MOUVEMENT DE CORPS PLUS OU MOINS LOURDS SANS CONTACT AVEC LE MÉDIUM
Nous avons assisté souvent à ce phénomène bien remarquable; citons quelques exemples.
— Le 29 avril 1886, dans une séance de jour, Slade était assis en face de la fenêtre, ses pieds tournés de notre côté — quand il faisait face à la table, nous étions à sa droite. Tout à coup, une chaise placée à un mètre vingt centimètres (nous avons mesuré exactement à l’aide d’un mètre , double en ruban) lit un demi-tour sur elle-même et vint se jeter contre la table, comme attirée par ' un aimant.
— Le 11 mai 1886, Slade, dans la position ordinaire (comme ci-dessus’), en plein jour, 3 heures et demie de l’après-midi, un bahut, placé a 75 centimètres de la chaise de Slade, se mit en mouvement assez lentement d’abord, en quittante muroù il était appuyé, pour qu’on pût s’assurer qu’aucun contact n’existait entre ce meuble et les objets qui l’entouraient. Puis il vint frapper violemment contre 1a. table que nous entourions : Slade tournait le dos au bahut, M. A... et nousmême lui faisions face. Nous ne pouvons dire
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l'effet produit par ce meuble massif, semblant s’animer pour un instant d’une vie propre.
Le même jour, une chaise placée à côté du meuble en question fut renversée, quelques instants plus tard, à près de deux mètres du médium.
Le 12 mai, sur notre demande, une chaise fut comme naue par un ressort et s’élança à l ,n 50 de hauteur.
Aussitôt après chaque mouvement semblable aux précédents, nous nous sommes assuré, par l’examen du plancher, des murs et des meubles, qu’aucune hypothèse physique ou mécanique ne pouvait expliquer, d’une manière satisfaisante, les projections auxquelles nous venions d’assister.
Dans plusieurs séances, une ardoise sur laquelle reposait un crayon, étant tenue par Slade sous la table, nous avons vu le crayon décrire une ligne, courbe demi-circulaire pour venir de dessous le milieu de la table et tomber sur le milieu d’ « icelle ». Le fait s’est produit notamment en présence de M mc de B..., qui assistait à la • ; séance du 24 juillet 1886.
Plusieurs fois également, nous avons vu une ardoise encadrée (modèle Faber n" 7) quitter la main de Slade, passer sous la table, la traverser dans toute sa largeur (l m 08), pour se placer dou-
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cément dans notre main, et lorsque nous la prenions, nous avions la sensation d’une résistance produite par une autre main qui aurait tenu l’ardoise. Pendant ce temps, nous n’avions pas perdu de vue les mains du médium et nous apercevions ses deux genoux qu’il tenait en dehors de la table. Une expérience pareille à celle-ci fut faite en notre présence et en même temps devant un de nos amis, M. L..., rédacteur en chef d’un journal politique de Paris.
Une fois, le même phénomène s’est produit pour M“° de B... (le 24 juillet) et nous étions à droite de Slade dont pas un mouvement ne nous échappait : l’ardoise chemina sous la table, fit un trajet de plus d’un mètre, après avoir effleuré nos genoux, et vint se placer dans la main que M me de B... tenait sous le bord de la table ; mais ce fut à la troisième reprise seulement que l’ardoise parvint à destination.
Dans plusieurs circonstances, nous avons vu l’ardoise, avant d’aller se placer directement dans la main de la personne qui faisait face à Slade, se montrer d’abord à l’extrémité de la table à laquelle Slade tournait le dos, frapper le bord de la table de plusieurs coups comme pour appeler l’attention, et avec son bout inférieur, j de telle sorte qu’on eût dit qu’une main invisible la tenait par en haut. Elle repassait ensuite
se placer dans la main d’un des assistants ou de Slade lui-même.
Dans ces différentes expériences, nous n’avons saisi aucun mouvement suspect de Slade, qui cherchait, au contraire, en notre présence, à réprimer les mouvements réflexes auxquels il est sujet au moindre bruit. Nous avons toujours regardé sous la table aussitôt après le passage de l’ardoise, mais nous n’avons rien vu d’insolite.
Dans le genre de phénomènes auxquels nous consacrons cet article, on peut classer le fait suivant que nous avons observé avec toutes sortes de précautions : après avoir passé une fois la main au-dessus d’une aiguille aimantée enfermée dans un boitier vitré de la grandeur d’une montre sans la faire sortir deFimmobilité, Slade lit mouvoir une deuxième fois sa main droite de la même manière : l’aiguille fut agitée violemment et fit plusieurs tours sur son pivot quand le médium prononça ces paroles en anglais : « Youlez-vous, je vous prie, faire tourner cette aiguille ? »
Nous avions nos jambes sous la table au niveau du point où se trouvait la boussole et les yeux fixés sur celles de Slade. La pièce deFappartement où se faisait l’expérience est située à l’entresol et juste au-dessus du vestibule : nous n’y avons vu
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aucune installation de machine électrique. Nous savons en outre que les appartements situés audessus de celui où se faisait l’expérience ne sont pas loués par le « médium ». Enfin, Slade ne s’attendait pas ce jour-là à ce que nous lui demandions cette épreuve.
La même expérience fut tentée deux autres fois, mais sans succès.