CHŒUR D*HABITANTS DE SULEM
Quelle est, la joue en fleur et le regard charmé, Celle qui, sans peur et sans honte, Du désert aride remonte S'appuyant sur son bien-aimé ?
LE BERGER d'eN-GUÉDI
Tu dormais : je t'ai réveillée Sous le pommier dont la feuillée, Quand t'en&nta ta mère au milieu des douleursi Ouït tes premiers cris et vit tes premiers pleurs.
LA SULAMMIIHE
[Se peut-il ? Ai-je fait un rêve ?
Est-ce un cauchemar qui s'achève ?...]
Mets-moi comme un sceau sur ton cceur.
Oui, mets-moi sur ton bras comme un scel infrangible... L'amour comme la mort est fort, plus que vainqueur, Et, comme le Schéol, sa force est invincible. Ses ardeurs sont un feu brûlant, perpétuel,
Une flamme de l'Eternel.
Les grandes eaux des mers ne le sauraient éteindre
Ni les fleuves le submerger.
L*amour ne se vend point et ne peut s'échanger; Quand un homme offrirait tous ses biens pour Tatteindre, Il ne s'attirerait que honte et que mépris.
Tous les biens d'ici-bas n'en paîraient pas le prix.
(Le Berger et la Sulammithe arrivent près de la maison. Les frères de la Sulammithe i entretiennent ensemble, sans les voir).
l'un des frères
Nous avons une sœur toute jeunette et frêle Dont la poitrine encor n'a pas pris son contour...
Que ferons-nous de notte sœur au jour Qu'on la recherchera^ la trouvant grande et belle ?