‹ Le succès; questions de l'année 1866Chapitre 59 sur 205 · UNE PRETENDUE CONTRADICTION · texte numérisé non relu

UNE PRETENDUE CONTRADICTION

8 mai 1866.

Qui nous accuse de contradiction? — C*est le journal qui contredit de la manière la plus flagrante ses traditions et ses opinions ; c'est le journal à la tête duquel est l'éminent auteur de l'écrit intitulé : l'empereur napoléon m et l'iAue, écrit publié en 1859 ; c'est le journal qui en 1863 et en 1864 a fait cent articles pour engager la politique française à intervenir entre l'empereur de Russie et ses sujets polonais, au risque d'une nouvelle campagne de Moscou; c'est le journal la France.

En 1859, le directeur politique du journal la France poussait de toute son éloquence à la guerre; nous la repoussions de toute notre énergie.

Pouvons-nous, en 1866, empêcher que cette guerre ait été faite en 1859, et qu'elle ait eu toutes les conséquences que nous avions prévues? Non.

Où donc est la contradiction? N'est-elle pas du côté de ceux qui ne veulent pas les conséquences de ce dont ils ont été la cause?

Est-ce que la guerre de 1866, qui est sur le point d'éclater, n'est pas le second acte du drame européen dont la guerre de 1859 a été le premier?

L'AUTRICHE ET lA RUSSIE

9 mai 1866.

Ouvrez les Mémoires de Napoléon, vous y lirez :

iLa politique de la Russie et de T Autriche leur commande impérieusement de ne point se perdre de vue. Elles avaient adopté un système d'alliance apparente contre la révolution^ mais elles surveillaient réciproquemeit leur prépondérance, et ne pensaient à se rallier franchement que quand il y avait péril pour chacune d'elles. »

Aussi, dans l'hypothèse d'une guerre nécessitant des alliances, n'avons-nous pas cessé d'être pour l'alliance austrofranco-russo-italienne, abréviations barbares se traduisant par ces mots : liberté des meas, percement des isthmes et heutralisation des détroits I

Cette politique de' l'avenir, cette politique de la paix définitive, c'était celle que présentait l'empereur Napoléon P% lorsque, dans son neuvième bulletin du 29 vendémiaire an lY (21 octobre 1805), il adressait à l'Autriche ces paroles mémorables:

« Je donne encore un conseil à mon firère l'empereur d'Allemagne : ¥^ se hâte de faire la paix ! C'est le moment de se rappeler que tous l^ mpires ont un terme. L'idée que la fin de la dynastie de Lorraine serait arrivée doit l'effrayer, je ne veux rien sdb le continent, ce sont

^^ VjUSSEAUX^ DES COLONIES^ DU COMMERCE QOE Jl VECX^ ET CELA VOUS ^ AYiNTAGBCrX COMME A N0D8. )»

Si, en 1805, T Autriche avait compris ce qu'il y a de sagesse et de profondeur dans ces paroles, si elle en avait fait la base de sa politique et la boussole de sa conduite, que de désastres eussent été épargnéft à l'Europe et que de problèmes menaçants seraient maintenant résolus I

Le retentissant discours prononcé à Auxerre le 6 mai 1866 n'aurait-il trouvé à Vienne que des oreilles pour ne pas entendre que li'hièûrè à soànë dô imser te Oiiàdruatëre autrichien et de rendre la Vénétie aux Italiens?

On nous écrit, on nous assure qu'à Vienne le sentiment autrichien est si vivement surexcité que, voulût-il céder la Vénétie afin de s'assurer l'alliance de la France et de l'Italie contre la Prusse, l'empereur François-Joseph ne le pourrait pas. C'est ce qu'on nous écrivait, c'est ce qu'on nous assurait pareillement, il y a trois ans, lorsqu'il s'agissait des duchés de l'Elbe. On nous dissdt : Le tù\ dé DaneWat^k ïi^est p^s fibre de leur accorder ce qu'ils demandent ! S'il le leur accordait, il ni6 trouverait p'sÈ uto mînîistré potlr coilti'e-sigùei^ ftoïi ordônnâhcô, èl il serait délrôùé pài» la inulliludè ameutée iSous tes fenêtres de son palais.

Qu^a fait le roi àe baneniark*}

Au lieu de ne céder qu'à la raison, il a cédé à la crainte.

Ce qui est arrivé, on le sait.

il ne s'est battu qu^à demi, et il a tout pei'du, fors soh trÔae. La multitude s^est apaisée et résignée, et il n'y a pas eu grève de ministres.

Que l'empereur François-Joseph médite cette leçon, qu^il a contribué à donner si durement à son frière et cousin le roi Christian IX I

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