure à briser que celle de l'œuf du conquérant du Nouveau-Monde.

Et chacun s'étonnera bientôt que le spiritisme ait été ressuscité pendant quelques années dans le dix-neuvième siècle, et que ses journaux aient trouvé des lecteurs en 1864.

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