UN CRIME DE UËSB-FÉODALITÉ
En plein dix-neuvième siècle, n'y a-t-il pas pour une grande nation autre chose à faire de sa fortune que de la risquer au jeu de la force et du hasard, avec des boulets de canon pour dés, sur des prés rougis de sang pour tapis?
Plus d'une fois nous l'avons dit, et nous le répétons une fois de plus, M. de Bismark n'a pas nos sympathies ; il personnifie une politique qui est la politique opposée à la nôtre : il personnifie la politique territoriale, tandis que nous représentons la politique économique; mais si nous sommes absolu, ce qui signifie conséquent, nous ne sommes pas exclusif. A notre point de vue, que nous croyons supérieur, nous n'approuvons pas la politique de M. de Bismark, mais au sien, que nous croyons inférieur, nous la comprenons; ce n'est pas seulement la politique de Richelieu qu'il continue, c'est encore la politique de Napoléon PJ, telle que son héritier l'a exposée, justifiée et glorifiée en ces termes :
Napdéon détruisit ces petites républiques qui» comme le dit Montesquieu, ne devaient leur existence qu'à la perpétuité de leurs abus. Depuis les Alpes jusqu'à Otrante, il n'y a plus que trois grandes divisions : le royaume d'Italie, le royaume de Naples et les provinces françaises. Napoléon avait réuni au grand Empire le Piémont, ainsi que Home et Florence, dans le but d'habituer ces peuples ù un gouvernement qui fit les hommes citoyens et soldats. Une fois les guerres finies, il les aurait rendus à la mère patrie; et ces provinces, retrempées par son autorité, se fussent trouvées heureuses de passer de la domination française sous un gouvernement italien; tandis que, si cette grande réorganisation eût été plus hâtive, ces peuples, que l'action française n'aurait point préparés à une nationalité commune, auraient sans doute regretté leurs anciennes individualités politiques.
L'Allemagne méridionale, affranchie du joug de l'empire germanique, voit la civilisation s'avancer sous les auspices du Code Napoléon, et, au lieu d'être morcelée en deux cent qoatre-vingt-ouatre états, elle voit ce nombre réduit à trente et on par l'établissement de la Confédération du Rhin :
Set^ffieunes et ëouveraineiés de Vancienm AUemagne, ayant wâx à la Diète, et, dans leur territoire, droit de législation €t de justice.
Electeurs ... ; 9
Princes laïques 6i
Princes ecclésiastiques 33
Abbés et abbayes, avec droits seigneuriaux. 4i
Comtes et seigneurs de l'empire :
En Wetteravie i6
En Souabe 23
En Franconie 47
En Westphalie 33
Souverains 233
Plus, républiques 51
Le décret de Ratisbonne (1803)^ premier acte de Tempire germanique^ rédigé sous l'iafluence de Napoléon^ réduit ces États au nombre de cent quarante-sept :
Électeurs 10
Seigneurs ayant voix à la Diète 431
Villes lilM-es •.... 6
TOTAt 147
Par la Confédération du Rhia^ l'empereur Napoléon médiatisa tous ces princes; il ne resta plus que trente et un États :
Rois 4
Électeur-archichancelier 1
Grands-ducs • 3
Landgrave 1
Princes 11
Ducs 10
Comte 1