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* p'IGNORANCE ET DE MENSONGE.
Le sept janvier, 1851, plusieurs citoyens de Ste. Marie étaient envoyés dans toutes Les directions de la paroisse, pour annoncer que M. Roussy avait enfin consenti à la discussion publique qu’on lui avait inutilement demandée depuis longtemps. Aussi, à une heure de l'aprèsmidi, plus de quatre cents hommes se pressaient dans immense salle du presbytère, autour de lApôtre de la
| Tempérance et de M. Roussy, à qui on avait d'avance
préparé une estrade, pour qu’ils pussent être mieux entendus de la foule.
M. Joseph Harbeck fut élu Président, et MM. F. H. Gatien, notaire, et Léandre Franchère, commerçant, furent priés d'agir comme Secrétaires, et de prendre notes de ce qui se dirait et se ferait pendant la discussion. MM. Chiniquy et Roussy convinrent alors d’en passer par les décisions de M. le Président dans toutes les questions de droit et de personnes (et non de dogmes) qui s’élèveraient pendant la discussion. M. le Président fut aussi chargé de faire garder l’ordre et le silence.
M. Roussy demanda qu’on nommät dix peisonnes pour
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aider le président de leurs conseils, et le rendre plus capable de faire tenir ordre. Le Rév. M. Chiniquy lui répondit qu’il ne voyait aucune nécessité d’élire un si grand nombre de personnes, vu que ce serait compliquer et faire traîner en langueur chaque question qui pourrait venir en litige : que d’ailleurs, il n’y avait pas besoin de tant de Personnes pour faire tenir l’ordre au milieu d'hommes aussi paisibles, aussi respectables et
aussi chrétiens que ceux au milieu desquels il avait le
plaisir et l’honneur de se trouver; mais puisque tel était
le désir de M. Roussy, il nc voulait pas le contrarier, et
dix personnes, en conséquence, furent nommées pour aider M. le Président.
Ces dispositions préliminaires Stant faites, M. Chiniquy se lève et parie à PCu près en ces termes :— M. zr PRÉSIDENT,
Voici un évènement après depuis longtemps, dans cette bell circonstance jue j'ai aussi appe plus ardents.
Des hommes sont venus crier que nous étions des idolâtres ; que notre sainte religion catholiqu
tissu d'erreurs. Ils publient que les prêtre
lequel vous soupirez € paroisse—voici une lée de mes vœux les
prouver, dit-il, toutes ces choses... Eh bien, je heureux de le renContrer—avec la
mehsonge.
Mais avant de commencer lu discussion j’ai une chose à Vous proposer, M. le Président, M. Roussy et moi, nous sommes convenus d’en passer par votre Jgement dans les questions de forme qui pourraient s’élever entre nous ; Aussi, dans la proposition que je vais vous sou-
mettre, Je veux en passer Paï ce que vous déciderez..….
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e nombreuse assemblée, il me semble qu’il convient que M. Roussy et moi, nous fassions connaître qui nous Sommes, d’où nous venons, et
jusqu’à quel puint nous méritons l'attention et le respect honneur de parler.
Par respect pour cett
M. Boussy se leva précipitamment et avec chaleur. « M. le Président, dit-il, je proteste contre cette proposi-
tion de M. Chiniquy. Avant de
venir ici, je suis convenu avec ce monsieur, que pendant la discussion, il n’y aurait aucune question personnelle entre lui et moi, ne peut faire cette proposition sans
manquer à la parole d’honneut qu’il m’a donnée...
Mr. CHniquy—M. le Président : Il est certain que M. Roussy ne m'a pas compris,s’il à Cru que le compromis passé entre lui et moi en votre présence, comme eñ la présence de plus de cinquante témoins ce matin; m’ôtait la faculté de lui demander poliment qui il est, d’où il vient, à quelle religion il appartient, et de qui il tient le pouvoir qu’il exerce de prêcher.
L'Europe lance tous les jours des milliers d'étrangers sur nos rives... Parmi ces émigrés, il y en a qui nous viennent avec un caractère non seulement équivoque, mais complètement perdu disons le mot, il y en a qui nous axrivent après avoir mille fois mérité la corde. Je ne veux pas dire que M. Roussy soit nécessairement de ce nombre... Non, assurément, mais il me semble que;
nous Canadiens, nous mériterions le mépris qu’une si nous étions toujours
foule d’Européens ont pour nous; prêts à environner de notre respect le premier aventu-
rier qui, s’affublant d’un titre qu’il a pris je ne sais où, vient se poser en apôtre d’une nouvelle religion.
M. Roussy, (prenant alors son Casque et son manteau,) Je men vais, c’est un guet-à-pens qu'on m'a préparé. M. Chiniquy manque à la parole d’honneur qu’il m'a donnée—il m'insulte en donnant à entendre que je suis
un aventurier sans principe.
M. Cainiquy—M. Roussy se méprend étrangement, s’il croit que je veuille linsulter. Un pareil dessein est loin de ma pensée— mais il me semble que tout homme qui à quelque respect Pour soi-même a droit de savoir à qui il parle, avec quelle espèce d’homme il discute. C’est pour remplir la Promesse que j’ai faite d’éloigner toute question Personnelle, pendant la discussion, que je demande en cé moment à M. Roussy qui à est, d’où il vient, à quelle religion il appartient : qui lui a donné
ne lui a donné pouvoir de prêcher. La discussion n’est pas commencée, La Proposition que je fais, n’est donc
ne pas faire rentrer des questions de personnalité pendant la discussion. |
Lorsque M. Roussy a demandé de nommer un président, aidé de dix autres Personnes, pour décider sur les questions de personnalité où de formes qui s’éléveraient entre nous deux, il SUpposait nécessairement qu’il nai-
plus d’une raison de craindre que l’avantage ne sera pas de son côté...
ment, s’il a quelque 'espect pour la parole d’honneur qw’il a donnée de se soumettre à votre décision.
M. ze PrésdenT se, lève alors et s'adressant à M. | itoussy :—4« M, Roussy, il me semble que la demande N de M. Chiniquy est convenable... Un homme d’hon- + neur ne doit jamais avoir peur ni honte de décliner les « titres qu’il a au respect et à la considération de ceux à devant qui il paraît, surtout pour la Première fois. Quoi- } que nous aimions à supposer que vous êtes un gentil- } homme, la plus grande partie de ceux :, ! forment cette
assemblé.
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assemblée, et moi en particulier, nous aimerions à savoir Pqni vous êtes, d’où vous venez, et de qui vous tenez la mission de prêcher l'Evangile.”
Ces paroles furent couvertes des applaudissements de oute l’assemblée.
M. Caniquy se levant alors, présente à MM. les Serétaires le document suivant, en disant: “ Voici, M. ‘ le Président, qui jesuis—lisez, messieurs les secrétaires
4 et veuillez bien traduire.” di
« IGNATIUS BOURGET, MisERATIONE DIviNA ET “ Saæ. SEDIS APOSTOLICÆ GRATIA, EPISCOPUS