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IV.E.46. LES SAINTES-MARIES

verse la Camargue et y passe à TO. de Vétang de Vaccarès, le long du Petit-Rhône et entre des étangs plus petits. Huit stat. intermédiaires sans importance. L'iZe de la Camargue (en provençal Camargo) constitue presque à elle seule le delta du Rhône, dont les alluvions l'agrandissent incessamment, au moins à Tembouchure du grand bras. Sa superficie est d'env. 750 kil. carrés, dont 200 seulement sont cultivés, le reste formant des plaines arides par suite de l'excès de sel que contient le sol ou des marais et étangs. Le plus important, Vétang de Vaccarès, compte env. 120 kil. carrés, mais il n'a que 80 cm. de profondeur moyenne. Contrée curieuse en son genre et belle au printemps, mais exposée aux fièvres et infestée par les moustiques en automne. Les dunes sont parfois plantées de pins parasols, de genévriers et de tamaris et les cours d'eaux bordés de roseaux; il y a de nombreux oiseaux (même des flamants) et il y subsiste quelques animaux rares, tels que le castor. De grands troupeaux de moutons, de taureaux et de chevaux demi-sauvages peuplent les pâturages, surtout en hiver. On travaille d'ailleurs au dessèchement et à l'assainissement du sol et l'on y a planté 6000 hect. de vignes submersibles. Après la submersion, on plante pendant quelques mois des rizières destinées à préparer le terrain à la vigne.

38 kil. Les Saintes-Mariés (en provençal Li Santo; hôt. de la Poste, modeste et où il faut faire prix), village sur les bords de la Méditerranée, jadis sur un îlot du Rhône et pour un temps très prospère. L'endroit doit son nom actuel à Marie Jacobé, Marie Salomé et Marie-Madeleine, les «Trémaïé», qui, selon la tradition, abordèrent là en Provence avec Ste Marthe (p. 364), leur servante Sara, St Lazare (p. 396) et St Maximin (p. 392). Au bord de la mer, une station de télégraphie sans fil.

L'église remonte au x^ s., mais fut reconstruite en 1144 et restaurée par le roi René (p. 385) en 1449; avec ses petites fenêtres, ses créneaux et sa tour sur le chœur, elle a l'aspect d'un fort. L'intérieur présente un aspect fort original; dans une chapelle haute au-dessus de l'abside, les reliques de Marie Jacobé et Marie Salomé (Marie-Madeleine, v. p. 409), que l'on descend solennellement aux fêtes. C'est le but de l'un des pèlerinages les plus anciens et les plus populaires de la Provence, les 24 et 25 mai et aussi (moins important) le 22 octobre. Il y vient beaucoup de bohémiens, qui ont un culte particulier pour la servante noire Sara, inhumée dans la crypte.

Des Saintes-Mariés à Aigues-Moi-tes, v. p. 375.

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