MADAME LA«GET
Eh bien I chère amie, vous aviez une femme de chambre, Zoé... une petite peste à mettre au lazaret... Et avez>vous été assez bonne pour cette fille-là!... Vous avez été forcée de la mettre à la porte, cependant.
MATHILDI.
Elle était impertinente.
MADAME LARGET.
Je ne dis pas non... et cependant vous avez eu tort... Il valait mieux paraître distraite et ne pas entendre,
MATHILDE
Parce que?,..
MADAME LAR6BT.
Parce qu'elle a parlé.
MATHILDE
Parlé... je ne comprends pas.
MADAME LARGEY.
Voici ce qui est arrivé : elle est allée se présenter chez madame de Berteux, votre ennemie intime, dont le mari est auM» bavard et aussi médisant que sa femme. Savez-vous comirient ils l'ont surnommé au cercle, ce grand Berteux? ils l'appellent la portière du couvent. Donc, madame de Berteux a pris votre Zoé à son service, et dès le lendemain, naturellement, elle l'a qqestionnée sur vous et Ta fait jaser.
UATBILDE.
Zoé n^ayait rien à dire.
UADAtlE LARGET.
Mais elle a dit... elle a inventé, j'en suis sûre. Mallieureh* sèment elle a inventé des détails si précis, qu'ils ont l'air de la vérité même, pour qui aime le scandale.
IIATHILDE.
Et madame de Berteux a pu croire une pareille fille?
«* MADAUE LARGET.
Elle s'en est bien gardée; elle a mis Zoé à la porte, en lui disant qu^elle était une inf&me créature, qui calomniait odieusement son ancienne maîtresse, et que jamais elle ne prendrait à son service une semblable vipère. Zoé, fondant en larmes, a juré qu'elle n'avait rien dit dont elle ne pût donner les preuves.
UATHILDE.
Des preuves t.*.
UADAUE LARGET.
Elle n'en a pas. C'est ce que j'ai déjà répondu. En attendant, sortez de chez moil s'est écriée madame de Berteux avec ce grand air théâtral que vous Lui connaissez, et en attendant, elle joue Tindignation partout où elle va. Berteux, de son côté, colporte l'histoire de cercle en cercle... Pauvre amie, vous êtes toute pâle. Je ne vous demande pas de confidences, je vous donne un avis. Allez au-devant du scandale, soit en capitonnant un peu votre mari, pour qu'il ne sente pas le choc, soit en éloignant M. Alvarez. S'il refuse de se marier, mettez-vous en règle avec le monde, c'est tout ce qu'on vous demande... c'est tout ce qu'il faut pour vos amis... et d'ailleurs, il n'y a pas un homme qui vaille la peine que nous nous compromettions pour lui... et celui qui me compromettra sera bien fin...
J'accepterai la lutte avec le monde, je prouvera!.,