‹ Le supplice d'une femme (volume 2)Chapitre 5 sur 49 · DUMONT, MATHILDE · texte numérisé non relu

DUMONT, MATHILDE

Que fals-tu donc là (oute :-ruleï Comment ne présides-tu

Mut a l'heure. Mais que m'a-l-eli,; dliî... Que lu avals reçu une lettre qui t'avait troublée. Est-ce vrai? En effet, lues pille... tu es livide... tu parais inquiète... Ta mère seraitelle tombée malade!

Serait-il survenu quelque eiiijn'cli-rneiit on quelque r tard a notre voyate; Quelle lettre, chère amie, as-tu dot

La lettre que voici.,. Lisez-la...

UtttUIOel qu'y a-l-ll de vrai dans cette lettre.'

PRÉFACE

! pas, je ne peui pas le

Si cela était, ce ne serait pas loi qui me l'affirmerais... Mitliildc, Mathilde, dis-riioi que c'est une calomnie que tu dédiigoes do relever, et dont tu te fais en. ce moment un jeu crue! contre moi...

Co n'est pu une calomnie... c'est la vérité.

I.a vérJtél Et vous ose* me la dire!... sans que rien m'y ail préparé! Vous vouiez donc me tuer pour être libre! !i«

i.™r «Mil » pont*.) Aht j'en deviendrai foui Non... je saurai tii'i mai iriser.. .j'aurai de la raison!... du calme... [a bmm.1'. I Vous ne dites rien!... Justifie! vous donc!... Parle/!... Que j'enlemlo voire voix !... que je -ois srtr que ce n'est pas un rêve... Si c'est la ïérilé, pourquoi êtes-vous 11? Vous files libre, partezMl fallait vous en ullcr sans rien me dire : c'êhiii bien plus simple'.... Kt moi tpii n'ai rien vu, rien soupçonnai J'étais aveugle... Mais comment m'aliaisser jusqu'à

'Ouprnniwr qu'il n'avait sauve ma fortune ijue pour perdre ma femme et me la prendre. .. iju'un si b.'.ill désiiiliîrcssehiptiI n'éliiit (j 11' un iiia.ijrn-! Ali ! j" Li'aiirjîJ jamais Ri il cela,

Vous Êtes lion, vous en aunez en pilié : Jeanne eut uiii«lé votre, iiém'in-i^ité: tandis (|u'elle <■-.[ uinii accusai ion vivante ! Chaque baiser de cette enfant me brûle comme un remords.

D'Alvarez...

D'Alvarez I Vous l'aimiez donc bien î

Je ne l'ai jamais aimé.

Je n'ai jamais aime que vous.

Comment croire im'éblnuie par un grand acte de dévouement accompli sous ses yeux et vanté soir et malin 1 ses Oreilles... trahie par son imagination embrumée de reconnaissance... brûlée par les regards ardents d'un homme passimm./ periibnl touti: une li'iiiiii: mir-v. qu'ils ai'ai.'nl pa^.'e seuls... une femme ait agi, dans un limant île fascination i:l ilV-garement, comme si elle eût partagé une passion... qu'en réalité elle n'a jamais éprem'éc ctdunt elle a eu aussitôt horreur... horreur contre. Lu] n.ril.- elle se déliât depuis huit années, qui ont dure huit siècles?...

Vous axez donc été le prit <pie l'Infâme a mis au service

Non... Si j'eusse été ce pris, s'il eût eu l'infamie de me proposer un marehé, je L'.iisss.i rclW sv.js ii(..li^:,,tion ; entre le malheur d'une faillite causée par une révolution et la. honte d'une femme mii se vend, même pour payer k's Créanciers de son mari... je n'eusse pas hésité.

ijue s'cst-il donc passé?

Est-Il possible que ce que vous dites 11 soit la \Mti ? Je vous le jure.

Alors votre cœur n'aurait jamais tess« de m'fltre fidèle?... Dieu, témoin de me.* tortures et de mes remords, est là

[iilWl!... Cl]j--i'l\ l'V-' !:i .|.''-|ji'.r:!V|'... |.J

n'avilir... Quelle conduits dOlS-je tenirt Je n (i iiniiiii.tr.' Quel parti allei-vcras prendre?

J'ai mérité l'injure d'an..' le!],! supposition... Dite* v.

bonheur, nuis ne dite* pm votre honneur... L'honneur d'un homme ne dépend pas de U fidélité d'une femme.

Ouïr vous [H'upiisuz-vom iloni: de faire:'

■ Me reUrer dans un couvent avec Jeanne, lue je ferai ék--

neirallc volontaire duiis un couvent o» séparation judiciaire prononcée par un tribunal, ce serait le mémo scandale r-ïiiirnliani sur vous, sur «mi, sur celle pauvre enfant ipit

faut ([in- je cb'Tissai-, cl ipLcjc lu puis tout a coup haïr!...

f.'iitv.j,. l'i-nore... .igiw, -[ ]..,.,,..« ..■n.vh.r.: Cumnientl laloi ne ikih!ii--lH;Ue aucun moyen de dénouer, sans tout briser, une ^lualiuii parr-iMi l u cerncilc oui est un nul aus.i L*ratnl que le mal lui-même n'est pas un remède... [a Mo.Liijf.) Non, voua n'irez pas an couvent!

Que dites-Tous)

Je dis qu'il faut éviter fi tout prix une séparation qui serait un scandale ajoute 1 une Infamie.

PRÊFACH.

Jo trouverai une réponse qui lolilieera de se taire.

Je la cherche.

11 est Impossible qu'il n'y en ait pas une.

Je ne m'abuse pas. Il n'y en a pas d'autre qu'un duel...

de votre, vie... I n ilii^l, malgré tout ce que je vous al en- Icniln dire contre le duel... \nn. jamais, jamais... Je sens (pie, si je re-lais prés Je unis, je ne vivrai; pas... tontes les minutes île mon existence seraient des siècles d'anskïlê... Je serai encore moins mailieiiivuse an couvent,,. Laisser- moi aller m'y ensevelir!... En m'y voyant entrer pour expier pendant toute ma vie la faute d'une heure, le monde me condamnera, mais il ne cessera pas de vous honorer.. .Quant il mol, huit jours après ma disparition, il m'aura oubliée. .. Adieu donc, Henri... adieu donc... Encore une fols, adieu.

PREFACE

Le monde a-t-il donc le droit il'dti'e ni sévéri'? Quellesont les apparences dont II ne conseille à se payer complaisamment? Quelles sont les hypocrisies dont il ne se rende pas le laclie f(i 1 1 1 ] 1 1 ï i- u '.' (liii-lks ïiïcu 1rs eli'r'u rue [■!•'< (levant

lesquelles il m irlir. pas !mi!iîjl-:ni'iit la l'H' 1 ' (Jnels sont

les honteux compromis que su coupable indulgence n'ait pas sanctionnas 1

liaison de plus pour qu'il \<m - acraljlo de ses sévérités et qu'il s p, venge sur vous de ses làehetés et de ses Inconséquences 1

Kt que pourrait-il dire?

•a une abominable Os

a pour elle la vraisemb lance.

Il dira que Ti

N'est-ce donc pas assez ï

PRÉFACE

Il dira que, [jour que voi mol, il faut qu'il y ait entre i chacun cherchera le mol.

C'est une curiosité qu'on n'aura pas.

En parlant ainsi, vous m'eUrayea ! Je le vois, l'idée du duel s'est emparée de votre esprit el l'absorbe... Je -vous eu prie. il« vous i'\aluv nu-s, n'Il'Tbi Vuiru vis:igu '--I mii reu... sortez quelques instants.

Sortir!... Non...

Et pourquoi 7

ie m'abuse, ce Lingn^r.! est celui de la femme

PBËFAC.E.

qui a cessé d'être la vertu, mais qui n'a pas cessé d'être l'honnêteté. Dana la pièce reçue , il y avait à la fois une situation et un caractère , tandis que dans la pièce représentée il n'y a plus qu'une situation: le caractère s'aph'.it et s'elVace.

Dans la pièce reçue, ces mots : a Je n'ai jamais aimé que vous, « échappaient à Mathikle, pressée par les questions de Dimiont, et amenaient naturellement la justification, l'explication qui a été retranchée, quoiqu'elle fût nécessaire, car sans cette justification, sans cette explication, le caractère de Mathilde ne se justifie plus, ne s'eïpiïque plu3, et je m'étonnerais qu'on s'intéressât encore à elle , si 11"' Favart, qui la représente, ne faisait oublier l'inconséquence du rôle \>;u- l'art atnuirahle avec lequel elle le joue, Elle est à la fois Rachel et Dorval.

Cette justification, cette explication, — je réunis et je répète à dessein ces dens mois, parce que, s'il y a des consciences indulgentes, il y en a d'inexorables, — avait été préparée de loin dans la pièce reçue, ainsi qu'on l'a vu par !a scène XII de l'acte premier, qui a été dépouillé de sa chair et de ses muscles à ce point de n'être plus qu'un squelette. '

Dans la pièce reçue, comme dans la pièce repré-

3i PRÉFACE.

sentce , l'acte deuxième se terminait par ces mots de Dûment :

• Allez chez M. Alvarez, et dites-lui quo jo l'attends. > Mais le troisième acte commençait et finissait tout autrement.

Le lecteur comparera.

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