‹ Le succès; questions de l'année 1866Chapitre 2 sur 205 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

A Son Excellence monsieur le comte deBismark-Schcen^ hausen^ chancelier fédéral^ président du Conseil et ministre des affaires étrangères.

Monsieur le comte ,

Les questions de l'année 1866 étant toutes dominées par la question de TUnité germanique, à laquelle rtiistoire vous fera Timpérissable honneur d'attacher votre nom, le titre de ce volume, LE SUCCÈS, m*a suggéré ridée de donner à cette introduction la forme d'une lettre, que je vous demande la permission de vous adresser.

Le succès, c'est le droit...

Moderne, allais-je ajouter en glissant sur la pente de la banalité; mais, heureusement, je me suis arrêté à temps pour ne pas tomber dans cette erreur commune.

Depuis que la société a pris la place de Thumanité, il n'y a jamais eu dans le passé d'autre droit que le succès.

Il ne faut donc pas dire du succès que c'est le

Ti INTRODUCTION

droit moderne, îl faut dire que c'est le droit séculaire.

L'avenir connaîtra-t-il un autre droit que celui de la force victorieuse ? Je n'en doute pas. Mais cet autre droit, quel sera-t-il? Où puisera-t-il sa sanction? car, en dehors de la force, il n'y a que la science qui porte sa sanction avec elle-même. L4 jo$(jcé rj* 3. jamais été qu'un masque.

Qu'est-ce que la justice sans le concours de la force? Et où la force domine, que devient la justice?

L'humanité, dont la société a usurpé la place, n'aura recouvré son empire qu'à l'époque où elle aura enfin rayé du dictionnaire politique ces mots imposteurs : droit et JUSTICE, pour les reiiiplacér par ces mots véridiques :

iSrUDE et SCIENCE.

Toutes les lois de la société, toutes, sans exception, sont fausses; toutes les lois de l'humanité, toutes, sans exception, sont vraies.

Mais, si la politique était ce qu'elle devrait être et ce que mallieureusement elle n'est pas*, si la politique était la Maison de l'homme appliquée çans relâche et sans fin à la recherche exclusive des lois de l'humanité, le monde aurait bientôt- cessé d'appartenir aux conquérants, pour appartenir aux savants. La même tombe ne tarderait pas à enfermer lois positives et lois répressives, guerres et crimes, ignorance, misère et perversité.

Entre le règne, que je pressens, de la liberté par la sciienoe et le règne que vous prolongez de la gloire par la^ foifCÇi il n'y a dç place qne pour les phrases creuses et soQQrQ^! (({ue je combaisi, bélaç 1 sans les vaincre.

lî',hji$tQire a toujours été éprise dq succès, et elle n*a pas cp3sé dp l'être j quoiqu'elle soit vieille. Ce que vous aviess f^, ç,Ue Iç^Jio.ryieriqi. Elle vous placera, on Prusse,

«1 même rang qu^elle a placé, en Fntncc, le cardinal dé Richelieu et, en Italie, lecomle de (îavour. Je ne serai pas plus sévère que riusloira. Ne craignez donc pas que je vous reproche de vous ^re emparé, sans autre droit que le droit du plus fort, des trois ducliés de l'Flbe, qui voue étaient nécessairea poQf avoir Accès sur deux nriers et communication avec Tdcéan Atlantique; d'avoir vassalisé la Sake et absorbé le Hanovre ; de mettre tout en œuvre, sans rien nrglîger, pour placer le frfus vite que vous le pourrez la couronne d'empereur ù' Allemagne sur la tête du roi de Prusse... La logique vous absout à mes yeux. Si vous n'eussiez pas osé ce que vous avez entrepris, un autre, à votre place, guidé par la pensée et par l'exemple de Frédéric le Grand ; couvert par les délibérations et par le vote de l'Assemblée nationale constituante de TAIlemagne, sié^ géant à Francfort en 18 iO, l'eût tenté et eût fini par l'exécuter. .Comme les fleuves^ les États ont leur conra : le ralentir est possible, l'arrêter ne Test pas. Ce qui s'est tkccoiïïfii eo 1806, c'est ce qui devait être. La loi qui Ta emporté, c'e^t la loi de la pesanteur germanique, c est la loi de la pesanteur spécifique. Relativement à la Prusse, l'Autriche avait le désavantage) d'être moins une nation qu'un faisceiau de nationalités, dans lequel il n'entrait que huit millions d'Allemands sur trente-cinq millions d'Autrichiens, tandis que, sur dix-neuf millions de Prussiens, la Pruàse coniplait au moins dijt-sept millions d'Allemand:^. La victoire de Sadowa a donc été d'accord avec la nature des choses : j? lo reconnais?. Toulefoi?, monsieur le comte, songez-y ! ce que la force et la logique oui fait, la violence et Tinconôéquence peuvent le

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défaire. Il n*y a pas de succès dans lequel le hasard n*entre pour une part plus ou moins considérable. Aussi a-t-on justeipent défini la guerre : < Le jeu de la force et du hasard. »

Le hasard et la force ont été pour vous ; la force et le hasard pourraient tourner contre vous. Si vous alliez la prévoyance à Taudace, c'est un risque auquel vous vous empresserez de faire sa part, afin de le détruire ^ et d'attester que, si haut que la fortune vous ait élevé, elle est encore restée au-dessous de votre supériorité. Ou vous n'êtes qu'un joueur qui avez gagné une partie que vous auriez pu perdre, ou vous devez prévoir que le gain tentateur de cette partie vous suscitera des envieux, de la foule desquels ne tardera pas à sortir un autre joueur dont la pensée fixe sera de vous imiter, de vous égaler et de faire pour la France ce que vous avez fait pour la Prusse, ce que le comte de Cavour a fait pour l'Italie. Il y a des exemples contagieux : le vôtre est de ce nombre. Comptez que la France demandera à la force et à. la victoire de lui faife sa part, si elle ne lui est P&6 faite par la prévoyance et l'équité. La part de la France, c'est tout le territoire qui est compris entre ses frontières actuelles et ses frontières naturelles tracées par la rive gauche du Rhin et la mer du Nord.

Quoiqu'elle eût la prétention de représenter le droit divin, la Prusse s'est approprié sans scrupule les enclaves qui nuisaient à sa bonne conformation géographique et militaire ( 1 ) ; pourquoi les scrupules qui n'ont pas arrêté la

(i) c( Nous avons trop peu de consistance et trop de frontières. » FBéDËRic n. OEuvre$ complètes^ tome XXVf ^ page 487.

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Pnisse arrêteraient-ils la France (1)? S*ils ne Farrètent pas, et, je vous le certifie, ils ne Tarréteront pas , vous n'aurez, monsieur le comte, qu'à vous en prendre à la fécondité de votre gloire. La loi qui vous sera appliquée, c^est la loi que vous aurez faite. Patere legem qmm ipse fecistis, disaient sesjnges au chancelier Poyet, qui le traitèrent avec la même rigueur qu'il avait traité Tamiral Chabot de Brion. Patere legem çuam ipse fecistis^ répéteront ses contrefacteurs au chancelier de Bismark ou au continuateur de son oeuvre. Robert Peel, assisté

(1) « Paris, 19 janvier 1814.

)) La chose sur laquelle l'empereur insiste le plus, c'est la nécessité que la France conserve ses umites naturelles; c'est la condition sink QUA NON. Toutes le? puissances, TAngleterre même, ont reconnu ces limites à Francfort. La France, réduite à ses limites anciennes, n'aurait pas aujourd'hui les deux tiers de la puissance relative qu'elle avait il y a vingt ans. Ce qu*elle a acquis du côté du Rhin ne compense point ce que la Russie, l'Autriche et la Prusse ont acquis par le démembrement de la Pologne. Tous ces États se sont agrandis ; vouloir ramener la France à son état ancien, ce serait la faire déchoir et l'avilir. La France^ sans les départttments du Rhin, sans la Belgique, sans Ostende, sans Anvers, ne serait bien.

» Signé : Gaulaincourt, due de Vicence. n

€ La Prusse s'est agrandie du duché ou palatinat de Posen, d'un fragment de la Saxe et des principaux cercles du Rhin ; son poste avancé est sur notre ancien territoire.

» La Russie a recouvré la Finlande et s'est établie snr les bords de la Vistule.

» Et nous, qu'avons-nous gagné à ces arrangements?

V Nous avons été dépouillés de nos colonies; notre vieux sol même n'a pas été respecté. Landau détaché de la France, Huningue rasé ouvrent une large brèche dans nos frontières. Un combat malheureux à nos armes suffirait pour amener l'ennemi sous les murs de Paris. Paris tombé, l'expérience a prouvé que la France tombe. Ainsi, il est vrai de dire que notre indépendance nationale est livrée à la chance d'une seule bataille et à une guerre de huit jours. »

CHÀTEAUBMAND. Congtés de Yérone.

^ INTBOmiGTION

de Richftrd Gcbden, avait creusé à la politique eoro^

péenne le lit tranquille d'un canal ; vous avez interrompu le cours paisible de la politique écononaique pour livrer de nouveau la destinée de$ nations au cours furieux de cet indomptable fleuve de sang alimenté par la politique territoriale! Depuis Chateaubriand et la Ferronays, depuis 1829, la France n'avait plus de politique exté^ rieure jaillissant d'une pensée commune ; la France vous devra de Ten avoir fait souvenir! La France vous devra de lui avoir remis en mémoire et sous les yeux que toutes les enclaves dont elle a été dépouillée, en 1815, le lendemain du désastre de Waterloo, sont hérissées de forteresses dont les canons bavarois, belges, hessois, hollandais et prussiens, la défient et la menacent. Ces forteresses agressives se nomment : Mayence, Goblentz, Golo^ gne, Yenlo, Nimègue, Breda, Berg-op-Zoom, Maestricht, Anvers, Mons, Charleroi, Liège, Philippeville, Luxembourg, Sarrelouis, Landau et Germersheim. Le moins que la France soit en droit d'exiger, au nom de sa sécurité, c'est que ces forteresses soient rasées ; mais comme en obtenir le rasement serait plus difficile que de rentrer en leur possession, ce qu'il y aura de plus facile, c'est ce que fera immanquablement la France, se levant comme un seul homme à la voix patriotique du ministre patient et résolu qui, l'heure venue, laissera tomber du haut de la tribune nationale ces paroles suprêmes :

c Députés de la France, qui imposez à votre pays la » charge d'une armée défensive lui enlevant annuellement » cent mille hommes, la fleur de sa jeunesse laborieuse, » et lui coulant un million par jour, trois cent soixante-

iinnoDUcrnotf n

cinq milUoDS par an, voulez-vous enfin mettre un terme à des sacrifices qui ont trop longtemps pesé sur sa po* pulation, son agriculture, son industrie et son corn* merce ? Attestez sa vigueur par un grand acte dont le but et la ccmséquence seront le désarmement européen. Déclarez à TAllemagne que vous n*entendez nullement faire obstacle à son unité géographique, aussi étendue et aussi complète, sur la rive droite du Rhin, que le permettront l'Angleterre et la Russie implorées par r Autriche et la Hollande ; mais que, à votre tour, vous entendez expressément que l'Allemagne s'abstienne de faire opposition à Tunité géographique de la France, cette œuvre poursuivie de siècle en siècle par ses rois, proclamée nécessaire par Vauban, reconnue légitime par Frédéric II, roi de Prusse (4), et

[i) « La France est bornée à TOccident par les monts Pyrénées, qui la séparent de TEspagne et qui forment une espèce de barrière que la nature elle-même a posée; mais, du côté de TOrient, elle n'a d'autres limites que celles de sa modération et de sa justice. L'Alsace et la Lorraine, démembrées de l'Empire, ont reculé les bornes de la domination de la France jusqu'au Rhin. Il serait à souhaiter que le Rhin put continuer à faire la limite de leur monarchie. Pour cet effet, U se trouve un petit duché de Luxembourg à envahir , un petit électoral de Trêves à acquérir par quelque traité ; un duché de Liège par droit de bienséance; les places de la Bavière, Ja Flandre et quelques bagatelles semblables devraient être nécessairement comprises dans cette réunion, et il ne faudra à la France que le ministère de que que homme modéré et doux, qui, prêtant, s'il m'est possible de m'exprimer ainsi, son caractère à la politique de sa cour, et qui, rejetant toutes les ruses et tous les détours de ses artifices sur le compte de ministres subalternes, conduise, à rabri de dehors respectables, ses desseins à une heureuse issue. »

ŒUVRES DE FRÉDÉRIC II; édition de Berlin, 1846, tome VIII, pages 15 et 16. Considérations sur V état présent du corps politique de VEuropo.

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» accomplie en mars 1801 par la république victorieuse, » dictant la paix de Lunéville (1). »

Le jour immanquable où cet appel sera adressé à la virilité de la France par un ministre non moins viril que vous, monsieur le comte, ministre qui aura comm^cé

(i) TRAITA DE PAIX ENtBE LA BËPT7BUQUE FRANÇAISE ET SA MAJESTÉ

l'empereur ET LE CORPS GERMÂNiooE, sigoé à LunévUIe le 9 février 1801.

a ART. 11 . La cession des ci-devant provinces belges à la République française stipulée par l'article 111 du traité de Campo-Formio est renouvelée ici de la manière la plus formelle ; en sorte que Sa Majesté Impériale et Royale^ pour elle et ses successeurs^ tant en son nom qu'au nom de l'Empire germanique, renonce à tous ses droits et titres aux susdites provinces, lesquelles seront possédées à perpétuité, en toute souveraineté et propriété, par la République française, avec tous les biens territoriaux qui en dépendent. Sont pareillement cédés à la République française par Sa Majesté Impériale et Royale, et du consentement formel de l'Empire : 1° le comté de Folkenstein et ses dépendances; 2^ le Frickthal et tout ce qui appartient à la maison d'Autriche sur la rive gauche du Rhin, entre Zurzach et Bâle; la République française se réservant de céder ce dernier pays à la République helvétique.

» ART. VI. S. M. l'empereur, tant en son nom qu'en celui de l'Empire germanique, consent à ce que la République française possède désormais en toute propriété les pays et domaines situés à la rive gauche du Rhin, et qui faisaient partie de l'Empire germanique ; de manière qu'en conformité de ce qui avait été expressément consenti au Congrès de Rastadt par la députation de l'Empire et approuvé par l'empereur, le Thalweg du Rhin soit désormais la limite entre la République française et l'Empire germanique, savoir : depuis l'endroit où le Rhin quitte le territoire helvétique jusqu'à celui où il entre dans le territoire batave. En conséquence de quoi, la République française renonce formellement à toute possession quelconque sur la rive droite du Rhin, et consent à restituer à qui il appartient les places de Dusseldorff, Ehrenbreisteiu, Philippsbourg, le fort de Cassel et autres fortifications vis-à-vis de Mayence; à la rive droite, le fort de Kehl et le Vieux-Brisach, sous la condition expresse que ces places et forts continuent à rester dans l'état où ils se trouveront lors de l'évacuation. »

Martens, tome VU, page 296.

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par donner aux Français une liberté au moins égale à la liberté dont jouissent les Belges et les HollandaiSt et par asseoir Timpôt de telle sorte que* sans être moins productif» il soit plus léger que celui actuellement acquitté par les provinces rhàianes ; ce jour-là, que répondrezvous, que pourrez-vous répondre à votre digne émule? Votre esprit est trop dégagé des lieux communs pour leur emprunter cette réponse caduque et hypocrite qui vous exposerait à une écrasante réplique, réponse qui consisterait à prétendre que, si vous pouvez accepter les huit millions d'Allemands, sujets autrichiens, vous ne sauriez abandonner les quatre millions d'Allemands, sujets bavards et prussiens; réplique qui consisterait à vous demwder d'expliquer comment, lorsqu'il s'agit des Allemands, le sentiment de prédilection nationale pèse dans vos balances un si grand poids, et comment il n'en •pèse aucun lorsqu'il s'agit des Polonais et des Danois? Si vous tenez à compléter et à consolider votre œuvre, monsieur le comte, vous bannirez de votre politique l'hypocrieie ; vous serez franchement la politique de la force tempérée par la prudence et l'équité. C'est en offrant & la France sa juste part que vous rendrez inattaquable l'imnfênse part que vous avez faite à la Prusse, et que vous rendrez indissoluble entre les deux pays une alliance qui, avec l'adjonction de l'Italie, leur permettra d'asseoir la paix en Europe, sur des bases qu'il ne s^ait plus au pouvoir d'aucun souv^ain d'ébranler, si ambitieux ou si susceptible, si querelleur et si téméraire qu'il pût être. Si vous n'avez pas l'ivresse jiasuccè^,. vous aurez toujours présrates à respritces paroles de votre mattre Frédéric 1]^ : • Oa preadtipiand on peut;, oo a*4 jatoais tpirt quequapji

ïiv HyTRODUCTION

» On est obligé de rendre. » Voiïs ne voudrez pas vous exposer au risque d'avoir tort, au danger d'être obligé de rendre; vous ferez ce que fait Tarmateur qui prévoit le naufrage et le porte en ligne de compte de s^ frais sous le nom d'assurance. L'assureur de la Prusse, ce sera la France; l'assureur de la France, ce sera la Prusse : Tune et Tautre, puissances égales et comptant chacune le même nombi^e d'babitant&; l'une et l'autre, grandes puissances pondératrices, à la fois continentales et maritimes, n'ayant plus rien à redouter ni de l'Angleterre ni de la Russie, grâce à cette assurance mutuelle.

Il a dépendu de l' Autriche, jusqm'en juin 1866, d'échapper au désastre de Sadowa par l'abandon de la Vénétîe fait à temps; cet exemple de l'Autriche sera-t-41 muet pour la Prusse? Le même faux* point d- honneur qui ♦a égaré et perdu l'empereur François-Josefrfi égarerat^-il et perdra-t41 i^reillement le roi Guillaume, dont vous ne manquerez pas de dire, je m'y attends, que vous n'êtes que le ministre obéissant? Si vous m'opposiez, monsieur le comte, c^te objection que j'ai prévue, que j'ai dû prévoir, — car le publiciste, pas plus que le mathématicien, ne doit omettre, négliger, dédaigner aucune donnée de Vinammce qu'il cherche à dégager, — je vous répondrais que votre objection a sa réftftation-écrite dans l'acte de naissance de votre soor verain, qui, étant né k 22 noarS'ITd?, a canséquenih ment soixante et dix ans accomplis. Je n'ai aucune hâte, ^amiié ^]iï^ti»l^^4l^>âë^sl%il^cjpasiae^m^iqw^ *^?^là^'^^lMic^ ïiJÉwàdqe

^Ik^8ià<ili4tâi^ff4«V«j$itii^ii4i)iikiq^^

INTRODUCmm xy

nouaient, lâaiâ de le préparer* Il ne s'agit pas de neodre, par la violence, les esprits rétifs plus rétifs encore, maia de les ramener par l'évidence. Or l'évidenee, c'est que la Prusse n'aura son entière liberté d'assimilation de l'autre côté de la rive droite du Rhin qu'à Ja condition préalable que la France, à titre de compensation équitable,aura son entière liberté d'assimilation de ce côté, de la rive gauche du même fleuve. Si la Prusse éclairée y consent, ce s^ra la paix ; si la Prusse aveugtée n'y consent pas, ce sera la guerre.

La gneirre i .

Moi son ennemi déclaré, moi son ennemi systématique, et à outrance, moi dont la plume Ta toujours oombattoe, il faut, pour ^ue je conclue ainsi,, il £ftut que vous ayez rendu à l'ancien cours de la politique sanglante, que quarante années de paix avait à peu pr^ tari, son ircééstible impétuosité 1

Vous avez mis en présence les deux politiques contraires t la politique de réciprocité, qui,, transformant la guerre en concurrence^ pousse les peuples à supprimer les barrières actuelles; et la poUtique de rivalité, qui, subordonnant la richesse à la force, pousse chaque nation à parfaire ses frontières naturelles. Le dilemme dont vous représentez l'un des deux termes est inexorable : ou il faut raser toutes les forteresses qui arment le passé contre l'avenir et perpétuent en Europe l'esprit de féodalité ; ou il faut que toutes celles qui appartiennent géographiquement et militairement, historiquement et logiquement à la France et qui la menacent soient réoccupées par elle.

Choisissez I

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