ACTE TROISIÈME
DUMONT
Excusez madame Dumont, une affaire imprévue l'a forcée de rentrer un instant chez elle.
MADAME LARGET.
Cette lettre sans doute ?...
DUMONT
Oui... cette lettre...
MADAME LARGET.
Une mauvaise nouvelle?...
DUMONT, afflrmatlreincDt.
Une mauvaise nouvelle, en effet.
MADAME LARGET*
Qui n'intéresse qu'elle?
DUMONT
Qui m'intéresse et qui vous intéresse aussi, chère madame, par contre-coup.
MADAME LARGET.
Moi?
DUMONT
Vous! Voilà même pourquoi je suis resté dans mon cabinet. J'avais des papiers à vous rendre avant votre départ, et il me fallait les mettre en ordre.
MADAME LARGET.
Quels papiers?
I>UMONT.
Vous êtes notre amie, n'est-ce pas?
MADAME LARGET.
Vous en êtes bien convaincu, je pense.
DUMONT
Nous sommes aussi vos amis, et nous ne voudrions pas vous entraîner dans le malheur qui nous frapp
MADAME LARGET.
Expliquez-vous.
Je vous dois une explication en effet; c'est le banquier
qui va vous la donner, et qui réclame de vous la discrétîoii la plus grande, eu moins pendant quelques jours.
MADAME LARGBT.
Éternellement, s^il le faut.
DUMONT
Je ne vous demande pas tant. Vous savez, chère madame, quel service m^a rendu jadis... mon ami... Alvarez?
MADAME LARGET.
Oui.
DUMONT
C*est grâce à lui que j'ai pu rétablir mes affaires,
MADAME LARGET.
Je le sais.
DUMONT
Depuis cette époque... je suis à la tête d^une des premières maisons de banque de Paris, le dépositaire et le metteur en œuvre de quelques grandes fortunes, parmi lesquelles je compte la vôtre.
MADAME LARGE'y, d^ à inquiète.
Ou du moins une partie de la mienne... Eh bien?
Eh bien, notre société est dissoute et va se liquider.
MADAME LARGET.
Se liquider! Oh! mon Dieu!
DUMONT
Les affaires étaient bonnes. Mais M. Alvarez a besoin tout à coup de tous ses fonds.
MADAME LARGET.
Qui se montent ?